[Récit] Grand Trail des Templiers 2015 – un débutant au pays des grands

Il y a peu, un de mes récents lecteurs m’a dit « Bien ton blog, un peu longuet parfois mais bien écrit ». Alors autant vous prévenir, là je vais être plus que longuet, je vais être une pipelette épique. On ne parle pas de mon petit RP sur 10 bornes là. On parle de l’épreuve la plus difficile de ma courte vie de sportif. Oui, je continuerai à dire que je suis un débutant trailer et un runner de niveau plus que moyen, mais j’ai du mal à rester crédible quand je dis que je n’ai jamais été vraiment sportif dans la tête, surtout après ce week-end aveyronnais.

Avertissement de lecture : Si toutefois, vous ne voulez que des informations concrètes sur une expérience du grand trail des Templiers, je fais une belle conclusion analytique en mode « fiche pratique » à la fin. Je résume mon ressenti et mon avis sur la course qui intéressera, j’espère, les aventureux qui ont le même niveau moyen que moi. Si vous êtes un habitué des départs en sas élite, je pense que vous allez vite vous rendre compte que nous ne courons pas la même course.

Un mot sur ma préparation. Oui je sais, j’ai déjà écrit un très long article sur le sujet. Mais justement, j’y relatais mes doutes, la peur de ne pas en avoir fait assez … La vérité, je suis arrivé sur la ligne de départ en forme, frais après une semaine de repos, avec beaucoup de sommeil et une hydratation exemplaire, ayant perdu un peu de poids, ayant respecté l’augmentation des stocks de glycogène à partir du mercredi et après, quand même, un gros travail de toutes les filières avec mon coach Fred chez XRun. Sans oublier un trail de 34 km et les 20 km de Paris dans le derniers mois avant ce festival des Templiers. Quelques alertes de petits bobos, rien de grave, j’y reviendrai. Autant dire que la différence avec la Saintélyon est que cette fois, j’ai fait tout comme il faut, y compris et surtout donner la place qu’il faut au repos, à la récupération et à l’affutage. Je ne suis pas cramé par trop de volume.

Il est temps d’aller vivre le mythe.

C’est au XIIe siècle que les Templiers prirent possession du plateau du Larzac à la faveur des dons de terre faits à leur ordre et dont les revenus servaient à l’entretien des chevaliers en Terre Sainte. 

Ils furent remplacés, suite à la suppression de l’ordre, par les Hospitaliers.

Voilà pour l’origine du nom du festival qui a lieu depuis 21 ans dans ce coin, d’abord depuis Nant puis depuis Millau.

J-1 – Millau

Gente Dame Anne-Claire, accompagné de votre serviteur, débarque donc dans cette sous-préfecture, haut-lieu de la région du Rouergue, connu pour sa spécialité locale. Non je ne parle pas des bouchons routiers lors des transhumances touristiques d’été, ceux-ci ayant été abolis par le duc d’Eiffage et son viaduc, omniprésent dans le ciel millavois. Quoique, nous reviendrons longuement sur cette tradition locale, qui semble perdurer parfois, loin des chemins bitumés, quand 2500 pélerins souhaitent trouver leur graal au pied d’une arche en bois d’inspiration western. La spécialité locale ? Ah oui pardon. Le Roquefort bien sur. Ce met qui symbolise pour beaucoup d’étrangers la force gustative de la France fromagère.

Dame Céline, notre hôte dans le centre du bourg historique de Millau, travaille justement pour la filière roquefortienne. Elle anime d’ailleurs avec ses collègues l’énorme stand du village du festival. Avant de prendre possession des clefs de notre logement typique, quoique atypique, nous nous arrêtons recharger une avant-dernière fois nos stocks de ce précieux nectar que l’on appelle glycogène. Pâtes ou pizza ? Nous y croisons le sieur Cori, Benoit de son prénom, maitre en titre de la grande course objet de notre voyage, qui remet justement son titre en jeu cette année. Souhaitant « bon courage » à celui qui en aura surement moins besoin que moi, je me félicite du choix de notre restauration, dans cette cuisine qui nourrit les champions. Le lendemain il sera sacré pour la 2ème fois en arrivant quelque chose comme 8h avant moi.

Le reste de cette journée, la fébrilité nous accompagne comme à l’accoutumée avant un telle épreuve, surtout parce que nous ne sommes pas accoutumés à de telles épreuves. Nous nous rendons au village pour y retirer le précieux sésame, ce dossard où est écrit notre prénom. Dans l’allée qui mène à ce salon du trail, il y a foule. J’entends derrière moi une voix que je connais. C’est Fred mon maitre d’arme chez XRun. Je peux bénéficier de derniers conseils ou plutôt des derniers encouragements. Depuis le début, il pense que j’ai les moyens de finir cette course.

Nous croisons plus tard l’ami Cyril, transfuge des chevaliers Urbanniens parisiens, émigré depuis peu à Lyon. Fidèle à son habitude, il a déjà à la main un godet de cette « Templière », breuvage ambré et effervescent, à base de céréales, qu’il affectionne tant. Il me dit tabler sur un ambitieux 10h (il en mettra 13h19), ayant déjà fait cette course en 12h avec une blessure au genou, il y a 2 ans. Il est le rustre malin qui a abusé de nos faiblesses un soir de ripaille pour nous persuader d’être là, en ce jour d’octobre.

Nous avons fait le déplacement avec notre confrérie francilienne, la même que lors de notre valeureuse épopée entre Saint-Etienne et Lyon en décembre de l’an de grâce 2014. Le soir, n’ayant pas le coeur à festoyer avec ladite confrérie, nous décidons de limiter le déplacement à un autre ravitaillement en glycogène près de notre gite. Mais vu la proportion de coureurs au mètre carré dans le centre-ville, la pizzeria que nous choisissons sera la même que nos compagnons vont trouver au hasard. Finalement, ce sera comme à la maison, la tablée de 8 chevaliers et chevalières, prête à en découdre mais qui avant d’aller se coucher à une heure volaillère, n’en mène pas large.

Après une ultime recommandation sur la gestion d’un réveil, une nuit de changement d’heure, Dame Anne-Claire et moi-même prenons congés de nos amis jusqu’au lendemain aux alentours de 4h du matin.

Millau – Domaine de Saint-Estève – 5h15

Cette nuit d’octobre, quoique courte pour nous tous, reste douce au niveau température. Cela n’empêche pas les débats habituels comme « pour ou contre le coupe vent au départ ?». Cyril et son compagnon lyonnais ne sont pas avec nous, au milieu de ce sas 2 des ambitieux qui comptent mettre moins de 12 heures (vous avez le droit de rire).

Le clan des PETZL NAO !!!

Le clan des PETZL NAO !!!

Après une longue poésie, à moins que ce ne soit un hommage auquel nous n’avons pas vraiment porté attention, la musique du groupe new age Era retentit enfin. Non pas que je sois spécialement fan de Era mais nous savons tous ce qu’elle signifie aux Templiers. L’allée devant l’arche s’embrase de mille feu rougeoyant. Le pélerinage démarre.

Départ 5h15

Départ 5h15

Quelques kilomètres d’échauffements sur la route bitumée durant lesquels ma dame et moi essayons d’appliquer la consigne « pas trop vite le départ, la course ne se joue jamais là ». Beaucoup de gens semblent ne pas connaitre ce principe et nous doublent. Ou alors c’est eux qui ont raison. Mon mentor Fred me disait la veille, « la première côte est large, tu ne seras pas gêné pour doubler si besoin est ». Ce sont là pures paroles d’habitués de premier sas. Notre camarade Cyril nous avait précisément dit l’inverse. Et arrivé devant un premier mur, après le village de Carbassas, nous sommes arrêtés net par une foule trop dense pour ce pauvre chemin montant. La montée, qui s’avère moins difficile que ce que je ne croyais à l’examen du parchemin où j’ai imprimé le profil de toute la course, se fait en alternant attente déjà insupportable et marche très lente. A ce moment là, je me dis que ce n’est que le début. On m’a prévenu que ce serait surement pareil après le premier ravitaillement, sur la deuxième grosse montée. Après je compte bien  suivre une pelote déroulée à mon niveau et ne plus être gêné par ceux qui se sont vu un peu trop beaux. La suite prouvera que j’avais tort.

1ère montée, 1er bouchon

1ère montée, 1er bouchon

En attendant, nous sommes partis depuis à peine une heure quand nous arrivons sur le haut du Causse Noir, où nous attendent un dizaine de kilomètres assez plats pour dérouler enfin nos jambes, avant une longue descente vers la première fin d’étape, le village de Peyreleau.

Pas question de doubler n'importe où dans les singles

Pas question de doubler n’importe où dans les singles

Je fais la rencontre d’un sympathique groupe de vendéens. Un de ses comparses a un point commun avec moi : le « buff » du Trail des Citadelles. De tous les foulards et autres cadeaux qu’un traileur peut avoir, bizarrement celui-ci constitue toujours une petit fierté à le porter. Oui chevalier, « moi aussi j’ai fait les Citadelles », j’ai vaincu la boue sur les traces des cathares. Mais c’est une autre histoire qui se joue en ce moment. Nous discutons quelques minutes, alors que le rythme a un peu ralenti quand le chemin se fait plus mono-trace. Le vendéen a ceci de commun avec le francilien que leur entrainement en descente technique n’est pas forcément optimal par rapport à un coureur local, habitué à la minéralité. Mais ma faiblesse légendaire sur le sujet a été un de mes axes de travail principaux en trail cette année.

Il faut savoir être patient quand il n'y a qu'une corde

Il faut savoir être patient quand il n’y a qu’une corde

Je me surprends même à accélérer et doubler les gens dans la dernière descente pourtant bien « piègeuse », comme beaucoup vont l’être jusqu’à la fin.  Quand nous arrivons au village, le jour nous a rattrapé depuis un moment et je suis encore un des rares à n’avoir pas pris le temps de ranger ma frontale. Une dame agite une cloche à bétail. Belle tradition. Je selfise avec elle pour immortaliser l’instant. Je n’ai que 23 km de légende dans le jambes mais un moral nirvanesque. J’ai juste perdu ma belle au départ de la partie roulante en haut du causse. Je ne la reverrai que 12 heures plus tard.

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Peyreleau – 8h25

Nous sommes tôt un dimanche matin mais l’ambiance et le public sont déjà là. Un monsieur m’encourage « Bravo Jean-Guillaume ». Ah un ami ? Je ne le reconnais pas. Mais non, grand sôt, il va falloir t’habituer à ce que les gens lisent ton prénom sur le dossard pour t’encourager. Jusqu’à la fin tu auras droit à cette attention toute personnelle. Y compris les enfants qui viennent mettre leur nez juste devant pour être sur de bien lire. Et ça va participer à ton moral qui ne va jamais flancher.

Je fais un point sur mon ennemi légendaire, la barrière horaire. Celle-ci est à 48 mn derrière moi. Tachons de conserver cette avance par la suite. « Qui veut voyager loin ménage sa monture ». Mais je n’ai pas de monture à part moi-même. Je dois refaire le plein avant de repartir. C’est d’ailleurs le propre d’un ravitaillement je crois. Je suis assez gauche mais je finis par remplir mon bidon de 600 ml de poudre rose et d’eau et mes deux autres bidons de 500 ml d’eau avec une pastille de sels minéraux. Je grignote l’équivalent d’une demi-banane. Je n’ai encore rien mangé de solide à part une vaine tentative de gâteau noix et raisin,  mais j’ai respecté mon plan en buvant 1l de boisson énergétique. Je passe à la deuxième partie, moitié potion rose, moitié solide. Et je repars après 10 mn d’arrêt direction la deuxième étape, Saint André de Vézine, à une dizaine de kilomètres. Comme il est désormais autorisé, je sors mes bâtons en carbone.

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Grand merci aux bénévoles !!!

Peyreleau – St André de Vézine

Effectivement, s’il s’est trompé sur la première, mon valeureux coach Fred m’a bien prévenu, sur la deuxième grosse montée, ça va bouchonner. Je me rappelle également le récit de 2013 de l’ami Vincent Gaudin que j’ai lu l’avant-veille. Bref, je prends mon mal en patience. Je suis un groupe de 3 personnes. Devant moi court une fille, dont je comprends qu’elle se prénomme Audrey et qui laisse maladroitement trainer ses bâtons, accompagnée de 2 valeureux écuyers. Ils sont beaucoup moins patients que moi et forcent souvent le passage en lançant des « je passe à gauche ». J’en profite pour les suivre, ayant la désagréable impression que je peux faire mieux que mon allure, sans toutefois griller mes chances de tenir une route encore très longue. Les sentiers étroits me rappellent bizarrement certains sentiers des Açores où nous avons trailé cet été avec ma douce. Je pense à elle d’ailleurs. J’espère que tout va bien. Elle n’a pas l’habitude d’être seule pendant un long trail. Mais je connais son mental et je me dis que je n’ai pas trop de souci à me faire.

Ma warrior de femme est en pleine forme - Photos officielles - François GACHES

Ma warrior de femme est en pleine forme – Photos officielles – François GACHES

Depuis le début, une douleur sur le dessus du pied a fait quelques apparitions. La même qui m’avait obligé à écourter ma dernière séance de seuil de la préparation, mais qui avait disparu au moment d’en parler avec Philippe, le kiné de XRun. Le fait est qu’elle disparait dans les montées et n’apparait que dans les descentes. D’ailleurs je sens aussi l’habituel blocage de la jambe attenante, celui qui semble être habituellement ma douleur latente au pyramidal qui se déplace. Sur le coup, j’ai un peu peur de ce que cela peut donner sur toute la journée. Mais comme toujours, les douleurs ciblées disparaissent vite pour laisser place à une fatigue globale que tout traileur doit gérer de toute façon. Cela ne me gènera pas dans la deuxième moitié.

Le parcours est superbe. Nous traversons même une chapelle, St Jean des Balmes. Les passages en forêt sont vraiment comme je les aime. Ca me rappelle le plus modeste Alesia Trail d’il y a un mois et qui est décidément un beau parcours. A ce moment là, je me rends compte du plaisir intense que j’ai pour le moment. Courir là, au petit matin en profitant du paysage magnifique. Et je n’ai encore rien vu. Mais je goute à l’essence même qui fait que j’aime le trail.

St Jean des Balmes

St Jean des Balmes

St Jean des Balmes - intérieur

St Jean des Balmes – intérieur

J’arrive au ravitaillement de Saint André de Vézine au bout de 5h pile de course. La barrière horaire étant à 6h05, j’ai gagné du temps. L’ennemi chimérique recule donc. Je sais que les grands sages du trail conseillent de ne jamais se préoccuper des maudites barrières mais, précisément, elles constituent des micro-objectifs pour moi qui n’ai pas encore le niveau pour me battre contre mes propres performances. Je suis gonflé par la confiance. C’était ma plus grande peur depuis le jour de mon inscription à cette aventure épique. Abandonner sur souffrance oui, sur horaire non.

Je me contente cette fois de manger encore une demi-banane et un demi-verre de soupe. Traditionnellement à ce ravito, l’ambiance est assurée par des accordéonistes. Il est 10h15 et j’ai l’impression d’être au milieu d’une grande fête de village. Je perds encore beaucoup de temps à remplir mes bidons de poudre, pastille et eau. Ah la la, quelle chance ceux qui ont une assistance familiale. Moi ma famille est en train de courir.

C’est reparti. Prochain arrêt le point d’eau du km44.

St André de Vézine – La Roque Sainte Marguerite – Pierrefiche

Autant dire que toute la réputation de beauté de ce Grand Trail des Templiers pourrait se limiter à cette portion. Quand j’étais enfant, mon père nous emmenait nous promener dans le célèbre chaos de Montpellier le Vieux et ses étonnantes statues naturelles de calcaire. C’est l’image de ces paysages qui m’ont, pour partie, persuadé de venir faire cette course trop dure pour moi. Et je suis précisément en train d’en faire le tour. Le chateau de Montméjean, les formes calcaires de Roques Altes … je suis là ou je voulais être.

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Photos officielles – François GACHES

Photos officielles - François GACHES

Photos officielles – François GACHES

Les structures me rappellent même les hoodoos de Bryce Canyon mais en blanc. Le beau temps est de la partie en plus. Je m’arrête souvent pour prendre des photos. Le parcours est assez roulant. Je suis à la sensation. Je ne regarde même plus mon cardio, ni ma vitesse. Devant moi j’ai encore le groupe de cette Audrey qui me sert de repère. Globalement, je retrouve souvent les mêmes gens malgré des arrêts aux ravitos un peu trop longs et quelques pauses photo.

Roques

Roques Altes

La descente vers Sainte Marguerite est caillouteuse et en single. Je subis une nouvelle fois le rythme du groupe trop dense. Quelques fois je ne vois plus la fameuse Audrey et je me rends compte que devant le groupe se trouve un gars qui est limite en train de marcher. La fatigue sans doute. Alors, même si le sol n’est pas d’une stabilité rassurante pour un habitué du parc de Saint Cloud, je prends des risques pour doubler. Je m’étonne moi-même d’être capable de faire ça dans un chemin en dévers. Mais j’ai envie de garder mon avance sur les barrières et je suis encore en pleine forme. Pour ne pas dire dans un « kif » total. Probablement que mon taux d’endorphine est à la limite du rail de cocaïne.

Nous arrivons en bas dans la vallée de la Dourbie. L’ambiance à ce « simple » point d’eau est la même que pour les arrêts précédents. « Allez Jean-Guillaume, c’est énorme ce que vous faites ». A qui tu le dis !!!. Remplissage de bidons et quelques étirements, je ne perds pas trop de temps cette fois. J’en ai un peu assez des faux rythmes dus au fait que je reprends trop souvent les gens que j’ai doublés, mais qui trainent moins que moi aux ravitos et me repassent devant. Ca doit être bien une assistance quand même.

La prochaine étape, le ravito de Pierrefiche, n’est qu’à 3 km, mais environ 300m de dénivelé positif.

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Je grimpe donc encore facilement, en marche dynamique avec les bâtons, et je vois bien qu’autour de moi, beaucoup ont besoin de pause et me laissent les doubler. Je repense à toutes mes inquiétudes sur le volume d’entrainement. J’ai dépassé la moitié du parcours et pour l’instant je suis encore très bien. J’ai l’impression que j’affiche un sourire béat, même quand la montée se fait plus raide. Elle ne monte qu’à 700m d’altitude quand les autres dépassaient les 850m. Cette petite pensée me donne un surplus de moral. Il faut dire que l’altimètre de ma Suunto est devenu mon meilleur ami depuis quelques trails. Je me fous du dénivelé positif cumulé, je préfère travailler en prenant chaque montée et chaque descente comme des petits objectifs, des petites victoires. « Plus que 100 m de D+ et ça descend ».

Dire que j’ai subi un 34 km il y a à peine 3 mois.

A Pierrefiche, 47ème km environ, est également l’avant-dernière barrière. J’y arrive au bout de 7h41de course avec une barrière à 8h45. Autant dire que tout va encore bien, je ne flanche pas et l’influence des trop nombreux bouchons n’est pas préjudiciable. C’est ambiance boite de nuit, musique dance à fond, dans cette bâtisse en hauteur, où se trouve le ravitaillement en solide. Je reste sur bananes et abricots secs, comme prévus. Ah un petit morceau de fromage au passage. Je profite de l’arrêt parce que visiblement, je n’arrive pas à me forcer à manger du solide, gâteau ou gel, quand je cours. A part mes éternels gomme Gü à la framboise, petite douceur que j’apprécie de temps en temps. Mais ce n’est pas grave, je gère tout avec l’hydratation. D’ailleurs nous sommes prévenus, le prochain point d’eau est dans 17 km. En fait 19. Et cette portion va être assez longue. Certains n’ont pas du apprécier ce conseil. J’ai 1,6l de liquide, je repars confiant. Je serai juste. D’autres finiront à sec.

Pierrefiche – Massebiau : Le Larzac

Ah le Larzac. Ce mot est entré dans le langage courant depuis les combats des années 70, les bouchons légendaires de l’été ou encore José Bové. Nous y sommes. Jusqu’à présent je me repérais au profil assez franc. Là les montées et les descentes se succèdent. Je perds le fil. Je suis donc le kilométrage. C’est une longue partie où la lassitude commence à poindre, mais je ne flanche pas. Je suis à mon rythme, une petite endurance. Il y a toute sorte de terrain. Parfois ça glisse un peu, dans les cailloux ou sur la terre un peu humide. Mais rien de très technique. Je ne suis jamais très loin du groupe de cette Audrey, qui a visiblement fait des progrès dans la gestion de bâtons. Parfois devant, parfois derrière, mais toujours un bon repère d’un niveau équivalent au mien.

Quand je redescends dans la vallée de la Dourbie, j’entends les clameurs. Un coureur visiblement pas très en forme me demande si je peux lui donner une gorgée d’eau. Je le préviens qu’il doit m’en rester à peine deux avant d’être moi-même à sec. Mais comme je ne crois pas que nous soyons loin, je le laisse boire.

Effectivement, quelques minutes plus tard, je vois un pont en contrebas. C’est Massebiau. 65 km de course. J’y arrive après 11h24, 50 minutes d’avance sur cette satanée derrière barrière. J’ai gagné mon pari. Je me pose. Me rappelle que Vincent Gaudin pensait que le dernier ravito aurait du être là au lieu d’un simple point d’eau. Je vérifie mon iPhone pour voir si je n’ai pas de messages d’Anne-Claire. Non. Bonne nouvelle.

Je sors un de mes petit sandwichs au jambon-fromage que je n’arrive pas à finir. Tant pis. On refait le plein d’eau. Le prochain ravitaillement n’est qu’à 4 km de là. Enfin, après 460m de dénivelé non stop qui commencent dés la sortie de la zone du point d’eau. Là ça devient dur. Je sais qu’après cette montée infernale, il m’en restera une de 350 m D+ à la fin. Ca fait quand même dans les 800 m de dénivelé positif, et autant en négatif, pour les 10 derniers kms (enfin 11, enfin 12 … bref …).

11h24, je pense à ce moment très très naïvement que je vais quand même finir dans les 13h. Ah ah ah !!!

Massebiau – Le Cade – Millau

Cette avant-dernière montée est, bien sur, toujours encombrée mais honnêtement, je ne me plains plus, je suis à la même allure que les autres. Il y a du public partout, quasiment tout le long. J’entends les gens dire « Allez Audrey !!!» derrière moi. Je me retourne et vois cette personne à qui je n’ai même pas encore adressé la parole, me promettant de le faire si je la retrouve après l’arrivée. Elle a visiblement perdu ses deux compagnons.

Je mets une bonne heure pour atteindre enfin la ferme du Cade. Je pense n’avoir besoin de rien, j’ai assez d’eau, enfin je crois, pour terminer ce que je pense être une dernière ballade. Un éclair de lucidité me fait quand même refaire le plein de mon bidon d’eau plate. De toute façon, je suis ralenti par le passage obligatoire à l’intérieur de la ferme-ravito. Encore un bouchon. J’en profite pour boire mon traditionnel Coca de dernier ravito.

Ferme du Cade, dernier ravito

Ferme du Cade, dernier ravito

12h32 de course, c’est râté pour les 13h. Impossible de faire les 6 derniers, ou 7 ou 8, kilomètres en moins d’une heure. Je fais un rapide point sur ce qu’il reste : une descente de 300m D-, la remontée de 350m puis la fameuse descente finale qui est, parait-il, technique et casse-gueule, surtout la nuit.

Mais justement la nuit tombe, il commence à faire frais. Je ressors frontale et coupe-vent.

La première descente s’avère technique. On s’agrippe aux arbres quand on peut. Je m’aide des bâtons et j’arrive encore à accélérer mais suis souvent bloqué par le groupe fatigué. On arrive sur un flanc en surplomb des lumières de Millau, le Pouncho d’Agast. Au loin le viaduc est illuminé. Ca sent bon le finisher ça. Oui enfin presque. Parce qu’on doit d’abord remonter jusqu’à une antenne. Par un chemin en plateau avec devant nous une énorme barre rocheuse. Ont-ils prévu des cordes pour grimper cela ? Que nenni. Il faudra escalader quelques rochers et passer par le passage dit du Faux Monnayeur. Ce sera le plus gros bouchon de l’histoire.

De jour le ça donne ça

De jour, de Millau, le Pouncho d’Agast ça donne ça. On est descendu, remonté puis redescendu pour la fin.

Je tente de patienter en prenant des photos. On est totalement arrêté et on ne sait pas du tout ce qui se passe devant nous. On se fout un peu de nos temps, on sait qu’on ne finira pas dans un temps à briller en société. On finit par atteindre cette maudite antenne. Elle est où la descente finale. Ah oui, on n’oublie pas le détour touristique, une petite montée, pour le passage obligé dans la grotte du Hibou. On n’est plus à ça près. Et c’est un des symboles des Templiers. Je fais une pause photo dans la grotte.

La grotte du Hibou, plus que 2 km de descente.

La grotte du Hibou, plus que 2 km de descente.

Quand enfin arrive la vraie descente technique caillouteuse de la légende, je me retrouve au milieu de gens qui n’en peuvent plus et qui marchent. Du coup, je marche. Alors que je sens qu’avec l’aide des mes bâtons, plus personne n’en a autour de moi, je pourrais accélérer un chouia. Mais à quoi bon. Je ne vais pas jouer au plus malin et me faire une cheville si près de l’arche en bois. Le chemin technique se termine 1 petit kilomètre avant l’arrivée. On peut se remettre à courir avec ce second souffle de fin de course. L’ambiance à l’arrivée est encore plus chaude et bruyante que sur le parcours. Je reconnais la voix charismatique de Dominique « Chauchau » Chauvelier. Je passe un premier bip, des grandes marches en descente, un dernier tour d’honneur et je suis devant l’arche de bois que j’ai si souvent vu sur des photos et ou les vidéos.

Je suis finisher en 14h40.

Photos officielles - François GACHES

Photos officielles – François GACHES

Et étonnamment, encore dans une forme relative. En tout cas mentale. L’impression d’avoir géré mon meilleur trail depuis 2 ans et demi que j’en fais. Bien sur, à ce moment je ne calcule pas que j’ai mis 2h10 pour faire les 7 satanés derniers kilomètres, sans pouvoir mettre ça sur le compte de ma propre fatigue, comme d’habitude. Ce n’est pas l’heure du bilan mais du ressenti. Et il est encourageant pour la suite, malgré la fatigue générale.

De l’autre côté de la ligne, je retrouve mes amis Estelle et Richard, arrivés 3 mn plus tôt. Je ne les ai pas vu de tout le parcours. Un peu plus loin Eric est là aussi. Il n’a pas fait le même parcours que nous sur la fin, ils ont détourné la course, j’ignore la raison (les bouchons ?). Bref, il ne manque que ma chérie pour compléter la bande de la Saintélyon 2014. Bien sur Cyril est arrivé 1h 20 avant nous et nous ne le reverrons pas.

Médaille, t-shirts de finisher et hop, mes amis décident de rentrer se reposer.

Anne-Claire est toujours en course. Je l’attends en faisant des étirements dans le froid. Il n’est pas question que je ne sois pas là quand elle passera l’arche. Une heure après moi, je la vois passer les dernières marches. Enfin. Elle déboule sous l’arche au milieu d’une groupe. Elle a réussi aussi. On est des guerriers !!!

Anne-Claire did it !!!

Anne-Claire did it !!!

Je l’embrasse, la photographie devant l’arche. Chauchau nous demande de nous réembrasser parce qu’il n’a pas vu. Si tu veux gars. On selfise aussi bien sur.

On vient de vivre une légende.

Objectif de cette fin d’année rempli.

J’ai quand même regardé dans le classement si je trouvais une Audrey. Je n’en ai trouvé qu’une, arrivée 15 mn derrière moi donc probablement quand je discutais avec mes amis. Dommage, j’aurais aimé la remercier.

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Bilan personnel

Les gens qui regardent mes photos me trouvent « presque un peu trop frais ». En vérité, je suis normalement fatigué de cette course. Il ne faut rien exagéré. Je n’ai pas tant progressé. Mais vu l’état dans lequel j’ai fini la Saintélyon, avec pourtant deux fois moins de dénivelé, je ne peux nier que cela n’a rien à voir cette fois.

Je suis très fier d’avoir su gérer cette course difficile. Mais je la considère toujours à la limite de mon niveau actuel (« une connerie » comme je le dirai à Estelle à chaud derrière la ligne d’arrivée). Le temps final en atteste même si au classement, je suis 1440ème/1923 arrivants, et 318 abandons ou arrêts sur barrière horaire, donc pas si ridicule pour un débutant. C’était une première étape dans mon apprentissage du long. Toute cette année je me suis dit que je devais apprendre à gérer un trail comme j’avais appris à gérer un marathon pour Rome en Mars. Et c’est une exercice difficile qui demande des attentions multiples. J’ai encore beaucoup à apprendre, surtout sur moi, la nutrition, la tactique dans un groupe. Je ne parle même pas du sommeil quand je vais aller plus loin.

Donc oui, j’ai vaincu le mythe et oui ce n’est qu’une première étape. Mais je suis sur une bonne voie, en confiance. Mon année s’est bien passée, pas de blessure, plein de beaux trails avec un bon dénivelé (Lozère, Pyrénées, Alpes, Aveyron) et des terrains variés. Je valide ma préparation avec Frédéric Lejeune et XRun. C’est Fred qui a raison, pas besoin de me mettre dans le rouge à courir des volumes de malades pour faire les Templiers en forme. Après, pour aller plus vite, j’ai besoin de travailler encore des points précis. D’avoir une progression normale sans sauter des étapes.

Je sens que j’ai fait une course pas loin d’être idéale pour mon petit niveau, malgré les bouchons. J’ai bien visualisé les 50 kilomètres, les 2 premiers tiers et j’ai vu que j’avais encore largement de quoi finir. Même si la fin de cette course est si terriblement difficile qu’il est impossible de « performer » plus.

Mon auto-bilan

Nutrition 4/5 : je n’ai pas mangé la moitié du solide que j’avais dans mon sac. J’ai consommé toute mes pastilles de sels minéraux et il ne me reste qu’un sachet de poudre pour la boisson énergétique. J’ai mangé plus que prévu au ravito, faisant gaffe à quand même respecter les 40 à 50g de glucides à l’heure. Je dois, soit trouver des solides que je peux ingurgiter en course, soit me contenter de la boisson, des gommes Gü et des ravitos.

Hydratation 4/5 : s’il y avait eu plus d’écart entre deux ravitos, ma capacité de 1,6l aurait été insuffisante. Cependant, j’ai tenu. J’ai utilisé l’alarme de mon application « Eau+Gel » sur la Suunto Ambit pour sonner toutes les 10 mn. Et ça a bien fonctionné comme ça. Par contre, j’ai perdu à chaque fois un temps fou à préparer et remplir mes bidons. A revoir. Mais le plus important n’est pas là. C’est le premeir trail où je n’ai même pas une alerte de début de crampe. Rien du tout. Alors, est-ce mon hydratation exemplaire ? La prise régulière de Sporténine (une pastille toutes les deux heures) ? Ou les 4 jours à faire de la capillarisation en electro-stimulation ? Je ne saurais dire mais quelque chose a changé depuis même l’Alesia trail, il y a à peine un mois.

Allure, alternance marche-course 4/5 : j’ai couru chaque fois que j’ai pu. Contrairement à mes trails du premier semestre, je n’ai jamais flanché sur une relance possible. Même si à la fin cela tenait du trottinage. J’ai marché avec mes bâtons dans les montées supérieures à 7% (la plupart sont bien supérieures en % de pente) mais ça m’a permis de gérer une bonne alternance et un bon ressenti. Quant aux descentes, même si les bons traileurs me passent encore souvent devant, j’ai énormément progressé.

Matériel  5/5 : Allez je peux reprocher la largeur de la rondelle en bas de mes nouveaux bâtons Raidlight/Guidetti, qui se sont trop souvent coincés dans des trous. Il faut que je les change. Pour le reste, mes choix habituels: chaussures Saucony Xodus 6, chaussettes Thyo Pody Air Trail, crème Nok, manchons et cuisssard compressifs Sigvaris Pulse Elixir, fringues, bidons et sac Responsiv de Raidlight, frontale Petzl Nao. Je connais bien ce matériel, il s’est fait oublié pendant la course. Sans oublier ma fidèle Suunto Ambit 3 Peak, seule montre de notre bande à avoir fini la course (les Garmin 920XT et Fenix 3 et les Ambit 2 n’ont pas tenu les plus de 14h).

Plaisir 4,5/5 : si ce n’était pas les bouchons …

Et merci à mon coach Frédéric Lejeune et à XRun pour m’avoir entrainé pour vivre cette aventure sans problème, alors que je doutais pouvoir le faire il y a encore 3 mois.

Tiens je me lance dans un autre exercice. Je vais traiter les courses comme je teste les appareils. Après tout, c’est peut-être ce qui importe le plus ce qui vont tomber sur ce récit un peu trop long.

Ma fiche test de la course : LE GRAND TRAIL DES TEMPLIERS

Rappel sur le testeur : coureur moyen de 48ans, 16km/h de VMA, 3 ans de pratique de la course à pied après 15 ans sans sport et 20 ans de tabagisme et d’obésité. 1 seul marathon à 3h50 (Mars 2015). Plus grande expérience trail avant la course : beaucoup de 25-34km, quelques 40-50 km et une Saintélyon 73km bouclée en 11h30. Habitué au dernier quart des pelotons et jamais trop loin des barrières horaires.

Ma prépa « objectif Finisher » : entrainement régulier et coaché depuis 3 ans. Reprise après vacance à la mi-Aout. 2 blocs spécifiques de 4 semaines chacun en septembre et octobre. Entre 42 et 54 km de course à pied hebdomadaire (+ vélo et PPG). Chaque semaine : VMA courte, seuil, côte trail, PPG, Sortie longue. Pas de sortie de plus de 2h30 mais un trail de préparation de 4h30 un mois avant.

Hébergement/logistique : Si, comme nous, vous n’êtes pas de ces « vrais » traileurs qui dorment dans leur voiture, sachez que la capacité d’accueil de la ville de Millau est limitée, vu la taille du Festival des Templiers. Mieux vaut s’occuper de l’hébergement des mois à l’avance. Inscrits 6 mois avant la course, nous avons trouvé une chambre sur airbnb (pas question qu’on vous donne les références, on compte y retourner l’année prochaine). Les hôtels du centre-ville étaient déjà pleins. Il y a des navettes pour les trajets entre la ville et le village/départ. Elles s’arrêtent à 20h. Ce qui est gênant dans la mesure où c’est mon heure d’arrivée. Mais le stop marche bien avec l’esprit trail (et surtout pas de boue sur les chaussures). Il est assez difficile de se garer près du village. Il y a, par contre, pas mal de parkings gratuits dans la ville, près des arrêts navette qui ne sont pas forcément matérialisés (se référer au roadbook en PDF).

Organisation pré-course : dotation sympa (un coupe vent Kalenji, des manchons, un buff, le tout siglé) mais pas les bonnes tailles pour les femmes. Surtout si vous arrivez le samedi alors que le village ouvre le jeudi. T-shirt de finisher manche longue Kalenji et médaille à la fin. Concrètement, il faut espérer que Kalenji soit moins juste sur les disponibilités en taille dans les prochaines années. Un ami plutôt bien bati s’est retrouvé avec un t-shirt finisher en S à la fin de l’Endurace Trail.

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Organisation pendant la course : ravitos très bien garnis même pour les derniers. Balisage parfait. Par contre, je continue de penser qu’il y a trop de coureurs de niveau moyen, sas 2 et 3, pour la taille des singles. D’où les trop nombreux bouchons qui gachent un peu tout. A noter, que sur la fin, des balises phosphorescentes sont prévues pour ceux qui ,comme nous, arrivent de nuit.

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Bien sur qu’il y a du Roquefort au ravito !

Ambiance/ Public : le top de tout ce que j’ai vu en trail jusqu’ici. Un vrai public enthousiaste et bruyant partout qui vous encourage avec votre prénom. Grosse animation à l’arrivée avec Dominique Chauvelier. T’as envie d’embrasser tous ces gens tellement ça fait du bien au moral.

Beauté du parcours : les Causses, le Larzac, les paysages hallucinants sculptés dans le calcaire, des passages en forêt, des villages de pierre, de châteaux ou des chapelles aux airs abandonnés. Rien à dire la dessus, c’est superbe, magique. Et après avoir couru en Islande, on est exigeant. Assurément, un des plus beaux parcours de ma jeune vie de traileur.

Difficulté technique (hors dénivelé) : beaucoup de cailloux, pas beaucoup de stabilité dans les descentes. Je n’aimerais pas faire cette course sous la pluie. Je ne regrette pas d’avoir abandonné mes Hoka.

Dénivelé : réparti en bosse avec à chaque fois jusqu’à 460 m de D+. La moyenne montagne typique. Casse-patte mais ça se gère. Des grosses portions roulantes sur le dessus des plateaux des Causses. J’ai apprécié la ressemblance avec les paysages du Lozère Trail voisin.

Templiers-profil

Conclusion : très belle course, difficile, à la hauteur du mythe mais beaucoup, beaucoup trop de monde dans les singles.

Je ne la referai peut-être jamais. Je reviendrai plutôt quand j’aurais le niveau pour l’Endurance Trail (100km), moins encombré. Pour ceux qui peuvent, l’Intégrale des Causses qui part en semaine fait 63 km et est limitée à 500 coureurs.

Bouchon du petit matin ...

Bouchon du petit matin …

12 Comments on “[Récit] Grand Trail des Templiers 2015 – un débutant au pays des grands

  1. je crois que t’es plus vraiment débutant maintenant 😉
    il me fait de plus en plus envie ce trail. Mais je pense que je viendrais pour l’intégrale des causses et son plus petit « quota » de coureurs dans les sentiers…

    • Oui l’intégrale .. ou l’endurance trail 🙂 Ceci dit, tu aurais surement accès au sas 1 avec tes temps en trail. Tu as moyen de vivre une toute autre course.

  2. De nouveau, un récit vivant, ultra boostant ! C’est fou car tu reste toujours modeste dans tes exploits de guerrier du trail, bravo à toi ! Je trouve que ta phrase marque parfaitement, l’émotion vécue lors des courses lol « Probablement que mon taux d’endorphines est à la limite du rail de cocaïne. »

    • J’espère que ça t’a donné envie d’y aller par toi-même l’année prochaine 🙂 Je me verrai bien faire une course du jeudi, vendredi (miam, l’Endurance Trail) ou samedi. Comme ça, je fais l’assistance à ceux qui tentent le Grand Trail le dimanche. Ca fait une énorme différence d’avoir une assistance personnelle. Une vrai team XRun.

      • Bouchons inévitables, même en partant en sas 1 en louvoyant entre la 600ème et la 250ème place, difficile d’être à son rythme.
        Epreuve mythique avec un parcours vraiment pas mal: des difficultés bien dosées et un spectacle visuel à chaque instant.
        La fin costaude donne encore plus de relief à cette belle ligne d’arrivée et à tous les souvenirs de cette journée.

  3. Pingback: [Grand Trail des Templiers 2015] Ma préparation | Endomorfun

  4. Pingback: [Récit] Trail des citadelles … Saison 2 | Endomorfun

  5. Bonjour,
    Ce message juste pour vous dire. J ai fait le trail des templiers hier et j ai suivi quasiment tous vos conseils et super bien passer pour un de mes premiers trails sur cette distance. Donc vraiment merci bcp.

    • Très content de lire ça. Je devais retenter l’Endurance Trail râté l’année dernière à cause d’une entrose fait 2 semaines avant. Mais une tendinite au pied a décidé de me priver encore une fois de cette course. Donc pas de Festival des Templiers pour moi cette année. Et je le regrette amèrement.

  6. Bonjour,
    Je relis aujourd’hui avec un très grand plaisir ce blog après avoir participé au Templier 2017.
    En première lecture, cela m’a motivé à m’inscrire. Et maintenant que je relis l’article, je me revois sur cette très belle course. Quelle précision et quelle exactitude!
    Bravo et merci!

    • Merci. Quelle chance d’avoir pu courir à Millau ce week-end. Parole de blessé qui a du déclarer forfait sur l’Endurance Trail une nouvelle fois.

  7. merci pour ce récit , je vais le faire cette année, je suis motivé plus que jamais , j’ai hâte d’y être merci encore !!!!!!!!!!!!!!

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