[Test] Jaybird Freedom 2 : Ecouteurs sans fil pour sportif exigeant

A peine sorti d’un long test sur des écouteurs de ma marque suédoise préférée, me voilà replongé dans un nouveau test d’écouteurs de sport haut de gamme sans fil. La marque américaine Jaybird, filiale de Logitech, a déjà pas mal de renommée dans le domaine et c’est donc la 2ème version de leurs écouteurs Freedom que j’ai entre les mains … et les oreilles. Je n’ai aucune expérience de la marque donc ce sera un avis tout neuf.

Autant le dire tout de suite, on se sent vite devant un concentré d’innovations et de bonnes idées. Avec comme fil conducteur, la personnalisation à tous les niveaux. Et c’est probablement une des justifications du prix public un peu haut, en regard du marché des écouteurs Bluetooth. En tout cas, c’est mérité.

Sommaire :

Mon profil de testeur

Comme toujours, je résume mes exigences personnelles :

  • Un son qui ne soit pas artificiellement boosté dans les graves et aigus (effet « loudness ») au détriment d’une richesse dans les medium, là où se trouve les timbres musicaux et vocaux.
  • En corollaire, on doit pouvoir distinguer toute la finesse des instruments à bas volume.
  • Le système de fixation des oreillettes doit prendre en compte le fait que je suis sujet à des irritations au niveau des oreilles avec la sudation.
  • La télécommande (play, avance, recul, volume, prise d’appel) doit être pratique quand on court. Bien sur cela suppose l’utilisation d’un lecteur compatible (smartphone, iPhone/IPod). Et cela exclut le couple iPod shuffle-écouteurs Bluetooth, attelage qui nécessite un connecteur additionnel qui empêche la transmission des commandes.

Les éléments sur lesquels je fais la part des choses :

  • Certains écouteurs sont idéaux pour certains styles et horribles pour d’autres. Ca tombe bien, j’ai une culture musicale qui me permet de ratisser large.
  • Je ne suis pas vraiment un « jeune ». Et ma pratique du rock à fort volume, comme guitariste ou bassiste, m’a laissé quelques acouphènes qui se traduisent par une hyper sensibilité aux aigus.

Design

Le boitier noir contient naturellement les écouteurs et 4 paires d’embouts de tailles différentes. Ne pas hésiter à bien tester. Personnellement, je ne mets pas la même taille à droite et à gauche. Il y a ensuite un clip en plastique, pour fixer les cables sur un vêtements, un cable mini-USB, une pochette de type « porte monnaie » et un bloc de batterie dont je vais préciser l’utilité.

J’ai le modèle blanc et or. Les Freedom 2 existent également en noir ou en bleu et argent.

Sur les photos de promo, on a l’impression d’un doré brillant métallique, comme chez Sudio par exemple, mais on est en présence d’un plastique peint plutôt terne. Ceci dit le design général inspire confiance et la forme est très agréable. C’est important pour ce futur cadeau de Noël que vous allez vouloir vous acheter si vous continuer à lire cet article (vous êtes prévenus).

Confort et egonomie

Ici, point de câble plat anti-noeud mais comme il est court et doté du système de serrage de cordon Speedfit, ce n’est pas un problème. Ce système s’avère assez génial à l’usage pour régler la taille en tirant sur le cordon pour agrandir ou sur les pinces-cordon pour réduire. Fini les ballotements intempestifs. Si vous y ajoutez le clip pour fixer le tout à votre t-shirt, ça ne bouge plus du tout. Et comme le tout est très léger, le maintien est parfait. Ce que j’ai vu de mieux. Un premier bon point et non des moindres.

Le système Speedfit et le clip pour un maintien optimal.

Le système d’oreillette est plus classique. Comparé à mes autres écouteurs, soit semi-ouverts, soit intra-auriculaires, Jaybird semble avoir choisi un intermédiaire avec un embout conique plutôt gros. En pratique, on se sent plus en présence d’un intra-auriculaire. Gare à trop d’isolation pour une écoute en extérieur avec des dangers. Vu la réserve de niveau sonore, il vaut mieux baisser le son pour entendre les voitures, les vélos ou les amis qui hurlent et peinent à vous rattraper quand vous courez votre footing à 16 km/h.

La matière est, comme chez les concurrents de la même gamme, un silicone souple et anti-bactérien qui maintient très bien quand il se place dans l’oreille. Ce matériau garantit un confort et aucune irritation sur une longue durée. Bref, sur ce volet, Jaybird est dans l’état de l’art.

Sauf que, la conception des embouts permet deux types de placement : soit classique, l’embout est dans l’oreille et le cable « pend », soit avec le câble qui fait le tour de l’oreille. Je n’aime pas beaucoup cette dernière position bien qu’elle soit plus stable. Mais certains préfèrent et c’est la première fois que je vois les deux possibilités sur le même produit. Quand je vous parlais de personnalisation… Et vous n’avez encore rien vu.

Deux possibilités de position du câble : classique ou en tour d’oreille.

(photo appli oreilles)

Le commande est elle aussi classique: 3 boutons volume +, volume – et marche arrêt. Des appuis longs pour accéder à d’autres fonctions : appairage, titre suivant/précédent . Les boutons sont très facile d’usage. Et comme on peut s’y attendre de nos jours, la commande permet de gérer des appels d’un smartphone ou de déclencher les commandes vocales de type Siri.

Innovations

Nous sommes donc en présence d’écouteurs pratiques et bien adaptés au sport. Soit. Les tests musicaux confirmeront que, même en s’arrêtant là, on a affaire à un très beau produit. Mais Jaybird propose un certains nombre d’innovations qui font la différence.

Commençons par le « Multipoint », c’est à dire la possibilité d’appairer les Freedom 2 à deux appareils en même temps. Vous pouvez ainsi passer un appel avec votre smartphone tout en écoutant la musique d’un autre appareil ou de votre ordinateur. Comme disait une vieil pub, à vous d’inventer la vie qui va avec.
Dans le même ordre d’idée, la fonction « Shareme » qui vous permet de partager  ce que vous écoutez avec d’autres écouteurs Freedom 2 qui ne sont pas appairés. Fini les amoureux qui se partage chacun un écouteur de la même paire. Là on partage en stéréo. Non seulement vous allez avoir envie de vous payer ces merveilles mais, en plus, il faut en offrir une paire à votre copine. Arghh !!!

Ensuite vient la spécificité la plus importante des écouteurs : l’application Jaybird sur Smartphone.

Celle-ci vous permet de personnaliser l’équalisation des écouteurs. Et là je dis bravo. On dispose de plusieurs pré-réglages d’usine mais on peut créer les siens. Moi qui suis très exigeant et, pour tout avouer, jamais content de trop de basses, d’aigus sur-gonflés, de pas assez de mediums etc. (cf. mes tests d’écouteurs précédents), je me suis jeté sur le réglage « « Ecoute prolongée » que j’ai modifié jusqu’à arriver au son que je veux pour mes sorties longues.

Si, à l’inverse, vous voulez un son sur-boosté, pour « courir en boite de nuit », vous trouverez votre bonheur avec cette application intuitive. Votre réglage est ensuite enregistré dans les écouteurs et hop, c’est parti. L’efficacité du système m’a bluffé.

Mon réglage

Autonomie

Si vous croyez que Jaybird, soucieux de fournir l’expérience la plus adaptable possible, s’arrête là, alors permettez moi de vous présenter une autre bonne idée : le bloc de batterie/chargement USB. C’est en fixant celui-ci à la commande que vous allez recharger la batterie interne. Mais le bloc est lui-même une batterie qui peut donc vous servir soit à recharger vos écouteurs sans le brancher au secteur, soit à prolonger l’écoute de 4h. On a donc le choix entre 4 et 8 heures d’autonomie selon ses besoins et les exigences de légèreté. Si, comme moi, vous partez avec une « powerbank » en trail long, vous pouvez charger le bloc de batterie en permanence et l’utiliser quand la batterie de vos écouteurs est vide. On se demande à quoi pensaient les autres services de marketing produit quand on voit autant de bonnes idées.

Le bloc de batterie pour charger ou complémenter la batterie interne.

Quand vous allumez les Freedom 2, une voix vous indique, en anglais, que vous avez bien allumé, qu’il reste X% de batterie et quand vous êtes connecté en Bluetooth à un appareil. Très sympa l’accueil.

La musique

Nous avons donc là des écouteurs personnalisable au niveau de la taille, du maintien, de l’autonomie et bien sur de la signature sonore. Il est temps de passer à ce qui nous intéresse vraiment, la musique, avec ma traditionnelle playlist multi-genre, passée dans mon iPhone 6.

Je précise que j’ai réalisé ce test en comparant aux Monster Intensity, Sudio Tre et Sudio Vasa Blå. 3 modèles que j’affectionne pour leurs qualités respectives. J’ai à chaque fois joué sur le pré-réglages via l’appli pour corriger d’éventuelles différences qui me gênaient.

Commençons par les musiques dites urbaines et électroniques, dont les sportifs sont en général friands.

  • « Wu-Tang Clan Ain’t Nuthing Ta F’ Wit » (rap old school) :

Le son est très clair, avec des bonnes grosses basses. Si vous aimez les trucs ”loud” à la Bose, vous serez comblés. Rien à dire, ces écouteurs sont bien taillés pour toute musique urbaine basée sur des percussions électroniques ou samplées.

  • « La Rock 01 » – Vitalic (électronique).

On ressent bien le kick et tous les détails empilés au fur et à mesure de ce pur titre dancefloor. La basse ultra-filtrée vous embarque vite. Même si ce ne sont pas mes écouteurs préférés sur ce titre, ils sont clairement faits pour ça. On n’est pas dans un son très ”haute fidélité” qui va donner des détails pour audiophile, mais ça va ”jumper” dans les footings !!! Attention quand même à la fatigue à trop haut volume. La réserve de niveau assez importante et on peut vraiment se faire « péter » les oreilles.

  • « Headline » High Tone (electro-dub)

Sans surprise, les Freedom 2 passent haut la main le test de l’infra basse. Et celui de la clarté pour les détails des effets. Ce style basée sur une opposition basse lente et lourde versus percussion claquante est parfaitement à l’aise.

On s’en doutait mais les Jaybird 2 Freedom 2 sont vraiment taillés pour les sons urbains et électroniques, avec des basses gonflées et une clarté omniprésente. L’outil pour les accrocs du cardio. Pas de problème, ça pulse.

Passons au rock à guitare !

« What next to the moon» – AC/DC

La clarté du son frappe. Surtout par rapport aux Monster assez ”cotonneux”. L’effet ”loudness”, dont je rappelle je ne suis pas fan, est perceptible : les basses et les aigus sont gonflés. Pas ce qui fait ressortir le mieux le grain des guitares stéréo des frères Young, dans les mediums. C’est encore plus flagrant sur l’intro de ”Highway to hell”. Mais la patate est quand même là. Etant sensible aux aigus et aimant les sons les plus naturels possibles, ce n’est clairement pas le plus agréable pour moi quand je dois un peu monter le volume. Même avec le réglage ”écoute longue durée” modifié. Mais rien de rédhibitoire à volume correct. Les fans de sons puissants apprécieront vraiment le rock avec les Freedom 2.

« Backbone » – Gojira.

Même en jouant avec l’EQ, on a encore une grosse présence des aigus et une basse surpuissante. Ne pas hésiter à baisser les aigus en écoute prolongée de musique forte. Le niveau de sortie est plutôt fort donc les metalheads seront ravis.

Sur un autre titre de métal, ”The eagle has landed” d’Avatar, les Jaybird prennent encore l’avantage avec une excellente sensation de spacialisation des guitares qui donne tout son sens en métal. Les amateurs de rock à très haut gain apprécieront (spéciale dédicace à mes amis du Hellfest Cult au passage).

Puissants et cristallins, Les Jaybird seront plus à l’aise dans un rock ou un métal moderne que dans un grain classic rock-bluesy. Mais en écoute sportive, ça passe très bien avec toute sorte de rock.

OK, maintenant passons à l’acoustique.

« Hurt », Johnny Cash.

Pour le coup, ici, les basses boostées ne servent à rien. Rien à dire sinon toujours une grande clarté des aigus mais un certain manque d’effet de proximité et de chaleur dans la voix de Cash. Ceci dit, je chipote, je suis là pour ça. Le son de la guitare acoustique est superbe.

« Gogol » – Gonzales (Piano solo / Pub pour une banque). 

Là encore rien à redire. Un son clair et pas désagréable. Les nuances du jeu de Gonzo sont bien rendues. On entend presque trop les bruits des marteaux du piano. Je suis plutôt agréablement surpris que les aigus restent doux.

« Grieg: Peer Gynt Suite – Hall Of The Mountain King » (Herbert Von Karajan – Berlin Philharmonic Orchestra).

Mon inévitable test de classique, avec une inévitable référence pour moi, les seuls intra-auriculaires que je supporte pour ce genre musical, les Vasa Blå de Sudio, malheureusement pas vraiment adaptés au sport.

Alors que donne donc ces Freedom 2 qui n’ont surement pas du être pensés pour ça ? Et bien, ce n’est pas mal du tout. Meilleurs que les autres écouteurs de sport que j’ai pu tester. Leur clarté rend bien les nuances de dynamique, y compris dans les passages les plus puissants. Les pêches d’orchestre sont presque ”rock”. Il manque bien sur un peu trop de mediums pour moi, mais encore une fois, c’est très personnel (et un peu vieux jeux).

Note : Si vous voulez écouter les titres cités dans ce test, je vous les ai mis dans playlist sur Deezer : cliquer ici.

En conclusion

Si on résume, au niveau du son, ces écouteurs sont surpuissants dans les basses et très clairs dans les aigus comme beaucoup d’écoutes modernes (casques, enceintes …). Mais au final, il se tirent bien de tous les genres et la possibilité de personnalisation de l’équalisation satisfera toutes les exigences. Ce n’est cependant pas ce que mes oreilles préfèrent mais c’est une question de gout. Et je pense que beaucoup d’adorateurs de casque de type Bose ou autre peuvent foncer sur les Jaybird sans crainte.

Les Freedom 2 m’ont bluffé par leurs qualités et leurs innovations en matière de personnalisation et d’expérience utilisateur. Un excellent produit moderne et parfaitement adapté à la pratique sportive.

Les Plus

  • La personnalisation totale : taille, position des oreillettes, batterie,  EQ via l’appli et batterie.
  • Très léger et bien maintenu pendant les mouvements.
  • Le niveau est très fort donc bonne réserve
  • L’ergonomie générale. La commande complète.
  • Les fonctions « Multipoint » et « Shareme ».
  • Le son clair et puissant adapté aux sons modernes mais pas que. Les amateurs de grosses basses seront ravis.
  • Le mode veille ; les écouteurs s’éteignent en l’absence de signal.
  • Ils parlent (anglais) : vous disent quand il est allumé, ce qui reste de batterie et quand il a une connection bluetooth.
  • Le Bloc batterie supplémentaire donnant le choix entre 2 fois plus d’autonomie ou la légereté. On a donc le choix entre 4 ou 8h d’autonomie et on peut recharger la batterie interne avec le bloc sans branchement USB.
  • L’application Jaybird

Les Moins

  • Si on aime le son, il n’y a rien à redire sinon le prix un peu cher : 129€ prix public. Mais le rapport qualité-prix reste bon.

Vous pouvez trouver les Jaybird Freedom 2 sur le site de la marque. C’est par ici.

Pour nos autres tests d’écouteurs : c’est par là.

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