[Récit & Vidéo] Trail des passerelles 2015, courir dans un paradis brulant comme l’enfer et finir sur une civière

L’idée était simple : Anne-Claire et moi étions un peu frustrés de ne pouvoir aller refaire l’Ultra-marathon du Lauvegurinn en Islande. Il nous fallait un petit trail en juillet, avant nos vacances d’Aout. Une distance et un dénivelé correct mais que nous connaissions. Le Trail des Passerelles du Monteynard, avec ses 35km pour 1800 m de dénivelé, était parfait. D’autant que les photos de l’eau turquoise et des passerelles himalayennes faisaient vraiment envie. Et puis ça nous fait une demi-Course des Templiers, course très exigeante sur laquelle nous sommes inscrits tous les deux en octobre. Et qui, ne le cachons pas, nous fait légèrement peur. Nous avons, en outre, 3 amis d’Urban Running inscrits sur les Passerelles. Philippe et Stéphane sur le 35 km comme nous. Cyril, le fou furieux, qui va tenter le 55 km, ayant à peine récupéré de l’Alti-Speed et de son kilomètre vertical, qu’il a trouvé rigolo.

Cyril, sur le 55 km, les filles et moi sur le 35 km. tout va bien la veille du départ.

Cyril, sur le 55 km, les filles et moi sur le 35 km. tout va bien la veille du départ.

Anne-Claire embarque sa copine Marion, aka Bikette, qui n’a jamais couru ni la distance, ni le dénivelé mais va pourtant finir la plus fraiche des trois. La suite : TGV, location d’une petite voiture, surclassée en Renault Captur, hôtel à 20 km de la course où ils ont prévu de faire les petits dej’ pour les traileurs du Monteynard à partir de 5h30. Tout est parfait.

Pour moi, cela va surtout devenir parfait dans le genre scénario de film d’horreur ou cauchemar. Mais on a le temps avant d’en arriver là.

Au sommaire :

La traditionnelle photo du p'tit dej' pré-course à 6h du mat'

Le traditionnel selfie du p’tit dej’ pré-course, à 6h du mat’

Base nautique de Treffort, Dimanche, 8h

Nous retrouvons nos amis pour un petit échauffement et quelques selfies de chaussures, de tête, en video-gopro, en iPhone 6 ou pas … Quelques mètres d’échauffements en remontant ce qui va être la ligne d’arrivée. La chaleur est déjà bien installée.

Philippe me propose une pastille de Sportenine. N’ayant jamais fait un trail sans crampe au mollet et ayant vu les miracles sur mes amis en Lozère, je me décide à tenter. Après tout, ce n’est que de l’arnica. Il prend aussi des pastilles de sel et m’en propose une. Je ne vois pas pourquoi je prendrais ça, on est pas au Marathon des Sables quand même. Et ma boisson est salée. De toute façon, je maitrise mon hydratation. C’est bien ce que je crois à ce moment là.

Marion, Anne-Claire et moi au départ.

Marion, Anne-Claire et moi au départ.

8h30, le départ est donné. Ca grimpouille assez vite. Rien de bien méchant. On entend le cliché du Trail des Passerelles : « le trail ne commence qu’à la première passerelle ». Je crois même que c’est ce clown de Stéphane qui lance ça. Il a l’air d’avoir la pêche et de courir en touriste. En même temps, il a toujours l’air d’un touriste, même à l’entrainement. Ca ne l’empêche pas d’envoyer. La fameuse première passerelle, celle de l’Ebron, est à 5 km du départ. On va vite rentrer dans le dur.

Avec Stéphane et Philippe, deux Urban Runners fidèles aux entrainements à Suzanne Lenglen (et à l'Entre-Pote)

Avec Stéphane et Philippe, deux Urban Runners fidèles aux entrainements à Suzanne Lenglen (et à l’Entre-Pote)

Tout le peloton est encore compact quand nous arrivons devant ladite passerelle de métal, suspendue au dessus de l’eau turquoise. Courir est interdit. Et ça tangue vraiment beaucoup. Je vous ai dit que j’étais sujet au vertige ? Ceci dit, je ne suis pas le seul à me tenir à la rampe. Je sors la Gopro pour faire des images. Les petites phrases pas vraiment drôles fusent. « Je veux arriver au dessus de l’eau avant que ça craque » « Y’a des crocodiles !». Bref, ça rit jaune. Je pense à des scènes d’Indiana Jones. J’imagine que si on ne se dépêche pas, un énorme gars avec un sabre va couper … non rien … Au niveau beauté, cela tient ses promesses.

Une passerelle himalayenne ..ça tangue vraiment.

Une passerelle himalayenne ..ça tangue vraiment.

De l’autre côté, cela repart en montée, dans un single. Une petite bosse, 2,5km de montée et une descente d’autant, vers la deuxième passerelle, celle du Drac. Deuxième traversée qui tangue tout autant. Normalement, nous devons repasser par les deux au retour.

Le chemin en forêt est plutôt roulant jusqu’à une belle plage et une aire de loisir. Notre premier ravito est là, vers le 13ème km. Ça bouchonne un peu devant la table du solide. C’est un peu le bazar devant la personne qui tient le tuyau pour remplir les bidons et poches à eau. La dame nous arrose aussi directement au jet d’eau pour nous rafraichir. J’avais prévu de maitriser les temps d’arrêt mais là il n’en est plus question. Je prends le temps de boire et de sortir mes bâtons. Parce que le profil imprimé sur nos dossards ne fait pas de doute. C’est le début de la première vraie grosse montée.

Et c’est parti pour 640m de dénivelé positif non stop !!!

Nous attendent donc plus de 5 km de montée. C’est long mais pas si technique. Il y a quelques passages dans les 15 à 20% de pente mais globalement c’est assez varié. J’adopte un bon rythme de rando dynamique avec mes bâtons. Je ne cherche pas du tout à courir sur les petits replats qui, de toute façon, ne durent que quelques mètres. Jusqu’à présent j’ai toujours eu les yeux rivés sur mon dénivelé pendant les trails. Là, je préfère surveiller l’altimètre. Nous étions à 500m au ravito, nous devons atteindre 1140 m d’altitude. Au sortir d’un petit raidillon, quelques centaines de mètres de presque faux plat montant et c’est la descente. 2km pour perdre 460 m de dénivelé et atteindre le village de Mayres Savel, où se trouve notre second ravitaillement. Je suis en mode « je ne réfléchis pas », même quand la pente est à plus de -20%. Le terrain est du chemin sec, sans gros piège. Je pense à mes entrainements à St Cloud, avec XRun, quand je finis, dans les descentes, loin derrière les avions de chasse et les coachs.

Arrosage des coureurs avant le 2ème ravito

Arrosage des coureurs avant le 2ème ravito

Au ravito, ils ont tout prévu pour la grande chaleur. Il est environ midi et il fait 36°C. Un arrosage nous rafraichit à l’arrivée. Cette fois, il y a moins de cohue. Le peloton s’est un peu étiré. On commence à entendre parler d’abandon. Je vois Philippe qui arrive quand je repars. Stéphane est déjà loin devant. Les filles ne sont pas loin derrière mais je ne les vois pas. J’ai rempli mes deux bidons, bu pas mal de verres. Peut-être trop. C’est reparti. Ca descend encore jusqu’à la passerelle du Drac que je repasse beaucoup plus à l’aise que la première fois. Je ne me tiens même plus à la rampe. On est peu nombreux, ça tanque moins. Et la chaleur est plus forte que le vertige.

Au cas où, il vaut mieux préciser.

Au cas où, il vaut mieux préciser.

De l’autre côté, la bosse suivante est beaucoup plus petite. Mais je mets une heure à la parcourir. Elle nous ramène à la première passerelle de l’Ebron. Je la franchis et, au détour d’un chemin qui remonte, se trouve le 3ème ravito. Cela fait plus de 4h30 que je suis sous cette chaleur. On nous annonce qu’il reste 10 km. J’ai 27,5 km sur ma montre. Ah les distances en trail !! Elles se dilatent avec la chaleur.

La bien nommée « côte rouge »

Il reste un ravito dans 3 km … de montée. Et quelle montée !!! La deuxième grosse de la journée. La Côte Rouge qu’ils l’appellent. Ca doit avoir un rapport avec la tête des gens qui la gravissent après 30 km de course par plus de 34°C. La majeure partie est dans les bois mais la chaleur ne disparait pas pour autant. Elle imprègne l’atmosphère, semble remonter du sol. Un concurrent, en pleur au téléphone, me dépasse. Je le retrouve un peu plus loin, coincé dans un raidillon, perclu de crampes. Il ne tient plus debout. J’essaie de l’aider mais il est trop lourd et moi trop faible. En haut de la côte, à quelques mètres, un bénévole semble désemparé. Un concurrent du 55km, qui nous a rattrapé, lui propose ses cacahuètes salées. La solidarité des trailers n’y fera rien. Je repars un peu secoué. Il fera surement partie des gens dont j’entendrai parler plus tard au poste de secourisme.

Au milieu d’un chemin dans les bois, des gamins s’enthousiasment à répéter à tous les concurrents que le ravito est dans  500m et qu’il reste 6,5 km. Ca me rappelle Cécile Bertin qui disait combien les bénévoles disaient n’importe quoi pour nous rassurer.

Après le 4ème et dernier ravitaillement, on nous annonce qu’il reste environ 1,5 km de montée. Mon altimètre me dit surtout qu’il reste encore 100m de dénivelé minimum pour atteindre l’altitude de 1000m environ. Pour beaucoup c’est la côte de trop.

De l’autre côté, nous attend une descente qui, parait-il, a été l’enfer l’année dernière avec la boue. Là c’est sec. Mais qu’est-ce que c’est long. Et puis, bien sur, quand on nous annonce quelque 4,5 km de descente, il y a bien quelques petites montées au milieu. Un vulgaire faux plat montant de quelques centaines de mètres, que l’on maudit comme s’il était pire que les deux énormes montée du parcours. Tout comme on ne remercie pas le gentil monsieur qui nous a annoncé fièrement en haut qu’on n’avait plus que de la descente jusqu’à l’arrivée au lac.

Ceci dit, je ne suis plus à me poser des questions. Dés que je peux, j’accélère en essayant de suivre les concurrents devant moi. D’habitude je lâche au mental dans la dernière partie. Là ça roule, j’en ai marre. Je ne lâche rien. Je m’accroche. C’est la personne devant moi qui finit par me laisser passer. Dommage, j’aimais bien avoir un lièvre pour la fin. Parfois le lac se montre entre deux arbres. Il semble toujours trop bas. Ça n’en finit pas. Je suis presque content quand la pente se raidit pour gagner un peu plus de dénivelé négatif. Les 2 derniers kilomètres annoncés par un bénévole en durent 5 et le dernier, annoncé par une autre personne bienveillante, en dure au moins 10. Je ne me rends pas compte que mon cardio est en train de grimper en flèche. Je ne le verrai que quand j’analyserai ma courbe. J’ai fini à ma fréquence cardiaque maximale comme sur un 10 km.

Je passe enfin la ligne d’arrivée après un virage en épingle. J’entends mon nom. Je remets ma puce de chronométrage que j’ai glissé dans mon manchon de compression, l’ayant perdu quand le fil de fer pour l’accrocher s’est cassé. J’arrête mes deux montres (je suis en train de tester la nouvelle Garmin 225 avec cardio au poignet).

Et puis … et puis plus rien. Trou noir.

Bilan, côté gestion de course

Avant de vous compter le drame, je voudrais faire un point sur mes temps. J’ai utilisé ma courbe de 35 premiers km du Lozère Trail (1800 m D+) pour jauger mon plan de course dans le logiciel Course Generator (en test ici). En Lozère, j’avais une entorse. J’avais un marathon et le trail des Citadelles encore dans la mémoire des pattes. Je me dis que je ne pouvais faire moins bien et donc que mon estimation serait réaliste. Il faisait plutôt chaud  mais beaucoup moins : 22°C de moyenne, pic à 28 vers midi. Au final, j’ai mis 1h30 de plus au Monteynard.

Le mini-roadbok généré par le logiciel Course Generator sur PC.

Le mini-roadbok généré par le logiciel Course Generator sur PC.

Temps de passage :

  • Ravito 1 : prévu à 1:34 , arrivé à 1:38. Perte de temps pour le ravitaillement en eau à cause du monde. Reparti à 1h42.
  • Ravito 2 : 30 mn de retard : prévu à 2:56, arrivée 3:24.
  • Ravito 3 : 4:48 au lieu de 3:43.
  • Ravito 4 : 5:29 au lieu de 4:29.
  • Au 35ème km, j’ai bien une heure de retard. En ajoutant les km restant, j’ai 1h20 de retard.

Movescount répartit mon temps comme suit : montée : 4h, descente 2h 06, fixe 24 mn. Ca ferait une moyenne de 6mn d’arrêt par ravito, ce n’est pas si énorme compte tenu de la chaleur.

Temps total 6h30 contre 5h10 prévu. Décidément, faire des plans de course ne me réussit pas. Les 2 dernières fois que j’ai essayé, Alesia Trail et Saintélyon, j’ai explosé des le deuxième point de passage.

Ceci dit, je suis finisher. 458 ème sur 638, les 3/4 du classement. L’année dernière j’étais plutôt dans les 10 derniers %. Et il y a 66 abandons. En les comptant, j’arrive dans les 2/3 du classement. Pas de quoi pavoiser mais je n’en suis encore qu’à constater que, même dans des conditions difficiles, je progresse. Cela fait à peine plus d’un an que je cours ce genre de distance et de dénivelé.

Voilà pour le côté sportif. La chaleur a vraiment fait toute la course.

Ma petite vidéo en atteste.

Et donc le drame !!!

Je me suis demandé si je devais raconter ce qui suit et qui, finalement, sera ce que je vais garder comme souvenir essentiel de ce trail. Ça va me servir de leçon donc si je peux partager et faire peur aux gens pour qu’ils prennent plus de précaution, tant mieux.

Il m’a fallu deux jours pour reconstruire une partie de ce qui s’est passé. Il me manque encore au moins 20 bonnes minutes. Il paraitrait , selon la femme d’un ami, que le speaker a essayé de m’interviewer à l’arrivée, sans succès.

Je ne sais pas comment mais je me retrouve debout devant un secouriste dans la tente. Il m’oblige à boire, je n’y arrive pas. Il me dit de m’asseoir, je m’étale par terre. Je vomis. Je finis par me relever en geignant que ça va aller. Je me crois toujours plus fort que tout et plus malin, même à demi lucide. Le gars a du mal à garder son calme et je me rappelle des bribes de mots concernant le fait qu’il n’a pas de temps à perdre, que l’homme sur le brancard devant moi est peut-être en train d’y rester. Je finis par l’assurer que je vais bien et je pars. Je vais passer plusieurs minutes à viser un point B d’un point A pour me déplacer et fuir vite le champ de vision du secouriste. Ce qui est idiot. Je suis comme dans un rêve incohérent. Rien ne fonctionne comme ça devrait. Sauf que c’est la réalité. J’ai même une impression de « déjà vu », phénomène qui arrive souvent dans un rêve. Mais qui n’est qu’une latence d’impression du cerveau. Du coup, j’essaie de me rappeler ce que j’ai fait dans la même situation. Sauf que je ne l’ai jamais vécue. Je commence vraiment à avoir peur. Dire que j’avais travaillé le dialogue interne et la pensée positive pendant la course. Là je suis plutôt avec des mots comme « Alzheimer » dans la tête.

Je veux me rendre aux toilettes que je vois. Entre elles et moi, il y a trop d’obstacles pour mon esprit confus : les barrières de la ligne d’arrivée, des rochers et la plage. Je finis même par traverser au milieu d’une partie de pétanque. Je peine à marcher droit. J’atteins les toilettes. Quand j’en ressors, ça ne va pas beaucoup mieux. Je n’ai aucune notion de l’heure. Ce qui est un comble, je porte deux montres. Combien de temps depuis mon arrivée ?

Tout d’un coup, j’entends la voix salvatrice d’un ange qui crie « Yoyo », mon surnom dans le privé. C’est ma petite femme, Anne-Claire, qui a fini sa course depuis 10 mn avec sa copine Marion. J’explose en sanglot, lui racontant, avec un mal fou à m’exprimer, que ça ne va pas bien du tout, que je ne sais plus où sont mes affaires, que je ne sais plus ce qui se passe. J’arrive quand même à lui indiquer comment me ramener au poste de secours. Le secouriste à qui j’ai menti sur mon état, – je pense que je n’ai pas vraiment fait illusion – est là. Je finis sur une civière. On me pose plein de questions. Je ne sais même plus dire le nom de la course que je viens de faire. Mon numéro de téléphone a lui aussi disparu de ma mémoire. J’ai vraiment du mal à formuler des phrases. On me prend plein de mesures. Un médecin arrive. En short, chaussures La Sportiva. Sympa. Frédéric je crois. J’aurais voulu me rappeler de son nom de famille mais la mémoire n’est pas ma spécialité du moment. Je n’ai pas oublié mon nom. Ni celui du président de la république. Même si j’ai été un court instant tenté de faire une pirouette en répondant « Pompidou », me ravisant en me rappelant le gars au plus mal sur la table à côté. Dans une situation de panique totale, je trouve encore au fond de mon cerveau malade l’énergie de faire une blague pourrie. Personne n’a envie de rire ici. Anne-Claire passe son temps à me rassurer. Elle est en mode « forte pour deux ». C’est ma femme. Ça je ne risque pas de l’oublier. C’est même la seule chose à laquelle je me raccroche, comme si elle m’avait sauvé la vie.

Le médecin est formel : hyper-déshydratation. Il va me perfuser 2l d’eau et une solution qui contient je ne sais quoi. Il me parle d’ampoules pour éviter les nausées. Je lui dis que je n’ai aucune nausée. Il me dit qu’il m’a vu vomir mes tripes tout à l’heure. A ce moment, je n’ai aucun souvenir de ça. Une secouriste reste auprès de moi et me dit des choses que je ne comprends pas toujours. Elle me parle d’une douleur à la jambe droite. Je n’ai jamais dit ça. J’ai des crampes dans tout le corps à présent. C’est violent. Mais rien de spécial à la jambe droite. Elle m’assure que je me suis plaint de ça. Je désespère de comprendre ce qui m’arrive.

Mouvement de panique dans la tente. Le gars sur le brancard est évacué en hélicoptère sur l’Hôpital de Grenoble. Ils n’arrivent pas à faire redescendre sa température corporelle depuis plus d’une heure. Je crois me rappeler que le médecin m’a dit qu’il avait la même chose que moi. Ca doit vouloir dire que j’ai de la chance. Une fois les 2 litres perfusés, le médecin me libère. J’ai des crampes mais ça va beaucoup mieux. Il dit aux filles que je pourrais avoir des problèmes pendant les 48 prochaines heures. Elles vont m’empêcher de prendre le volant et tout gérer à ma place.

Après une douche, à l’eau froide, nous revenons, sous une pluie battante, au parking par la navette. Retour vers Grenoble, petit resto chinois avec notre pote Cyril, qui a bouclé à grand peine le 55km, et TGV pour Paris.

Et dire que nous fêtions nos 5 ans de mariage ce dimanche. Dire que nous avions prévu de faire un petit trail sympa et beau avant les vacances, en mode touriste. Ceci dit, cela n’enlève rien à la beauté du trail.

J'étais encore bien là.

J’étais encore bien là.

Mon analyse avec le recul

Quelques jours après, j’ai encore souvent des céphalées mais rien de grave. Je recours en mode récupération active.

Bien sur, après une aventure aussi flippante, on se pose des questions. Et un message sur Facebook déclenche des commentaires d’inquiétude et une « foultitude » de conseils avisés sur le sujet. Donc je reviens sur mon hydratation. Un sujet que je pensais maitriser depuis mon Lozère Trail l’année dernière, 45 km, 2300 m D+ sous 32 à 37°C. Avec peut-être un peu plus de passages ombragés l’après-midi.

Mais j’ai fait quelques erreurs cette fois. D’abord, quand je repense à toutes mes courses, y compris le Marathon de Rome, j’ai toujours consommé ma boisson High 5 Energy Source 2:1 au gout légèrement salé, contenant 1,5g de sel au 100g. Là, j’en avais dans un de mes bidons de 600 ml et une bouteille de 500 ml dans mon sac à dos. J’ai eu la flemme d’enlever mon sac pour me servir de cette dernière. Donc sur 6h30 de course par forte chaleur, je n’ai consommé que 500 ml de boisson contenant des sels minéraux. J’ai bu, par contre, beaucoup d’eau plate. Voire même un Pepsi ou deux et de l’eau pétillante aux ravitos. Mais de trop grande quantité trop vite. Plusieurs verres d’affilée. J’en suis arrivé à saturation. Je ne me suis pas inquiété quand je ne suis pas arrivé à avaler mon premier gel. J’aurais du.

Au niveau alimentation, je pense ne pas avoir été assez rigoureux. Je suis parti avec 2 gels Gü, chocolat et caramel salé, un paquet de Gü Chomps correspondant à 2 gels et ma boisson. Je suis rentré avec la moitié de ma boisson, 1 gel et demi et 2 Chomps sur les 8. Aux ravitos, j’ai mangé pas mal de banane, au moins un Tuc à chaque fois, des oranges et quelques fruits secs. D’habitude je mange plus de salé. Mais là il n’y en avait pas forcément en dehors des Tucs.

J’ai quand même eu un moment où je me suis inquiété de mon hydratation ayant un peu mal à la tête, sur un côté. Mais c’est passé.

Bref, l’hypothèse selon laquelle j’aurais bu trop d’eau, trop vite au lieu de prendre souvent des petites quantités et que j’aurais manqué de sel pour fixer l’eau, reste la plus plausible. C’est d’autant plus idiot que, jusqu’à il y a peu, je comptais essentiellement sur ma boisson pour l’hydratation et l’énergie et que j’ai changé pour voyager plus léger sur les trails courts.

Vu que je suis inscrit à un ultra au Cambodge en janvier, j’ai intérêt à régler ces problèmes d’ici là. Depuis 3 jours, je lis tout ce que je peux sur l’hydratation en trail. Dans le livre « Trail running » de Sylvain Bazin, que je suis précisément en train de lire, il conseille d’ailleurs ce que j’ai toujours fait avant : privilégier la prise de bonne dose de fructose/malto (carbs en anglais) et de sels minéraux (electrolytes en anglais) par voie liquide. Ne garder la voie solide que pour « se faire plaisir ».

La prochaine fois je ne refuserai pas la pastille de sel de l’ami Philippe qui est d’ailleurs arrivé presque en même temps que moi, mais en bien meilleur état. Stéphane nous a mis plus de 30 mn dans la vue. Les filles sont arrivées moins de 20 mn plus tard. Pas d’abandon chez les Urban Runners.

Peut-être aussi un ou deux trucs à revoir sur la diététique de la veille de course non ?

Peut-être aussi un ou deux trucs à revoir sur la diététique de la veille de course non ?

7 Comments on “[Récit & Vidéo] Trail des passerelles 2015, courir dans un paradis brulant comme l’enfer et finir sur une civière

  1. Bravo car la chaleur était bien au rendez-vous, et ce trail est bien casse-pattes.
    J’en ai aussi bavé sur le 55 😉

    Comment s’est comporté le sac Raidlight ?

    • Très bien le sac. Un des bidons 600ml (neufs) est percé en haut donc je l’ai remplacé en urgence par un Salomon. Par contre, je persiste, sans mon bricolage avec les deux petites bandes élastiques sur les bretelles, les « tubes » des bidonc RL remuent trop et finissent par faire sortir le bidon quand il est à moitié vide. En dehors de ça, l’attache bâton remplit son rôle. Moins pratique que le carquois de l’Olmo mais les bâtons sont mieux positionnés et me gênent moins en course. J’ai aussi couru pas mal avec ma GoPro coincée dans les deux sangles ventrales sans gêne particulière et ça, pour moi, c’est génial. Au final, ce sac va souvent être mon compagnon de trail.

  2. Pingback: [Test] Garmin Forerunner 225 : le cardio au poignet | Endomorfun

  3. Bravo pour ce récit exaltant Jean-Guillaume…Comme je le disais tu es le roi de la perf.!..au propre et au figuré 🙂

  4. Tiens j’ai un peu eu l’impression de revivre la course. Je confirme que la gestion de l’alimentation/hydratation reste un point essentiel que je n’ai pas encore réglé non plus.

    Par contre il y une erreur dans ton récit. Je n’ai jamais dit que le trail commençait à la première passerelle : j’ai dit qu’il commençait au premier ravito.

  5. Excellent récit, merci de ce partage qui va me faire emporter (et ingérer) plus de « sels » que prévu sur ce trail 😉

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