[Test] Suunto Spartan Ultra

Avertissement : comme d’habitude en matière d’objet connecté, il convient de préciser les versions des logiciels internes ou compagnons utilisées à la date de ce test. S’il m’est possible, je mettrai à jour en fonction des nouvelles avancées. Courant Septembre 2017, j’ai donc testé le logiciel de la montre en V.1.9.36.

Sommaire :

Pas une Ambit 4 !!!

La sortie l’année dernière de la première version de la Sunnto Spartan Ultra pourrait être qualifiée, en faisant presque un euphémisme, de cafouillage. Entre les fuites, les annonces, les railleries d’usage sur les réseaux sociaux et les plaintes des « early adopters », la réputation, jusqu’ici sans faille de la marque, en prenait un coup. Voyant cela, et considérant que l’Ambit 3 Peak est la meilleur montre pour un traileur, je ne me suis pas précipité pour la tester et encore moins pour l’acheter. Même si le design me faisait envie.

Ambit 3 Peak VS Spartan Ultra Le match commence !!!

Et puis Suunto m’a proposé de la tester pendant quelques mois en début d’année 2017. Quelques mises à jours du logiciel interne et de l’application ayant amélioré un peu plus la confiance dans le produit, avec quelques récompenses engrangées, essentiellement pour son design. Donc amplement méritées.

Pourtant, la Spartan Ultra est encore loin de l’iso-fonctionnalité avec la version haut de gamme précédente. Il est vrai que de ne pas retrouver toutes les fonctions de l’Ambit, sur une montre de ce prix, a de quoi passablement énerver les Suunto addicts.

Dans la vie, je travaille dans l’innovation et donc je connais à peu près les cycles de mise sur le marché d’un tel appareil. Je ne justifie en rien le rapport qualité-prix ressenti alors, mais je comprends d’où peuvent venir les problèmes. La Spartan n’est tout simplement pas une Ambit 4.

Pour les plus geeks, le logiciel interne utilise un moteur Javascript Duktape. Cela veut surtout dire qu’ils ont tout réécrit de zéro. D’où l’attente pour avoir certaines fonctions de l’Ambit. Et en particulier les « applications ».

My 2 cents : cette nouvelle architecture logicielle semble promettre de futures possibilités de développement d’application tierces, à l’instar de Connect IQ de Garmin. Les « apps » de l’Ambit, limitées à la personnalisation de champs et à un bip-bip d’alarme programmable, tenaient plus de la formule d’un tableau Excel que de véritables applications. Je sais, je me dis ça parce que certaines de mes applis fétiches (alarme hydratation, % VMA …) me manquent et qu’il faut être patient.

Commençons par la conclusion

Donc je teste une montre que je vais être tenté de comparer à ma montre habituelle et qui va perdre à chaque fois. Quel interêt ?

Alors disons le tout de suite : je me suis entrainé pendant 6 mois uniquement avec la Spartan Ultra. Je l’ai porté comme montre quotidiennement. J’ai fait quelques courses avec, dont la plus longue de 9 heures. Et j’ai vite oublié ce qui me manquait de l’Ambit et appris à apprécier cette jolie Spartan.

Certains détails, pour ne pas dire bugs, m’ont énervé mais ils ont été corrigés assez vite, que ce soit dans l’application Movescount sur smartphone, la nouvelle passerelle vers le web SuuntoLink pour PC et Mac ou dans la montre.

Comme il faut que je rende le modèle que l’on m’a prêté, je pense même m’acheter un de ces beaux modèles au cadran cuivré. Parce que j’ai envie de cette belle montre. Pas d’argument raisonnable la dedans. Mais avouez-le, à moins d’être un professionnel de la montagne, avez-vous vraiment besoin d’une montre de plusieurs centaines d’euros pour gérer votre passion du running ?

Le modèle qui me fait rêver, finition cuivre.

En ai-je besoin, ayant toujours une Ambit ? Non. D’ailleurs je songe à acheter plutôt le modèle Sport avec cardio au poignet pour l’entrainement. Je conserverais l’Ambit pour les trails longs pour son autonomie et l’appli « alarme hydratation ».

Pour ce qui ne sont pas familiers des gammes Suunto, l’Ultra et donc le haut de gamme multi-sport, très typé outdoor/montagne correspondant à l’ancienne Peak. La Sport est un modèle également multi-sport mais plus léger, avec une autonomie moindre et pas d’altimètre barométrique. Suunto a ajouté récemment la Trainer encore plus légère, avec un prix moitié moindre que l’Ultra et une autonomie de 10 heures. Exit le modèle Run, mono-sport, ce qui est plutôt une bonne nouvelle vu que les gens qui pratiquent le cross-training ne sont pas tous ultra-traileurs.

Déballage

Que du classique, ou presque, au déballage. La boite, sobre et élégante, contient la montre, la ceinture, le module cardio-fréquencemètre et, bien sur, la pince permettant un raccordement USB à un ordinateur ou un chargeur. D’ailleurs l’ancienne pince, qui se défaisait tout le temps, est remplacée par un petit connecteur aimanté qui se fixe sous la montre. Les ultra-traileurs qui comptent recharger leur montre pendant une course apprécieront. En desserrant le bracelet, j’ai réussi à porter la montre en recharge au poignet ce qui était impossible avec le système de l’Ambit.

La petite prise magnétique pour le cable USB. Très pratique.

En revanche, s’il y a bien quelque chose qui n’a pas changé c’est bien la ceinture cardio Smart Sensor. D’ailleurs, j’ai fait tout le test avec la mienne. Du coup, si je ne revends pas mon Ambit 3 Peak, je pourrais me passer d’une option HR et gagner quelques dizaines d’euros.

Une ergonomie en couleur et tactile

Parmi les évolutions matérielles qui ont servi à vendre ce modèle, comme pour faire oublier l’absence de certaines fonctionnalités, l’écran couleur tactile est souvent mis en avant. Rien à dire sur la lisibilité. Le rétro-éclairage a 3 niveaux possibles : aucun, veille et éclairé. Le dernier mode, le plus lumineux, est déclenché par une action sur la montre via les boutons ou le tactile en mode « automatique » ou par touché de 2 doigts en mode « interrupteur ». Pendant un entrainement, il suffit de toucher l’écran pour qu’il s’éclaire. M’entrainant beaucoup la nuit, je suis plus que sensible à cette facilité.
Le mode veille permet d’avoir une luminescence minimale, même sans toucher la montre. Cela me rappelle un peu les cadrans phosphorescents des montres de mon enfance. C’est suffisant dans la plupart des cas. Et bien sur, en l’absence de tout mouvement, l’écran s’éteint.

Rétro-éclairage plein

Rétro-éclairage en mode veille

Les données sur les écrans d’entrainements, y compris le nouvel affichage à 7 champs ou les tableaux d’intervalles, sont toujours bien lisibles. Il faut dire qu’avec sa résolution de 320×300 pour un diamètre de 35 mm, on a surement un des écrans les plus grands du marché.

Même les écrans très fournis comme les tableaux d’intervalles restent lisibles.

Pour ce qui est de la navigation tactile, il n’est pas toujours évident de savoir quel geste utiliser. Par exemple, pour revenir à l’heure, à partir du premier niveau de menu, selon les écrans ce sera un double tap, ou un balayage à gauche. Mais dans l’ensemble l’écran tactile est plutôt réactif et agréable. Et il est surtout débrayable pendant les entrainements pour éviter les manipulations involontaires malheureuses. Cela m’est arrivé par simple frottement de ma veste. Dans le même ordre d’idée, vous pouvez verrouiller les boutons en dehors de la navigation entre les écrans. Sur l’Ambit, la trop grande souplesse des boutons m’avait occasionné quelques désagréments, comme un pause du chrono au milieu d’une course. Les boutons de la Spartan sont meilleurs.

Quant à l’affichage en mode montre, Suunto propose un choix de plusieurs formes, « watchface » en bon français. On est loin de l’équivalent proposé sous forme d’une pléthore d’applications chez Garmin. Mais cela reste du gadget. Et les affichages en aiguille permettent au moins de faire moins « montre à quartz des années 80 ».

Certaines informations, comme le tracking de l’activité quotidienne en nombre de pas ou l’altitude, sont accessibles par simple touché de l’écran « mode montre » ou appui sur le bouton central.

Pour rattraper la concurrence, Suunto se devait de proposer un écran couleur et il faut bien admettre qu’ils s’en sortent très bien. Le fait qu’il soit tactile, ce qui n’est pas le cas des équivalents haut de gamme chez les autres constructeurs, est un plus sympa et réussi.

Côté design

L’horrible antenne GPS mastoc de l’Ambit a disparu. Même avec un écran XL, cela n’a pas donné une montre trop grosse pour autant. En plus, elle est également plus légère que l’Ambit 3 Peak. Ajoutons la généralisation du bracelet silicone héritée de la précédente version Sapphire et nous avons là une montre très agréable à porter.

En parlant de verre inrayable Sapphire, tous les modèles Ultra en sont pourvus, ce n’est plus une option. En même temps, cela se voit sur le prix de toute la gamme.

En dehors de la montre, nous avons bien sur, la traditionnelle ceinture cardio-fréquencemètre de cette version dite HR. D’après ce que l’on m’a dit sur des stands Suunto, le cardio au poignet n’est pas prévu pour le moment sur les version Ultra. On considèrerait, chez les finlandais, que la technologie n’est pas encore assez mure et précise pour du haut de gamme. Dommage. N’ayant pas de grosses exigences en la matière et ayant beaucoup apprécié les Garmin qui en sont pourvues, j’aurais aimé me passer enfin de la ceinture Smart Sensor, qui d’ailleurs n’a jamais été un modèle de solidité. J’ai changé 4 fois la ceinture élastique en 3 ans.

Aucun doute qu’il s’agisse là d’une montre qui, sur les aspects purement matériels, respecte les exigences du haut de gamme : belle, solide, confortable. Mais on n’est pas chez Rolex et on veut voir ce qu’elle a dans le ventre pour nos pratiques sportives.

Comme de coutumes, je vous propose, non pas un panorama exhaustif des fonctions, mais une vision vraiment basée sur mes usages réels : entrainement fractionné, suivi de trace GPS en sortie longue ou rando, paramétrage des écrans pour les différentes pratiques et suivi statistique de mon entrainement. Essentiellement en running et trail running même si j’ai pu tester en vélo, avec un capteur de vitesse et cadence, et en natation en bassin.

Movescount : le logiciel compagnon

Pour ceux qui ne seraient pas familier de Suunto, la partie logicielle passe par l’application Movescount dans sa version Web ou sa version pour smartphone. Si l’application est la même que pour les montres de sa gamme Ambit, un certain nombre de fonctionnalités diffère entre les deux.

En fin de séance, vous enregistrez celle-ci, un « Move » dans la terminologie Suunto, dans votre compte Movescount via le cable USB et l’application Suuntolink sur un ordinateur, ou via l’application mobile et une connexion Bluetooth.  Vos données sont donc stockés « dans le cloud ». Vous pouvez également paramétrer un lien automatique pour que vos Moves soit envoyés sur votre compte Strava, celui-ci tendant à devenir le standard des réseaux sociaux pour les sports d’endurance (cf. mon article sur le sujet).

Une fois importées vos séances, vous pouvez consulter toutes sortes de courbes et de statistiques sur le web ou l’appli mobile. Movescount est assez complet sur le sujet : allure, altitude, fréquence cardiaque, calories … Tout pour analyser votre séance.

Analyse de vos séances sur Movescount version web

En version mobile

Outre vos statistiques, Movescount web permet également de

  • Planifier des séances. Vous trouvez également des plans d’entrainement tout fait partagés par la communauté.
  • Rechercher, consulter, importer ou créer des traces GPS à suivre en mode Navigation.
  • Accéder au paramétrages de la montre et en particulier des modes sportifs dont je vous parle plus bas.
  • Suivre les données de vos activités quotidiennes enregistrées avec la fonction « tracker ».

La plateforme est très complète et loin de moi l’idée d’en faire le tour. D’autant que je n’utilise que les fonctions dont je parle ici : synchronisation de mes moves, statistiques et récupération ou création d’itinéraires.

L’application mobile permet d’accéder aux stats.de Moves ou d’activité quotidienne et de consulter une « carte de chaleur » vous montrant les endroits où les utilisateurs de Suunto ont le plus couru.

Elle permet un paramétrage de base mais pas de modifier les modes sportifs comme cela était possible sur l’Ambit 3.

Une carte de chaleur permet de voir les endroits ou la communauté court le plus.

Les statistiques sont également partiellement accessibles directement dans le Journal de la montre.

Stats de vos séances dans le Journal.

En mode sportif

Concrètement un mode sportif est un type d’activité auquel on associe des écrans spécifiques. La Spartan dispose d’une liste impressionnante de type de sport. Je n’y ai malheureusement pas trouvé le Curling mais le Hockey y est. Plus sérieusement, je n’utilise ma montre « que » pour la course, le trail running, la randonnée, le vélo, la natation et l’entrainement en salle.

Mais tout ce qui peut avoir un interêt à être suivi par un GPS, un cardio-fréquencemètre, un altimètre, une boussole, un baromètre, un accéléromètre ou tout simplement un chronomètre peut être suivi par la Spartan. Rien de nouveau pour les habitués des Ambit ou d’autres montres de cette gamme dans d’’autres marques.

La Spartan sort d’usine avec des modes pré-paramétrés que vous ne pouvez pas modifier. L’avantage étant que vous n’avez pas à penser. Vous allumez votre montre, elle est prête pour une première sortie sans noeud au cerveau.

Il y a un petit inconvénient, qui j’espère disparaitra avec les futures mises à jour : certains écrans ne sont disponibles que dans les modes fixes. Et ces écrans, surtout ceux que l’on pouvait utiliser à loisir dans l’Ambit 3, peuvent manquer dans nos modes personnalisés.

Je m’explique. Le mode « Trail Running – Montagne » possède un superbe écran graphique de suivi du dénivelé.J’aimerais avoir cet écran sur mon mode personnalisés pour les courses. Ce n’est pas encore possible.

Le suivi de l’altitude en mode montagne

Quand vous créez un mode sportif personnalisé, vous pouvez choisir la forme et le contenu de 3 écrans maximum. Certains modes fixes en ont au moins 6. Et les modes utilisant le GPS ont un écran « navigation » en plus.
Moins de liberté qu’avec l’Ambit certes mais c’est largement suffisant.

Les différents types d’écrans à personnaliser

Au niveau du contenu des données, la liste est complète. Outre les classiques allures/vitesses, distance , dénivelé, altitude, chrono ou cardio, citons la cadence, la température, les calories consommées, la puissance ou encore la vitesse verticale. Liste loin d’être exhaustive. Je n’ai pas vu une donnée présente sur l’Ambit qui serait absente sur la Suunto.

Il est par contre totalement inutile d’utiliser un champ pour afficher le niveau de batterie ou l’heure du jour. Un simple touché sur l’écran pendant vos entrainements vous les affiche. Une excellente idée à l’usage.

Les écrans peuvent contenir jusqu’à 7 champs ou un affichage à 2 ou 3 colonnes pour suivre vos « tours » (lap).  Il faut ajouter 2 types écrans dédiés spécifiques à l’entrainement par intervalle. Mais j’y reviendrai.

Le jour où, à l’instar de l’Ambit, il sera possible d’utiliser un affichage par graphique sur n’importe quelle donnée, la Spartan sera complète. Mais honnêtement, rien ne manque pour s’entrainer sérieusement. Et à l’usage, je préfère limiter le nombre d’écran et de données pendant que je cours.

Outre les écrans, chaque mode sportif possède des paramètres pratiques comme l’option auto-stop (arrêt du chrono quand la vitesse est à 0) et l’auto-lap (on marque un tour tous les km ou toutes les 5 mn par exemple).

Autonomie

D’autres paramètres permettent des économies d’énergie : couleurs, précision GPS, intervalle d’enregistrement GPS. Un petit nombre de ces paramètres est accessible directement dans les options sur la montre. Dans Movescount, on peut voir les différentes précisions GPS qui influe directement sur l’autonomie de la montre en activité. Un point très important pour les traileurs. Et là, il est clair que l’on paie surement un peu l’écran couleur et certaines fonctionnalités enrichies. Les 3 modes meilleure, bonne et OK correspondant sur une Ambit 3 Peak à respectivement 20h, 30h et 200h. Le dernier mode n’étant pas très adapté au trail mais plutôt à la randonnée.

Sur la Spartan Ultra, on passe à 18h/26h et 65h. Et aucune mise à jour n’a changé cela depuis un an. Certains ultra-traileurs pourront trouver cela gênant. Personnellement, je ne saurais dire, n’ayant jamais dépassé 15h de course. Je n’ai d’aillleurs, année de course râtée oblige, pu tester plus de 9h de course pour le moment, en mode « meilleur » donc. Et il me restait environ 40% de batterie en fin de course.

Parlons altimètre et GPS

Le sujet de la qualité du GPS et du réglage de l’altimètre barométrique a occupé beaucoup de communauté de Suuntophiles sur internet. Je vais donc prendre des gants et dire que j’ai essayé de me faire un avis le plus honnête possible avec mes moyens. Ceci ne saurait constituer un test ultime à la rigueur scientifique. J’ai essayé de répondre à la question : « en fonction de mes exigences d’amateur éclairé, près à débourser une grosse somme pour cette belle montre, puis-je lui faire confiance pour mesurer au mieux les données utiles pendant un trail ? ».

Je suis donc parti sur la Marathon Race, avec à gauche la Spartan Ultra et à droite l’Ambit 3 Peak. Malheureusement, j’ai eu un pépin avec l’Ambit sur la fin de la course (arrêt de la montre par appui intempestif sur un bouton que j’avais oublié de verrouiller). Je n’aurais pas les totaux sur cette montre. Ce n’est pas très grave dans la mesure ce n’est pas elle que je teste et que j’ai maintes fois eu l’occasion d’éprouver ma confiance en cet outil d’une fiabilité exemplaire.  Malgré ce petit problème, j’ai plus de 30 km de données à comparer.

J’utilise pour cela le site http://www.mygpsfiles.com/.

La trace officielle donne 40,7 km pour 2635 m de dénivelé positif avec un maximum d’altitude à 1674m. Le Spartan Ultra me donne  41,4 km pour 2650 et un maximum à 1616m. Pour info, l’Ambit me donne un maximum à 1663m sur le même point.

Altitude : En rose la trace officielle, en bleu la Spartan Ultra, en orange l’Ambit 3 Peak.

On voit clairement que les courbes d’altitude entre l’officielle et l’Ambit sont superposables. La Spartan est en retrait. J’ai bien sur pris la précaution d’étalonner les deux montres sur le même point d’altitude avant la course mais depuis le chalet en altitude ou je séjournais. Peut-être aurais-je du étalonner au départ de la course où on constate déjà un décalage.

Vue la précision à laquelle on est en droit de s’attendre d’outils non scientifiques, je pense que je peux largement m’en contenter. On est loin des catastrophes que certains amis early adopter de la Spartan m’ont montré, il y a quelques mois, en matière de dénivelé.

J’ai également, lors de la course des partenaires de l’Eco Trail, utilsé la Spartan pour monter au 1er étage de la Tour Eiffel. Il me trouve un D+ de 54m contre 57 pour le chiffre officiel.

ATTENTION : Dans les paramètres des modes sportifs , on peut choisir le mode d’utilisation du baromètre : en baromètre classique, en altimètre barométrique ou automatique. Certains problèmes ont conduit Suunto a recommander d’éviter le mode automatique.

Dans les Vosges, au col du Hohneck. Pas si mal finalement.

Passons au GPS. Lors de la Marathon Race, il faisait grand beau donc point de nuage pour gêner les mesures. Et les deux montres ne se démarquent pas vraiment en terme de justesse. Elles mesurent à quelques mètres près le même point. Encore une fois, nous avons une précision et une justesse suffisante pour l’utilisation en sport outdoor.

GPS en montée et en forêt : En rose la trace officielle, en bleu la Spartan Ultra, en orange l’Ambit 3 Peak

GPS en descente en forêt : en bleu la Spartan Ultra, en orange l’Ambit 3 Peak avec le chemin cartographié en blanc.

Bien sur, il est des personnes qui trouveront à redire sur le fait que la précision du GPS va influer sur la mesure de la vitesse instantanée dans leurs entrainements classiques. Mais n’ayant jamais cru en cette donnée sur les montres vendus à notre usage et raisonnant plutôt vitesse moyenne sur le dernier km, on va dire que je ne participerai pas à ce débat. En tout cas, si je n’ai pas encore réussi à aligner les deux avec l’altimètre, au niveau GPS rien ne démarque l’Ambit 3 Peak des dernières mises à jour de la Spartan Ultra.

En passant, la détection du GPS, ce que l’on appelle le « fix », est toujours aussi rapide chez Suunto. A condition de ne pas avoir laissé passer une semaine pour faire une synchronisation de l’éphémérides, la table des positions de satellites, avec l’application mobile. Cela ne change pas.

Entrainement fractionné

Ne me demandez pas pourquoi mais Suunto préfère parler d’entrainement par intervalles que de fractionné. Pour moi c’était pareil.

Les possesseurs de la série Ambit avaient attendu longtemps un équivalent de l’éditeur d’entraînement que l’on trouve chez leur principal concurrent, Garmin. Avec la série Ambit 3 et le Bluetooth, Suunto fournissait un « planificateur d’entrainement » (Workout planner, voir mon tuto sur le sujet) uniquement sur l’application mobile. Celui-ci permettait de programmer des entrainements un peu complexes. Avant cela, Suunto ne proposait que la possibilité de programmer des applications pour les geeks et un outil simple appelé de « compteur d’intervalles ». Ce dernier permettait de programmer depuis le site Movescount des série simples du type 10 x (1 minute rapide, 30 secondes récupération). Sans pouvoir spécifier une cible (exemple : vitesse des intervalles, fréquence cardiaque, puissance en vélo ..) C’est un peu l’évolution de ce dernier qui est dans la Spartan.

Donc ne vous attendez pas pour le moment à trouver une compatibilité avec le workout planner de l’Ambit 3. Exit donc les série de type pyramides 3000/2000/1000m avec pour chacune un contrôle de allure correspondant à un pourcentage de votre VMA.

Ceci dit, pour un traileur comme moi, le fractionné va souvent se résumer à ce que l’on appelle du 30/30. Des séries simples. Et si je dois en faire 2x10x(30s/30s), et bien je programme une série de 10 répétitions de 30/30 et je la relance 2 fois. A noter que vous pouvez spécifié les intervalles soit en durée, soit en distance. Et puis c’est tout.

Y’a plus qu’à …

Là où on a quand même une belle amélioration, en dehors du vibreur qui indique chaque changement d’intervalle, c’est que l’on peut définir la série directement sur la montre, dans les options du mode sportif. Et que l’on peut spécialiser un écran pour le suivi d’un intervalle (3 champs ou 7 champs). Quand vous êtes dans un intervalle, celui ci affiche en plus le numéro de l’intervalle par rapport au total programmé.

Au niveau facilité d’utilisation, Suunto a fait d’immense progrès. Il n’y a plus qu’à espérer que dans leur feuille de route produit, ils prévoient l’équivalent du « Workout planner » pour la série Spartan.

Qui dit montre spécialisée dans l’outdoor dit outil de navigation. Suunto est quand même réputé pour cela. Bien sur, outre le GPS, la boussole, le baromètre et l’altimètre barométrique sont présents sur le modèle Ultra. Sans oublier le thermomètre. Les algorithmes maison de correction de la vitesse et de l’altitude sont toujours là. Le premier, FusedSpeed, mélange mesure GPS et cadence des mouvements du poignet pour une plus grande rapidité de prise en compte des changements d’allure. Le deuxième, FusedAlti, mélange mesure de l’altimètre et points GPS. Ces deux technologies sont largement éprouvées chez Suunto.

Outre leur utilisation pour suivre vos sorties, tous ces outils servent à suivre une trace, un itinéraire chez Suunto, ou se positionner par rapport à un point d’intérêt (POI). Vous pouvez enregistrez des P.O.I., comme par exemple la position de votre voiture, depuis la montre. Pour les itinéraires, en revanche, il faut passer par le site Movescount. Vous trouverez un éditeur complet pour construire vos propres itinéraires sur des cartes. Vous avez aussi accès aux itinéraires partagés par la communauté Movescount. Et vous avez la possibilité d’importer des traces au format GPX récupérées d’autres sites comme openrunner.com ou tracedetrail.fr.

On trouve toute sorte d’itinéraire « trail running » dans la base de Movescount.

Une fois que vous avez déclaré vouloir votre itinéraires dans la montre, il est téléchargé à la prochaine synchronisation. Vous pouvez, dans n’importe quel mode sportif, activer la navigation selon un itinéraire ou vers un POI. Vous pouvez également naviguer en dehors d’une séance enregistrée. Les écrans de suivi, vue proche ou zoom, sont toujours lisibles et la couleur apporte beaucoup par rapport à l’Ambit. On passe de l’un à l’autre en tapant sur l’écran. Il y a également, comme sur l’Ambit, un écran qui vous donne le tracé d’altitude en vous indiquant celui de l’itinéraire et combien il vous reste en dénivelé positif ou négatif.

Navigation sur un itinéraire : vue zoomée

Vue d’ensemble d’un itinéraire

Suivi du profil d’altitude avec indication du D+/D- restant.

Enfin, même sans activer de suivi de navigation, vous disposez de votre tracé en mode « petit poucet » sur un écran avec la possibilité de revenir à votre point de départ.

Petit poucet peut toujours retrouver son chemin.

Globalement, la navigation GPS fonctionne exactement de la même façon que pour les dernières mises à jour de l’Ambit 3 Peak (voir mon test de l’époque), mais en couleur.

Suivi de l’activité

Depuis quelques années, les montres de sport ont toutes intégré le suivi de l’activité quotidienne, le « tracking » en bon français, via leur accéléromètre qui sert à compter les pas. J’ai déjà dit maintes fois que cela me permettait de prendre conscience de ma relative oisiveté les jours où je ne m’entraine pas. Même si ceux si se font rare.

Suunto avait déjà implémenté cette fonction sur les Ambit mais de façon sommaire et sans réel suivi sur le site Movescount. Dans la Spartan, vous avez quelques écrans de statistiques directement sur la montre ainsi des alertes quand vous dépassez votre objectif journalier. Et Movescount propose enfin ses statistiques d’activité. Il ne manque que le suivi du sommeil (prévu pour mi-octobre 2017).

Natation et vélo

A ce que j’ai pu constater, l’utilisation en vélo avec un capteur de cadence et de vitesse n’a rien de particulier par rapport aux précédentes versions. Cela fonctionne bien avec mon capteur Bluetooth (de marque Tomtom).

Idem pour la natation en piscine intérieure. Les modes natation des montres utilisent l’accéléromètre pour détecter les mouvements du bras, pour à la fois estimer le nombre de mouvement, la vitesse et détecter les demi-tours afin de compter les longueurs de bassin. On ne répètera jamais assez qu’il faut avoir un mouvement régulier pour que cela soit fiable. tout mouvement intempestif peut être mal interprété.

Etant blessé à l’épaule, je n’ai testé que sur une séance, un 2000m en crawl, dans une piscine parisienne donc bondée. Résultats, il ne m’a oublié que 2 longueurs sur 80. Pas si mal , compte tenu de la façon irrégulière dont j’ai nagé. Vous pouvez également utiliser la ceinture cardio Smart Sensor qui va garder toute les mesures cardio en mémoire jusqu’à ce que vous sortirez de l’eau et permettez à la connexion bluetooth de synchroniser avec la montre. Comme on m’a maintes fois posé la question, non vous ne pouvez pas lire votre fréquence cardiaque dans l’eau. Le Bluetooth a besoin d’air libre.

Là encore, je vous renvoie mot pour mot à mon test de l’Ambit 3. Mais les problèmes cités à l’époque n’existent plus vraiment. La Spartan gérant les transitions, elle est tout à fait adaptée à la pratique du triathlon même si je ne saurais en dire plus sur le sujet.

Utilitaires ou gadgets ?

Outre le journal pour consulter le détail de ses sessions une par une et outre le suivi d’activité quotidienne, la Spartan propose des écrans de statistiques sur les 30 derniers jours.

Stats des 30 deniers jours.

Vous avez également accès à un écran d’estimation du temps de récupération restant en fonction de votre activité et à deux écrans appelé « outdoor » qui vous montre les courbes d’altitude ou de pression atmosphérique relevées en permanence, même hors entrainement.

Altitude ou pression

La montre propose également aussi de relayer les notifications de votre smartphone. Avec un affichage complet du message. Celui-ci étant furtif mieux vaut ne pas louper son affichage. Cela reste un gadget que tout le monde met pour faire « smart watch ». Personnellement, ça m’ennuie vite. Ne parlons même pas de la possibilité de décrocher un appel. Je n’ai pas encore compris à quoi cela servait dans la mesure où l’on doit attraper vite son téléphone pour parler dans le micro.

Pour être complet au chapitre des gadgets, en fin de séance, un mode sportif peut vous demander votre humeur via le choix d’un smiley. Mouais !!!

Conclusion

La Spartan Ultra, et plus généralement toute la gamme, est sans aucun doute une réussite au niveau design. L’écran couleur et le vibreur mettent enfin Suunto au niveau de ses concurrents. L’ergonomie a aussi été pensée pour le meilleur et quelques bonnes idées viennent accentuer l’attachement que l’on a à l’utiliser, aussi bien pour le sport que comme montre de tous les jours/tracker d’activité. Enfin ne négligeons pas l’offre en matière de finition. Entre les modèles noir, blanc, titanium, or ou cuivré, il y en a pour tous les gouts.

Bien sur, certaines fonctions que l’on appréciait sur la série Ambit ne sont pas encore là. Mais rien qui n’empêche d’en faire un partenaire sérieux pour tous ses entrainements et ses sorties outdoor. Sceptique au départ, je dois bien avouer que j’ai du mal à revenir à mon Ambit 3 Peak après tous ces mois sur la Spartan. Reste le prix qui la positionne plutôt comme une des plus chères du marché, même si, un an après sa sortie, les premiers modèles restent comparables à ce que l’on a pu payer les précédentes versions.

Les plus

  • L’écran couleur tactile est plutôt réactif.
  • Le vibreur ENFIN !!!
  • Le design sobre mais plus élégant que l’Ambit.
  • La pince magnétique du cable USB très pratique.
  • La lisibilité exemplaire de l’écran quelle que soit la luminosité grâce à sa taille, sa résolution et son rétro-éclairage adaptatif.
  • Le confort du bracelet en silicone et le poids allégé (77g) par rapport aux anciens modèles.
  • La navigation dans les menus est intuitive.
  • L’entrainement par intervalles : un outil simple, voire simpliste, mais très bien pensé.
  • La possibilité de paramétrer les intervalles dans la montre sans passer par l’application smartphone ou le site Movescount.
  • L’écran de suivi d’un intervalle personnalisable.
  • L’affichage de l’heure du jour et de la charge batterie par simple touché de l’écran pendant un entrainement. Plus besoin de mettre ces données dans un écran personnalisé.
  • La possibilité de décrocher un appel de son téléphone depuis la montre.
  • Suivi de l’activité quotidienne hors entrainement dans la montre et dans Movescount.

Points partagés avec l’Ambit 3 Peak

  • Rapidité de détection du GPS.
  • Précision du GPS.
  • Affichage de graphique en temps réel (cardio, altitude).
  • Bien équipée pour la montagne et l’outdoor : baromètre, altimètre, boussole et thermomètre.
  • Navigation selon une trace ou vers un P.O.I. avec suivi du profil altimétrique.
  • Affichage des notifications du smartphones.
  • Calcul du temps de récupération optimal.
  • Mode multisports.
  • Couplage de tous les capteurs possibles (y compris le capteur de puissance pour runners Stryd).

Les moins

  • Loin d’être à la portée de toutes les bourses.
  • Pas d’option cardio-fréquence-mètre optique au poignet comme dans la version milieu de gamme Sport.

Les plus gros manque par rapport à l’Ambit  3

(sur la version 1.9 36 du logiciel de la Spartan)

  • Pas de planificateur d’entrainement fractionné sophistiqué.
  • Autonomie réduite.
  • Pas d’applications et de store.
  • Certains types d’écrans ne sont pas utilisables dans les modes sportifs personnalisés (ex : graphique d’altitude ou de cardio …) mais uniquement dans les standards non modifiables.
  • Ou est passé mon « compte à rebours » pour faire la cuisine ?

La gamme Suunto Spartan est disponible chez notre partenaire d’affiliation i-run.fr.

One Comment on “[Test] Suunto Spartan Ultra

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Strava de J.G.