[Récit] Le Lozère Trail 2015, une première vraie expérience trail pour notre pote Loï

Note de JG : ce trail est certainement une de nos courses préférées. Et pas seulement parce que c’est là, sur le 14 km, qu’Anne-Claire et moi, avons découvert la discipline. Nous y sommes tombés amoureux de la course en nature comme de la région, ses paysages, ses villages et l’accueil de ses habitants.  Cela fait deux ans que nous « ambiançons » des amis pour y débarquer en groupe. Cette année nous étions près de 20 personnes dans la tribu francilienne. Certains étaient des récidivistes. Cette année, AC et moi étions sur le nouveau 52km, 2300 mD+, remplaçant le 45km que j’avais fait l’annee dernière, avec une team de 6 urban runners. Un de nos amis d’Urban Running, le charismatique et fédérateur Loï, découvrait à son tour, sur l’exigeant 25 km, ce que trail running voulait vraiment dire et une région inégalable. Il avait envie de coucher ses sensations par écrit, j’ai eu naturellement envie de publier son récit sur ce blog.

Le Lozère Trail,le Lozère Trail…

Voici un an que j’entends cette litanie comme une incantation maléfique. « Tu verras c’est super ! ». Ca pique! Après le ravito du 16ème km. Mais le paysage est magnifique. Tu vas Kiffer !!!

A entendre ceux qui l’ont déjà fait, surtout le JG (Note d’Endormofun : c’est moi)  que, sous ses airs de sage de la course à pied, je soupçonne d’être un gros bourricot, le Lozère Trail est magnifique. Et magnifique, il le fut.

Il y a un an encore, je sortais de mon premier marathon, pensant que ce serait le premier et le dernier, me voilà encore à préparer des courses.

Avec Loï, la guitare n'est jamais loin.

Avec Loï, la guitare n’est jamais loin.

Aligot …go go !!!

Nous arrivons, ce samedi de week-end de Pentecôte, à la ferme auberge qui jouxte Zackary Tipis, le camp où la tribu d’Urban Running et ses amis vont loger … dans des tipis, comme son nom l’indique. La saucisse et l’aligot sont à tomber par terre. Le week-end commence très bien. Le Trail c’est donc pour les gros mangeurs ? On peut s’envoyer de la bouffe à profusion ? Me serais-je trompé sur ce sport ?

Le retrait des dossards se fait dans une bonne ambiance. Le village de Chanac, avec son donjon du 12 siècle, est visible de loin. Pas une seule rue plate… ça  annonce la couleur.

Le retrait effectué, le passage rituel au stand pour verser notre offrande au dieu de la consommation fait, nous repartons chargés, avec notre équipement pour la prochaine course. La bigorexie n’est pas loin… 🙂

11295565_10153380535243707_6616130176329919299_n-2

Au Lozère Trail, les t-shirts sont toujours au top mais cette année, ils nous ont encore surpris.

 

Les enfants aussi

Mon petit Quentin, ayant senti l’ambiance de la course veut lui aussi faire « son marathon ». Sitôt dit, sitôt fait. Le voilà donc prêt pour un Run de 400 m. (L’anglais dans le langage des coureurs ajoute un brin de « staïle » afin de magnifier les performances ridicules 🙂 )

C’est sa deuxième course et il commence a apprécier ça … Sommes nous sur le bon chemin de parents responsables ?

Quant à Anne-Lou et Violette la cadette d’Estelle et Richard, leur course de 1,2 km est un peu plus engagée. Après le 400 m des petits, la suite est difficile : une partie dans le champs vallonné place vite ma petite Anne-Lou devant un terrain inconnu : la pente. Pas sur que le trail soit pour elle. La gestion de la course est un peu plus compliquée. L’arrivée en pleur, le cardio étant trop fortement sollicité, il faut un peu la consoler pour faire passer l’émotion. Pas sur que, sur le coup, elle m’ait remercié de l’encourager 😉 Violette elle est plus que « généreuse ». Partie comme une flèche, elle finit à fond. Comme si la ligne d´arrivée n’était pas assez visible, elle en repeint une partie, pour bien marquer l’entrée du tapis rouge. Il faut dire qu’avec une Estelle aussi assidue et un Richard un peu beaucoup au taquet, comme parents, ça présage de bonne performances.

Côté adultes, la veille est plus que sage, pasta party au camp de base, dans nos tipis de luxe. La soirée est surtout arrosée de Quézac pour le sieur JG ! :=) Rejoints par une joyeuse bande de djeuns’ débordants d’énergie, le feu de camp du soir présage déjà de l’after. Laurent, grand maitre du barbecue est notre nutritionniste pour le WE : saucisses, travers de porc, poulet, patates et … patates. Le tout accompagné de boissons de récup’ chargées en polyphénols rouge et rosé. La récupération va être au top.

10407836_10153378730191450_6866150172967240712_n

C’est parti

Le départ des épreuves de 14 et 25 km se fait depuis Chanac, pour nous, les novices et les raisonnables. Les forçats du trail, ayant décider de rendre des comptes à leur corps sur 52 km, sont transférés très tôt le matin vers le village de Sainte-Enimie.

Le top est donné. Nous nous élançons vers la première des deux grosses bosses du parcours . Avez-vous déjà vu l’encéphalogramme d’un schizophrène ? Le profil d’une course de trail y ressemble fortement. On vous parle de 1060m D+ sur deux bosses. Pour le connaisseurs, une bosse, en Lozère, c’est entre 500 et 700 m de dénivelé positif. Comprenez par là que si vous êtes un habitué des 25 bosses à Fontainebleau, ça va vous faire tout drôle. Ils n’ont pas la même définition que nous du mot « bosse » dans le coin.

Après un départ assez sage, nous « courons » à 5km/h sur sentier, dans le sous bois, avant de rejoindre un chemin nous menant vers le haut. Avec une bande de joyeux drilles : les amis de madame Endomorfun, Louisiane, Marion, Morgane, Arnaud, Selim et les urban runners Sabria et Marc, mon compagnon de crampe. Je dois dire que la première partie du parcours est relativement facile. Merci aux coachs d’Urban Running pour la préparation.

La bande du 25 km (Photos A.Hallier)

La bande du 25 km
(Photos A.Hallier)

La Lozère, ça n’est pas plat mon bon monsieur

Le parcours est varié, les sentiers escarpés. Certaines descentes nous obligent à attraper à pleine mains des arbustes avec des épines pour nous tenir. Tu as déjà foutu deux doigts dans une prise de courant ? Ca fait le même effet, mais avec les épines en plus.

Ce qui est bien avec ce type de course, c’est que ton effort, est récompensé par une nature et un environnement apaisant, la vue panoramique, les odeurs des sous bois. Ce festin de couleurs et de fleurs occupent ton esprit et te fait oublier la dureté réelle de l’épreuve.

Une fois au 16ème km, juste avant la dernière bosse, pas moins de 4km en montée, le ravitaillement, au Coca et autres chips et saucisson, est plus que bienvenu. La pause de 5 mn est fatale pour moi. Trop long, trop mangé, en pleine digestion. La dernière côte me sèche direct.

20304_362963523912904_1321449189043330571_n

Dans le dur

Arrivé à peine à la moitié, Louisiane (oui, comme l’état américain) nous demande comment faire pour faire passer sa douleur lombaire ? « Le secret ? lui dis-je : Tais toi et marche …! ». Cette phrase m’est d’ailleurs plutôt destinée. J’ai les mêmes douleurs qu’elle (note d’endomorfun : c’est pour ça que j’apprécie les bâtons sur le long). 100 m plus loin, mon cardio commence à s’affoler. Marc est en mode Saint-Bernard et garde un œil sur nous depuis le début. Sabria , avec une cheville en vrac, est aussi en souffrance. Le silence morbide qui suit la montée est bref mais très pernicieux.

Marc en mode St-Bernard

Marc en mode St-Bernard

Je suis éteint. Nada, plus rien, comme si la prise était débranchée. Même la Suunto s’arrête à ce moment, comme si elle ne voulait pas enregistrer cette montée pathétique : en dessous d’une certaine lenteur, il y a un mode « pas foutre la honte au proprio »… (note geek d’endormofun : Attention, chez Suunto, ne pas oublier d’enlever la pause automatique, sinon en dessous de 4 km/h elle te croit à l’arrêt).

Marion, Madame Patate (Moe Baxter du blog BD « Le lundi, des patates ») et Louisiane sont maintenant hors de vue. Mes crampes commencent à envoyer des sms pour me rappeler à leur bon souvenir. Marco, a.k.a. « Sporténine Man », me sauve la vie : la pilule de sporténine qu’il me donne, je la prends comme une hostie.

Sabria, dans le même temps, avec son entorse à la cheville (tiens , j’ai tellement mal que je ne sens mêmes plus la mienne ?) a trouvé un bâton de pèlerin improvisé pour gravir les derniers dodecamètres. Le tableau ne doit pas être beau à voir.10 min plus tard, l’effet de la sporténine se fait sentir. Je retrouve un peu de lucidité, les piles sont rechargées, je commence à me remettre en marche et courir sur les premières descentes qui s’annoncent. Note pour moi même : « y’a bon Sportenine aux prochaines courses » 🙂

Le traileur confirmé, un homme mouflon ?

Je ne les ai pas remarqué avant mais il y a, avec nous, deux gars, affutés comme des couteaux suisses, qui ne cessent de monter et descendre autour de nous. Sur le moment, je pense que les gens qui font l’ultra nous ont rattrapé. C’est con, j’apprendrais plus tard que les premiers sont déjà arrivés ;). (Note d’Endormofun : surtout ils ne sont pas du tout dans ce coin 🙂).

Tels des anges gardiens, ils nous observent  pour déceler le moindre signe de défaillance. Et, semblables à des mouflons, à chaque fois que l’on arrive à leur niveau, ils démarrent aussi sec dans la pente puis, en deux temps trois mouvements, disparaissent jusqu’à la prochaine bosse .

Les descentes sont de plus en plus pentues. L’énergie revenant, la fin du parcours est super sympa.

Nous avons même rejoint Lousiane et Madame Patate à la grotte, pour une dernière série d’étirements avant la grande descente. Marc et moi avons clairement accéléré le pas. Je suis vite dépassé par un des deux mouflons et un Marco qui voulait se défouler depuis 4 heures qu’il ronge ses freins… La descente à fond est fatale pour moi.

Petits étirements

Petits étirements

Et c’est le drame !!!

Tel Waze , les petits signes qui jalonnent mon parcours depuis de début, et comme rentrant dans une zone de contrôle, arrivé en bas de la route, à une bifurcation où les bénévoles sont postés pour nous diriger, une crampe au mollet gauche me stoppe net. Allongé par terre pour m’étirer. Aïe, aïe, pas dans ce sens, dans l’autre…

Madame patate passant à fond, ne me reconnait tout de suite. Elle s’arrête pour demander de mes nouvelles : « Vas-y, continue » lui dis-je. (note d’endomorfun : tu aurais du ajouter « laisse moi Joe,  je vais vous retarder, continuez la mission sans moi »)

Un des hommes-mouflons de l’organisation vient vers moi, m’aide à me relever, trop vite, la crampe revient aussi sec.

Je suis étiré et massé par un vrai cette fois-ci, tel notre coach Karim qui me dorlote à chaque fois que je me fais mal. Je me relève, je titube. « Plus que huit sang maî-treu… » J’adore cet accent. (Note d’Endomorfun : T’as intérêt, parce que des gens du sud-ouest, tu n’en as pas loin)

Ca sent l’écurie !!!

Je me remets à courir et rattrape les filles. Tiens, on se croirait à l’entrainement.

Je passe la ligne d’arrivée en courant et avec le sourire. Digne.

Ma chérie, qui a fini son premier trail de 14KM viens vers moi. Bravo ma petite femme, je suis fier de toi. Le soleil radieux, le sourire des bénévoles, la bière, la récup, le saucisson, le pain d’épice au fromage de brebis…. ils ont raison les Birot (note Endormofun : c’est nous) : ce traïlle est Magnifique.

(Photos Moe Baxters)

(Photos Moe Baxters) Zackary Tipis : super accueil, confort et fun inimitables

 

 

3 Comments on “[Récit] Le Lozère Trail 2015, une première vraie expérience trail pour notre pote Loï

  1. Beau compte rendu ! Bravo a tous !
    Ca donne presque envie puisqu’il y a un 14 km… Et avec moi Loi tu risque pas de manquer de Sporteine !!!!

  2. Les paysages sont supers ça donne envie. En plus j’adore l’aligot saucisse !

  3. Un plaisir à lire. J’ai bien ri (le coup des « bosses lozérienne » !).
    Merci d’avoir partagé ce moment.
    Un lozérien (d’adoption).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Strava de J.G.