GoPro et running : comment stabiliser les prises ?

Les petites caméras sont probablement les gadgets les plus en vue des geeks sportifs de ces dernières années. Le leader du marché, GoPro, est même en passe d’imposer sa marque comme dénomination générique.

Si ces caméras sont naturellement adaptées aux sports extrêmes, en particulier grâce à une panoplie très étendue et onéreuse de fixations en tout genre, pourquoi ne pas les utiliser pour filmer nos faits de gloire de course à pied, en mode immersif.

Restons modeste. Il n’y aucun intérêt à mettre en image une session sauf pour faire des photos ou des vidéos de l’environnement, du paysage ou de l’ambiance d’une course. Ou pour faire des vidéos d’illustration pour un blog dédié au running. Quelle bonne idée !!!

Etant déjà vidéaste amateur et n’ayant pas envie de trimballer ma Sony un peu lourde, fragile et pas du tout étanche , ni encore moins envie de filmer depuis l’iPhone, je ne résiste pas à une offre spéciale sur un site internet pour entrer dans le monde fabuleux de la GoPro et du marketing astucieux de cette marque. Et je démarre, par la même occasion, une nouvelle série d’articles.

Quelques centaines d’euros en moins plus tard, outre la caméra, son boitier et sa télécommande sans fil, je me retrouve avec moultes façons de fixer la merveille technologique sur mon VTT, un casque, la tête, la poitrine, ma guitare basse (pour faire comme dans Taratata) … Un passage sur Google m’amène à avoir de nombreux avis sur la meilleure façon de filmer quand on court. Le harnais sur la poitrine semble être ,de loin, la solution la moins plébisicitée. La faute aux mouvements latéraux du torse qui, couplés au rebond vertical, vont vite donner la nausée. Ce phénomène est atténué avec le bandeau de tête. Mais la plupart des coureurs préfère tenir la caméra à la main ou utiliser une perche téléscopique.

Je pars donc au Parc de Sceaux faire des essais lors de ma sortie longue hebdomadaire. Il fait beau. Le parcours mêle chemin plat et dur et sous-bois avec un peu de dénivelé. J’attaque ma première boucle de 5km avec le bandeau de tête. Au niveau du look, je ressemble à un savant fou. Je sens que l’on me regarde bizarrement. Dans un spot de course à pied aussi grand public, les gens n’ont pas encore l’habitude de ces fous qui se promènent avec un « appareil photo » sur la tête. J’ai mis mon maillot du semi-marathon de Paris comme pour dire « ne vous inquiétez pas je suis un coureur normal ». Je commence par vérifier la position de la caméra, via l’application iPhone connectée au wi-fi intégré de la Hero 3. Je vérifie l’horizontalité et l’axe de prise de vue aligné sur mon regard. Puis je passe sur la petite télécommande wi-fi de GoPro que j’ai dans la poche de mon short. Ca n’est pas une très bonne idée. Une fausse manipulation pendant ma première boucle va me faire accidentellement passer en mode « photo en rafale » au lieu de vidéo. Il me faut songer à la porter sur un bracelet comme une montre pour une bonne visualisation des boutons Shut et Mode.

Pour ma deuxième boucle, j’utilise le bandeau de tête enroulé autour de ma main pour tenir la caméra.

Le bandeau de tête en dragonne improvisée.

Le bandeau de tête en dragonne improvisée.

Il est évident que cette position permet de se filmer soi-même.  Je suis cependant un peu moins satisfait du résultat par rapport au bandeau sur la tête quand je tiens la caméra devant moi. C’est moins stable. Je pense qu’il faut que je retravaille ce mode avant d’en tirer de réelle conclusion. Je vais sérieusement envisager l’achat d’une perche. Le modèle Ushot de XSories semble faire l’unanimité en matière de qualité prix. Cela me donnera l’occasion d’un nouvel article.

Même si je préfère les prises avec l’option bandeau de tête, regarder ses images bondissantes est un peu fatiguant. Il existe des options de luxe pour stabiliser une prise, comme le fameux Steadycam des pros dont il existe une version dédiée aux GoPro. Mais outre le fait que cela coute 169 euros, le poids n’est surement pas négligeable. A essayer également.

En attendant, je vais m’intéresser à plus facile à trouver : des stabilisateurs logiciels en post-production.

Dans le principe, la stabilisation logicielle n’a rien de magique. On détermine un point fixe dans l’image et on suit ses mouvements intempestifs dus aux tremblements de la caméra. Il suffit ensuite de déplacer l’image de façon à ce que le point fixe dans la réalité soit fixe dans l’image vidéo. Bien sur pour éviter de voir passer les bords noir de la vidéo, on zoome. On perd donc les côtés. Cette analyse de suivi de points fixes, le tracking, peut utiliser des algorithmes complexes et prendre un temps de calcul non négligeable avant d’afficher le résultat de la stabilisation.

Utilisateur de Final Cut Pro X, je cherche sur Google les outils les plus utilisés pour permettre une stabilisation optimale. Il y a un outil intégré à FCP X. Il peut convenir dans certains cas mais ne dispose pas de réglages fins pour toutes les situations. De nouveau, je retourne chercher des infos sur Google. Je découvre qu’outre la stabilisation, il faut aussi corriger ce que FCP X appelle en français l’obturateur roulant. Vous aurez plus de chance de trouver des explications en recherchant le terme anglo saxon de « rolling shutter ». Il s’agit d’un phénomène de déformation de l’image lors de mouvements rapides via certains capteurs numériques. Dont celui de la GoPro.

Un plugin pour Final Cut Pro (7 ou X), Adobe Premiere ou After Effects semble bénéficier d’une bonne popularité. Il s’agit de Lock & Load de la société australienne Coremelt. Dans sa dernière version, il gère un paramètrage spécial pour la GoPro Hero 3. Il dispose également d’un plugin additionnel pour supprimer l’effet « fish eye » des images GoPro. Ceci peut effectivement améliorer la stabilisation. Dans un premier temps, je me contente des réglages par défaut et je lance le tracking. Le résultat n’est pas mal du tout. J’essaie ensuite le mode dédié à la GoPro Hero 3. L’image fait une danse un peu gênante. Ce mode est surement adapté à d’autres types de prises. Je vous laisse juge sur la vidéo.

Le plugin dispose de nombreux paramètres pour un résultat un peu plus professionnel. Moyennant du temps, on doit pouvoir améliorer considérablement le rendu. Mais en l’état, sans rien toucher de ce qu’il propose au départ, ce plugin est déjà plus que bluffant. Vivement mes prochains trails (dont un de nuit).

La bonne nouvelle est qu’il existe une version d’évaluation complète pour 15 jours. Je n’ai d’ailleurs utilisé que celle-ci pour la démo. Cela permet de se faire une bonne opinion avant de débourser 99 $US.

EDIT 2016 : J’utilise ce plugin depuis maintenant presque 3 ans mais j’ai toujours des énormes problèmes de rendu « nauséeux » dans mes séquences en pleine course, surtout en trail où le terrain n’est jamais régulier. Au final, je suis passé à tout autre chose, une canne de type Steadycam, la Feiyu G4S (voir mon article ici). Le top de la stabilisation pour GoPro ou autre.

(Merci à mon épouse pour avoir accepter que je la filme pendant notre footing dominical)

 

 

 

10 Comments on “GoPro et running : comment stabiliser les prises ?

    • Oui, bien sur, le principe du steadycam. Je ne connaissais pas ce modèle. Il est cher ? Le truc c’est que j’ai un doute sur le fait que j’ai envie de me trimballer ça quand je cours. Déjà hier, en trail j’ai glissé dans une descente technique boueuse alors que je tenais la GoPro avec une canne U-Shot, plus pratique pour faire des selfies. C’était pas évident. D’ailleurs j’ai cassé l’attache de mon boitier GoPro (argh … le truc qui vaut au moins 45 euros). J’imagine me trimballer avec un steadycam. Mais j’adorerais. Et je pense que pour d’autres utilisation que le trail, je finirai par en acheter un.

  1. Bonjour,

    Une chose TRÈS importante, que tu semble oublier dans le commentaire de ta vidéo.
    Tu ne compare QUE le niveau de tremblement, mais compare aussi le zoom, dans le mode spécial GoPro, le zoom est bien moins présent.

    Il faut trouver trouver le juste équilibre entre zoom et stabilisation. Personnellement, je préfère le rendu spéciale GoPro car on voit bien plus large et la stabilisation est convenable !

    Merci cela dis d’avoir pris le temps de faire un article dessus, je vais probablement acheter une GoPro pour mes randos VTT, et je me posait en effet des question au niveau de la stabilisation!
    Merci.

    • Je ne suis pas sur d’avoir compris le sens de ta remarque. Sachant que le niveau de zoom est réglable. Depuis la rédaction de cet article, j’ai fait beaucoup d’essai du plugin que j’ai fini par acheter. et j’arrive à trouver le meilleur compromis possible entre niveau de zoom et stabilisation. Je pense que les modes spéciaux sont surtout pour le paramètrage de l’effet négatif de l »obturateur roulant » (Rolling Shutter).

  2. Bonjour,

    je viens d’acheter une gopro hero 4 black édition et je fais de la course à pied la nuit, j’ai beaucoup de mal à trouver les bons réglages (photo nocturne) pour avoir de belles photos sans qu’elles soient flous et nettes… Pouvez-vous m’aider pour régler celle-ci.

    Merci pour vos réponses.

    Bien cordialement,

    • Je ne suis pas vraiment un pro de la vidéo et mes images la nuit ne sont pas terribles. Avez-vous essayé de poser la question sur un forum comme http://www.gopro-forum.com. Ce blog est tenu par Djodei, youtubeur-runner bien connu. Il saura vous aiguiller.

  3. Bonsoir,

    Merci pour cet article très instructif. Je n’aime que très peu me filmer en mode selfie, mais j’ai toujours essayé de trouver une solution pour filmer les magnifiques paysages et surprises des sorties sans donner envie de vomir à mes proches.

    Je crois que je vais prendre ces différentes solutions pour mon anniversaire.

    Merci et bonne course.

    • Mieux vaut tester avant. Quand on court, on a des mouvements intempestifs de caméra selon 2 voire 3 axes, d’où l’effet « qui donne envie de vomir ». Et j’ai toujorus beaucoup de mal à stabiliser en post-production avec ce type de logiciels dés que ma vitesse augmente ou que la portion devient technique. Depuis peu, je cours avec une canne de type « steadycam », la Feiyu G4S, et c’est une redécouverte de ma GoPro. Alors d’accord, c’est très cher, plus cher que la GoPro, c’est motorisé donc demande de la batterie mais les résultats sont bluffants. Ma prochaine vidéo sur l’Ultra Trail d’Angkor montrer ça précisément et je me fendrai d’un test complet vu que je l’ai utilisé pendant plusieurs heures dans des conditions un peu difficiles (extrême chaleur en trail, froid et pluie en rando).

      J’ai fait un petit test publié sur ma page Facebook ou mon compte Instagram pour montrer le rendu brut (sans aucun traitement logiciel derrière).

      Test en running du stabilisateur Feiyu G4S avec GoPro Hero 3+

      Rapide test ce matin de la canne stabilisatrice Feiyu G4S avec ma GoPro Hero 3+. Euh … bluffant, on sent même pas quand je saute une souche ou me baisse sous une branche. Un peu lourd et autonomie un peu faible (3 à 5 h parait-il) pour l'embarquer en trail long mais quand même, ça fait envie.

      Posté par Endomorfun sur dimanche 10 janvier 2016

  4. Pingback: [Test/Matos Video] Feiyu-tech G4S, stabilisation pour GoPro | Endomorfun

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