[Récit de trail/Vidéo] Ultra-trail d’Angkor, objectif totalement râté mais …

Cela devait être l’aventure de l’année. Dépasser la barre des 100 kms et visiter de nouveaux pays avec une bande de copains. Un bel objectif sportif et culturel.

Jean-Claude Le Cornec de SDPO, l’organisateur, nous avait bien vendu cette première mondiale et on s’était inscrit dés début 2015. Courir dans les temples du site cambodgien d’Angkor, là où les arbres fromagers ont envahi la pierre. Ta Prohm, le temple de Tomb Raider, Angkor Vat, Bayon … Bien sur, la veille de la course et le lendemain, nous avons eu tout le loisir de visiter en mode touriste ces endroits mythiques de l’empire Khmer.

Tap Prohm, le temple du film tomb Raider

Tap Prohm, le temple du film tomb Raider

Premières inquiétudes

Notre crainte était moins le kilométrage, 128 km devenu 130 mais un dénivelé négligeable, que la météo. On nous avait parlé de la saison sèche pour éviter la chaleur moite de la mousson asiatique. On aurait 29°C, ce qui est énorme mais pas insurmontable. Sauf que, ma bonne dame, il n’y a plus de saison de nos jours. Et l’hiver s’étant fait attendre au Cambodge comme partout, la température n’a pas baissé. Et la météo annonce des records pour la saison, avec un pic à 36°C, ressenti 39, pile le samedi de la course. Quelle chance pour nous, bande de 13 parisiens (Oui 13, on l’a cherché) qui se sont entrainés par des températures fraiches, jusqu’à descendre en dessous de zéro sur les dernières sorties.
La bande  : 5, dont nous, sont engagés sur le 128 km, 5 sur le 64 km, 1 sur le 32 km et 2 sur la marche nordique de 32 km.

L'équipe au complet sur la ligne de départ. (Photo Ultra-Trail Angkor - SDPO)

L’équipe au complet sur la ligne de départ. (Photo Ultra-Trail Angkor – SDPO)

Nous débarquons dans la ville de Siem Reap le jeudi. Après deux nuits blanches, dues au décalage horaire, ou effet secondaire de la Malarone contre le paludisme, ou tout simplement au stress et à la chaleur cumulés, je me tiens prostré dans le noir en pleine panique. Anne-Claire se réveille. Et là, à 3 ou 4 heures du matin, nous décidons d’abandonner notre objectif de faire l’Ultra-trail. On sent la chaleur étouffante sans courir, pas question d’envisager d’y passer plus de 20 heures, en plein effort physique. Le lendemain, après avoir annoncer à nos amis que nous rejoignons le clan du 64 km, ne laissant que 3, Estelle, Richard et Cyril sur le 128, nous faisons changer nos dossards. Visiblement, un coup d’oeil rapide sur la feuille me montre que nous ne sommes pas les seuls.

Le soir, au cocktail dinatoire, je discute avec Michel Bowie qui est dans l’organisation et donc ne court pas. Il me dit d’emblée que j’ai bien fait, que ça va être « une folie ». Psychologiquement, avoir fait toute cette préparation, tout ce volume pour abdiquer devant la météo, ça ne passe pas facilement mais les paroles de Michel me conforte dans le fait que nous avons pris la bonne décision. Il reste le volet « décor culturel » de toute façon. Et notre voyage ne s’arrête pas à la course. Ca va être les vacances. Enfin, c’est ce que je me dis à ce moment.

C’est parti

Samedi 23 janvier, 5 h du matin, Terrasse des éléphants d’Angkor Thom, 29 °C. La nuit a été courte mais ça ne me change pas beaucoup des 2 précédentes. Nous y sommes. Il fait chaud mais après deux jours passés au Cambodge, on supporte plutôt bien. Le départ est donné. Les frontales s’enfoncent dans une forêt aux allures de jungle. Objectif : ne pas se laisser embarquer. On est en petit footing. Très vite le trio de la « Team 128 » part devant, comme à son habitude. Notre ami Loï, l’instigateur de ce projet de voyage, nous a prévenu qu’il resterait tranquille en retrait. Michèle, initialement prévue sur le 128, reste avec lui. Anne-Claire et moi, qui avons prévu de faire toute la course ensemble, nous retrouvons avec Sabria et Marc. Une vraie Team Orange, vu que nous bossons tous les 3 dans cette boite que vous adorez tous (si si 🙂 ). Pour nos deux amis, la distance est une première. Leur expérience du trail est récente, en Lozère l’année dernière, avec quasiment la même bande.

Au final, nous passons à côté du temple de Ta Prohm, visité la veille, mais dans la nuit, nous ne verrons qu’un vague mur d’enceinte. Tant pis pour Lara Croft. Rien ne perturbe la guirlande de frontales. A part le sac de Sabria qui explose littéralement, en s’ouvrant en pleine course et projetant son contenu sur le chemin obscur. Son téléphone mobile atterrit devant mes pieds. Mais ce ne sera qu’un contre-temps minime. Le jour ne tarde pas à se lever. La course est assez magique à ce moment. Le soleil levant est vraiment bas sur l’horizon de rizière ou au bord d’un étang.

Soleil levant

Soleil levant

Nous croisons régulièrement des temples. Jusqu’au premier ravito, au km15, notre petit groupe de 4 trottine et s’arrête régulièrement pour prendre des images, photos ou vidéos. J’ai ma GoPro et ma nouvelle canne steadycam, je compte bien ramener un chouette film, à défaut d’une record de distance. Finalement, nous retrouvons la Team 128 au ravito, devant un magnifique temple. Et Loï et Michèle ne sont pas loin derrière.

(Photo A.C. Corral-Birot)

(Photo A.C. Corral-Birot)

Tout le monde est raisonnable visiblement. Nous savons tous que la vraie chaleur n’est pas encore là. Seul Philippe fait la course tout seul devant. Il y restera jusqu’à la ligne d’arrivée.

Nous repartons en marchant par un village. C’était mon plan pour le 128, il reste valable. On repart des ravitos en marchant et on recourt quelques minutes plus tard. Ce plan, explosera un peu plus tard quand les moments de course se feront sporadiques au point de disparaitre.

Marc, JG, Sabria, Anne-Claire au petit matin (Photo Ultra-Trail Angkor - SDPO)

Marc, JG, Sabria, Anne-Claire au petit matin (Photo Ultra-Trail Angkor – SDPO)

Les villages sont un des points forts de ce trail. Surtout l’accueil des enfants. Bien sur, nous ne sommes plus dans notre milieu occidental. La pauvreté est là. Mais les enfants sourient, nous « checkent » dans les mains ou nous suivent en vélo. Sabria et Anne-Claire auront même droit à un petit bouquet de fleur. Tout ça fait du bien. Comme aux Templiers où le public est admirable. L’effet « boostant » d’un accueil chaleureux vaut tous les gels « coup de fouet » du monde.

Marc en selfie avec les enfants d'un village.

Marc en selfie avec les enfants d’un village.

La chaleur grimpe vite au dessus de 30°C, 34° sur le thermomètre de ma Suunto. Nous arrivons devant le deuxième ravito. Philippe est déjà là. Sauf qu’il a déjà fait un aller-retour sur le seul vrai dénivelé du parcours : une butte de 500 marches vers un temple bouddhiste. C’est parti pour la montée infernale.

500 marches

500 marches

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Les degrés montent parallèlement. Mais avec tout l’entrainement de traileurs que l’on a, finalement, ce n’est pas si terrible. Et la descente sur un large chemin ombrageux fait du bien. On se lâche un peu pendant quelques minutes. Nous nous retrouvons tous au ravito. 25 km. Il fait chaud mais tout le monde semble gérer. Richard nous dit qu’il a vu Loï partir dans la montée avant que nous soyons redescendus. Il n’est donc pas si loin.

C’est à peu près là que la course va basculer. La chaleur grimpe très vite. Nous nous retrouvons après quelques kilomètres dans un chemin de sable au milieu des rizières. Il est 10 heures du matin et ma Suunto annonce 39°C puis très vite 40°C. Et il n’y a pas l’ombre d’un arbre sur 4 km de ligne droite, de terrain meuble éprouvant pour les muscles. Sabria, qui ne semble pas souffrir de la chaleur, ouvre la marche. Je suis. Anne-Claire et Marc semblent un peu plus en souffrance. Au bout de ce premier enfer, un policier  (il y en a sur tout le parcours) nous prend en photo. Nous en profitons pour faire une pause selfie avec lui.

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Le chemin oblique un peu. Nous traversons vite une rivière qui n’a pas grand chose à voir avec les passages mouillés évoqués par l’organisation dans le compte-rendu de la reco de l’année dernière. L’eau est même trop chaude pour rafraichir.

(Photo A.C. Corral-Birot)

(Photo A.C. Corral-Birot)

Une bière au milieu d’une course ?

Ensuite, ce sera de la route et de la piste. J’essaie de trottiner et m’éloigne un peu du groupe de 4. À un carrefour, je vois une cahute qui vend des boissons fraiches. On nous avait prévenu qu’il valait mieux avoir des billets de 1 dollar en poche pour se ravitailler en dehors des arrêt officiels, qui d’ailleurs n’ont pas toujours de glacière. Je m’approche et j’entends mon prénom. C’est le toujours discret Cyril, attablé avec le reste de la Team 128. En train de boire … une bière. en plein trail ??!!! Là je comprends que cette course ne sera plus celle qu’elle devait être pour eux non plus. Ils ne feront que 65 km à maximum 5km/h de moyenne et ont bien le temps de prendre un petit rafraichissement, au milieu de cette ligne droite sans fin.

Une petite bière au milieu d'une course ?

Une petite bière au milieu d’une course ?

Finalement tout le monde fera une pause boisson dans ce bar de fortune. Comme une annexe improbable de l’Entre-potes, le QG d’Issy les Moulineaux. Nous repartons en marchant. Impossible de courir. Le cardio s’emballe trop vite. Nous ne recommençons à trottiner qu’à l’approche du ravitaillement du km37, dans une allée bordée d’arbres.

Ce ravito a la même configuration que le précédent : un aller retour vers un temple en hauteur. D’ailleurs nous croisons encore Philippe qui repart déjà. Il a bien 20 minutes d’avance, voire plus, sur nous tous. Mais cette fois, nous nous reposons avant de monter ce qui s’avère être beaucoup moins haut que les marches précédentes. Mais aussi plus intéressant au niveau archéologique.

Chaud !!!

Chaud !!!

Michèle et Loï arrivent. Lui qui croyait être derrière tout le monde n’est jamais très loin. Mais il décide de jeter l’éponge. Anne-Claire en profite pour également lâcher l’affaire. Le plaisir n’est plus du tout à l’ordre du jour. Et le décor n’est plus aussi sympa qu’au début. Marc hésite mais nous le persuadons de continuer.

(photo M.Baudoin)

(photo M.Baudoin)

Nous repartons. La suite c’est 10 km d’une piste interminable avec quelques arrêts boissons fraiches pour reconstituer le groupe. J’essaie de persuader Marc de tenir bon mais, au final, je finis par me dire que j’ai à peu près perdu tout ce qui m’avait conduit dans ce projet. Plus de challenge sportif, je n’avais pas besoin d’inscrire un 65 km après les Templiers. Plus de temples, nous sommes sur des pistes poussiéreuses totalement dénuées d’intérêt, en dehors des villages. Plus de passage de la ligne d’arrivée main dans la main avec ma chérie. Je finis par ne plus croire au discours que je tiens à Marc et lui annonce que finalement je vais arrêter au prochain ravitaillement. Celui qui est sensé être au 46ème km mais qui sera au moins 2 interminables kilomètres plus loin. Comme nous avons prévenu Sabria et la Team 128 à un arrêt bistrot, il ne nous attendent plus. A partir de ce moment, tous les kilomètres deviennent vraiment pénibles. Nous mangeons la poussière des camions qui passent. Nous attendons de voir nos amis, loin devant, marquer enfin une pause salutaire, mais ils continuent toujours à avancer. Le ravitaillement arrive comme une délivrance. Nous posons les sacs. Cyril s’est laissé contaminer par l’idée et abandonne aussi. Nous laissons donc Estelle, Sabria et Richard repartir.

Place à un petit repos en attendant un mini-van qui n’arrivera jamais. On nous propose de repartir dans un camion bétaillère qui ramasse les jeunes bénévoles. Il suit la piste et donc met une bonne heure pour rejoindre l’arrivée. Cela nous permet de retrouver nos amis coureurs au ravito suivant.  Ils ont retrouvé Michèle. Ils mettront plus de 3 heures à parcourir les 17 kms depuis notre abandon.

Le camion s’avère une expérience plutôt fun. Il faut se baisser pour éviter les branches trop basses qui arrivent vite sous peine de prendre de bon coup de fouet. Nos quadriceps sont mis à rude épreuve comme pour nous punir de notre abandon avec une petite séance de PPG. Les jeunes bénévoles ont un peu tendance à hurler quand ils croisent des filles sur le bord de la route. L’ambiance est bonne et nous oublions très vite le fait que notre projet sportif, durement préparé pendant 3 mois, est totalement tombé à l’eau.

Retour en bétaillère.

Retour en bétaillère.

La bière et l’excellente soupe de nouilles de l’arrivée concluent de belle manière cette aventure. Nous sommes là pour immortaliser en image les arrivées de Philippe, puis de Estelle, Sabria et Richard et enfin de Michèle. Les héros.

Richard, Estelle, Sabria (photo M.Baudoin)

Richard, Estelle, Sabria (photo M.Baudoin)

Philippe (photo M.Baudoin)

Philippe (photo M.Baudoin)

Michèle (photo M.Baudoin)

Michèle (photo M.Baudoin)

La suite est faite d’apéros, de bon repas, de visites touristiques avant de partir tous au Laos pour un trek mémorable dans un village de la minorité Khmou. Mais c’est une toute autre histoire (vous pouvez aller voir notre compte Instagram)

De retour à Paris

Avec le recul, je me dis que c’est la deuxième fois que j’abandonne une course et pour la même raison, l’ennui. Bien sur, l’extrême chaleur m’empêchait de courir sur ce plat interminable. Mais je vois bien que je n’ai pas su transformer mon objectif sportif râté en un autre objectif. Estelle et Richard, qui eux aussi comptaient mettre un premier ultra à leur palmarès, n’auraient jamais abandonner pour une telle raison. Et au final, pour Richard, engagé sur le Marathon des Sables, c’est surement une très bonne expérience. J’aurais peut-être du raisonner comme ça. J’affrontais la chaleur. Je n’aime pas ça mais je gérais. Je gérais parfaitement l’hydratation. Je n’avais simplement plus envie de marcher 3 heures par 40°C (41 selon l’organisation).

En rentrant, une brève discussion sur Facebook avec Cécile Bertin, spécialiste des ultras dans le désert, m’a fait comprendre que je n’avais pas vu les choses comme j’aurais du. Cela reste une chouette aventure, même si un parcours un peu moins monotone après le 30ème kilomètre aurait préservé un minimum d’intérêt.

Après, je suis quand même content d’avoir écarter le 128 avant la course. Une coureuse philippine, Rose, qui était au même hôtel que nous, 3ème féminine en plus de 24 heures, nous a raconté la jungle la nuit, à écarter les serpents et chasser les chiens errants agressifs à la frontale.  Je pense que nous aurions abandonner au premier serpent. Ce n’était décidément pas une course adaptée à des petits parisiens. Mais c’était une première. J’espère que l’organisation prendra en compte les remarques pour la deuxième édition. On s’est même demandé pourquoi ils n’avaient pas inverser les deux boucles de 65 km. La jungle la journée aurait pu être plus sympa et sécurisante. Et les chiens que l’on a croisés de jour étaient trop écrasés par la chaleur pour faire montre d’une quelconque hostilité. Je me doute qu’organiser cet évènement a du être affaire d’une multitude de compromis.

Je pense qu’il faudra à l’avenir être plus clair sur la communication sur cette course. Ce n’est pas une promenade pour touriste malgré l’absence de dénivelé. C’est une épreuve qui n’est pas à la portée du premier coureur européen venu. Le premier sur le 64km (65 en réel) a une moyenne de 9,87 km/h sur du quasi plat. C’est dire si ce n’était pas une course facile quel que soit le niveau. Beaucoup de coureurs avaient l’habitude de l’Asie, natifs ou expats. Rose nous a dit qu’elle s’entrainait régulièrement à supporter des chaleurs extrêmes. Il faisait -1°C lors de notre dernière sortie longue dans le bois de Verrières.

Vous trouverez d’autres témoignages de coureurs sur le site de la course.

Et je vous recommande la lecture du récit d’Aurelia, finisheuse de l’Ultra 128 km, qui a vécu une vraie aventure sur la deuxième partie du parcours. (cliquer ici)

En attendant, la version vidéo de ce récit :

9 Comments on “[Récit de trail/Vidéo] Ultra-trail d’Angkor, objectif totalement râté mais …

  1. Bravo pour ton expérience et ton récit de course !
    Merci également pour toutes tes remarques qui nous seront fort utiles pour la prochaine édition et améliorer certaines choses.
    Nous travaillons déjà à la refonte des parcours pour les rendre plus attrayants
    concernant la météo, malheureusement nous ne pouvons rien y faire, mais cette année reste, dans le monde, une année exceptionnelle avec le phénomène El Ninio… les températures seront, je l’espère, plus clémentes l’année prochaine !

    • Le plus important c’est que malgré les abandons, personne n’a regretté être là dans notre groupe.

    • Bonjour Michel,
      Félicitations pour ce superbe UltraTrail. J’ai pris beaucoup de plaisir lors de cette course, difficile mais ne sommes-nous pas là pour que cela le soit ? L’organisation était super, l’aide de la police pour ne pas nous tromper de route était très appréciable. J’ai vu des choses inattendue durant la nuit : les fêtes de villages, les chants des grenouilles, les chiens un peu abrutis lol. Je vous adresse mes encouragements pour la prochaine édition, espérons qu’elle soit au moins aussi belle ! Après difficile de ne pas faire quelques lignes droites pour faire 130 km ! Merci à vous

      • Bravo à toi en tout cas. Finisher de cette épreuve n’a visiblement pas été donné à tout le monde (60 inscrits sur le 128, 20 arrivants).

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  3. Réponse de l’organisateur:
    Il est toujours intéressant pour un organisateur d’avoir ces retours, qui seront sans aucun doute constructifs. Toutefois, sachez que vous avez vécu quelque chose d’extraordinaire en foulant le site d’Angkor et c’est ce qu’il faudra retenir.
    Le jour de la course, la température est montée en flèche, ce qui n’était pas prévue et tu le soulignes très bien dans ton reportage. Sans tomber dans l’excès, mettre des glacières à tous les ravitos, est- ce la bonne solution ?. Le traileur pour ma part doit être préparé à toutes les situations…a mon époque au MDS, il n’y avait pas de glacière et sur beaucoup d’épreuves qui se courent en France chaque week end par temps chaud, non plu..Encore mois dans les différents déserts que j’ai eu la chance de traverser (Tannezrouff, Gobi, Déset de la Vallée de la mort…) Toutefois, on devra s’améliorer de ce côté là et former nos amis Cambodgiens.
    Mais est- ce une solution de s’arrêter boire une bière fraiche en pleine participation au trail !! Je ne pense pas que l’exigence de la compétition et l’alcool font bon ménage.
    Effectivement, ce n’est pas une course facile et la chaleur a multiplié les difficultés. A 23°C ou 24°C, température du lendemain avec une chute de l’humidité à 40 %, la course avait une autre physionomie. Sans cette température extrême, les vitesses auraient été plus hautes. Le fait aussi, pour certains, d’avoir démarré la course à plus de 13km/h voir 14 km/h n’a pas arrangé les organismes. On a relevé 4 H de différences entre les deux parcours de 64 km, pour certains coureurs..
    Beaucoup de coureurs de votre groupe ont abandonné, l’effet de groupe, le moral…le manque de préparation, va savoir.., un seul coureur mécontent est capable de déstabiliser tous les autres et je pense que c’est ce qui a du arriver. J’ai déjà reçu un autre message d’une personne de votre groupe mais ce dernier plus vindicatif ! En tant qu’entraineur moi même, je connais aussi quelques problématiques liés au groupe.
    Il faut toujours faire attention quand on discute avec les coureurs, entre deux portes d’hôtels !
    Pourquoi ne pas avoir inversé les parcours : La jungle la journée aurait pu être plus sympa et sécurisante. Sauf que dans cette deuxième boucle, il n’y avait pas de jungle !! Et traverser certains temples d’Angkor la nuit nous été interdit par les autorités. D’où le choix de commencer par les temples.
    Pour 2017, nous ferons notre maximum pour « casser » ces longues lignes droites et revenir plus rapidement dans l’enceinte d’Angkor après la montée de Phnom Bok, et trouver ainsi des zones plus ombragées. D’autres autorisations sont déjà demandées mais tout ne se fait pas en un jour.
    Merci pour la confiance accordée à notre organisation

    Jean Claude Le Cornec

    • Merci Jean-Claude pour cette réponse. Comme je te l’ai déjà dit par mail, je ne pense pas que les personnes de notre groupe regrettent d’avoir participer à cette première. Pour nous c’était plus une aventure qu’une course de trail classique. Et je ne pense pas qu’une personne ait en particulier nuit à la motivation du groupe. Le groupe est un tout. D’habitude je cours tout seul (en introspection permanente) mais ce n’était justement pas le but de cette course. L’arrêt bière est plus une anecdote marrante qu’une réaction au manque de glacière. Et notre préparation n’était certes pas adaptée au conditions mais je ne vois pas comment elle aurait pu l’être à Paris en décembre, à part en courant dans un sauna. Nous avons de très bons coachs, tu en sais quelque chose. Pour 10°C de moins, nous étions prêts.
      Hier soir, un de nos coachs nous demandait si on aurait vécu la course de la même façon en sachant ce qui nous attendait réellement, surtout sur la partie des longues lignes droites en plein soleil. Et la réponse est probablement non en ce qui me concerne. C’est comme le bitume sur la Saintélyon. Quand on ne le sait pas ça agace mais quand on est prévenu, notre mental le gère implicitement. Ca fait juste partie de la course. Et on s’est quand même tous dit qu’avec 10 degrés de moins, nous aurions couru sur les longues lignes droites et elles nous auraient paru moins pénibles. La météo a fait la course. La dernière fois que ça m’est arrivé, j’ai fini déshydraté sur une civière, pas cette fois ou je suis rentré en me marrant dans un camion bringuebalant.

      A peut-être une exception près, nous avons bien vécu notre abandon. Pour la plupart d’entre nous, c’était une première au moins pour la distance (certains sur le 64, d’autres sur 128) mais surement aussi pour les conditions. Et le trail n’est, comme tu le dis, pas fait pour être un truc super encadré où la nature est parfaitement maitrisée dans un confort urbain à l’occidentale. On a tendance à l’oublier. Sinon autant rester peinard dans nos villes à faire des marathons.

      Certains egos vivent forcément plus mal leur abandon que d’autre. Sur le coup, nous étions amer sur le parcours mais en prenant du recul et en analysant tout ce qu’a du être l’organisation d’un tel évènement, on relativise.

      Merci pour tout et, comme tu le soulignes, ce n’était que la première édition. Et puis, il n’y a qu’à voir les photos (et mon futur film) pour avoir envie de faire ou refaire cette course.

    • Bonjour Jean Claude,
      encore félicitations pour cette aventure qui est très belle et unique. Je ne m’attendais pas à un tel niveau pour une première édition, on sent l’expérience 😉 Sinon, pour les glacières, il vaut mieux oublier … la différence de température n’est pas excellente pour l’organisme. Au MDS, l’eau peut être tiède mais cela n’est pas plus mal, cela évite les soucis gastriques. Pour la différence de 4h entre les 2 tours … bon c’est un peu normal : la fatigue, la nuit et 30 mn de repos au 64eme : encore merci à CHI avec laquelle nous avons parcouru ces 130km, l’organisation et la police. Sur un 100k je pars à 7mn du kilo, là 6:15/6:30 car j’avais du mal à me positionner par rapport aux autres 128k et je voulais profiter de la fraîche quitte à ralentir plus tard. Nous avons bien été doublés par nos amis polonais vers le 105/115 je ne sais plus bien lol par contre 2-3 personnes ont dû nous doubler quand je devais dormir en marchant …

      Nous étions arrivés le 16/01 à Singapour afin de ne pas être en Jet lag et nous avons pu visiter les merveilles d’Angkor avant, pendant et après la course : unique, génial !

      Prochain objectif, mon 7eme MDS voire le Tor des Géants avant de revenir pour la 2eme édition ?

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