Le monde selon Garmin en 2015 (CES Las Vegas)

Tous les ans, à Las Vegas, le CES, Consumer Electronic Show, salon de l’électronique grand public, est l’occasion pour les constructeurs de nous dévoiler pléthore de nouveaux gadgets qui vont devenir essentiels dans nos vies de plus en plus geek. Si si, même pour toi, la fille qui n’aime pas la complication et les trucs de technophile mais qui n‘ira pas courir si son smartphone n’est pas chargé. Même pour toi le trailer roots qui ne jure que par ses Salomon totalement defoncées et vieille de 10 ans et sa montre GPS Garmin 305 aux allures de minitel.

Garmin, justement, profite de ce salon pour annoncer pleins de nouveautés. A défaut, de me rendre sur place (je ne suis qu’un humble blogger), je connais assez l’offre actuelle du constructeur pour faire une petite analyse de ce que nous promet 2015 du côté de la firme américaine.

Petit rappel : Fin 2013 et 2014 ont vu la gamme Garmin dédiée au sport et au « Quantified Self » s’étoffer sérieusement. La montre Forerunner 620, dédiée au running, mesurait de plus en plus de choses sur notre foulée. La Fenix 2 reprenait ses fonctions en ajoutant du triathlon et de la navigation GPS en montagne. Le bracelet tracker d’activité Vivofit révolutionnait le vieux site Garmin Connect. Ceci, d’ailleurs, au grand dam des habitués de la marque, pas vraiment emballés par le nouvel design à la mode « widget », remplaçant le côté austère et scientifique de l’ancienne version (toujours accessible en enlevant /modern de l’URL). Du côté des montres, les entrées de gamme, avec la Forerunner 15, et milieu de gamme avec la 220, n’étaient pas en reste et reprenaient une bonne partie des innovations des modèles plus sophistiqués.

Si ce n’est le petit couac qui a laissé croire que la Fenix 2 était la remplaçante de la FR 910XT, une des montres les plus fiables et complètes du marché, le positionnement de Garmin sur le sport était complet et efficace. On peut se mettre à bouger, débuter la course à pied, grandir, progresser, devenir exigeant, devenir plus geek et contrôler tout son entrainement et ses progrès avec la gamme d’appareils et un compte sur le site Garmin Connect.

Quant au couac Fenix 2/910XT, il est devenu évident le jour où la Forerunner 920 XT est sortie, au dernier trimestre 2014. Sur le papier la montre la plus fiable avait la remplaçante idéale : connection sans fil via Bluetooth, fonctions modernes de la 620, encore plus de fonctions pour le triathlon, sans sacrifier à son autonomie légendaire. Il est encore trop tôt pour dire si elle aura la même destinée que sa glorieuse grande soeur. J’ai ouie dire qu’un problème sur les premières versions aurait conduit à un rappel qui a probablement ralenti les retours de mes confrères bloggeurs. Mais l’ami Michel Bowie, qui l’a acheté récemment, semble confirmer les attentes.

Après ça, que va nous apporter ce CES dans le fabuleux « monde selon Garmin » ?

Quantified-selfisons ensemble

Le positionnement de Garmin sur le créneau du tracker d’activité a surpris pas mal de monde. La légitimité technologique sur le domaine n’est bien sur pas en jeu, mais les vieux de la vieille ont du mal à associer ces gadgets pour non sportif à une marque si réputée chez les « vrais ». Etant un enfant (un peu vieux mais quand même) du quantified self et n’étant pas d’accord sur le manque d’interêt pour le vrai sportif, qui est souvent un sédentaire en dehors de ses entrainements et un mauvais dormeur, le bracelet Vivofit qui se connecte à mon compte Garmin Connect me semblait une bonne option. Mais en fait, j’aimais trop mon Withings Pulse (RIP, il s’est éteint au bout d’un an) pour m’encombrer d’un nouveau gadget. Par contre, Anne-Claire l’a adopté et ne le quitte plus. Même quand elle dort puisque, précisément, le contrôle du sommeil est une des fonctions les plus intéressantes de ce genre d’appareil.

Introducing Vivofit 2

Garmin vient donc d’annoncer la version 2 de son bracelet qui a vu la marque, uniquement connue pour l’automobile ou le sport, faire de la pub TV grand public à Noël pour se battre sur ce segment plus qu’encombré par la concurrence.

Quid des futures améliorations annoncées ? Honnêtement, ce n’est pas très clair. OK il y a un alerte sonore en plus de la barre qui vous signale le reste à « bouger » pour atteindre votre objectif de la journée. Un rétro-éclairage. Visiblement, Garmin a travaillé la visibilité en toute circonstance, obscurité ou fort soleil, de tous les écrans de ses appareils. C’est plutôt une bonne nouvelle. Ce qui reste encore un peu flou c’est ce que fait exactement le compteur d’activité permettant de suivre et d’analyser les séances de sport : Historique ? Reconnaissance de la course versus la marche à pied (ce que fait Withings) ? Et vais-je avoir enfin un tracker qui a un mode vélo adapté au mode de vie urbain (Velib’, velotaf …) ?  Bref, nous verrons bien.

Vivofit2

Vivofit2

On va un peu plus loin avec la Vivoactive, la Smartwatch GPS

Quoi ? Une smartwatch GPS ?

Il faut que je vous dise que de par mon métier, tout ce qui touche aux applications mobiles et aux objets connectés m’intéresse. Etant plutôt un (« abruti » d’) Apple-fan -spéciale dédicace à mes collègues – je rêve d’une smartwatch/iWatch qui permettrait de totalement se passer du smartphone en cours d’entrainement et me permettrait de développer la montre de sport de mes rêves. Ceci implique qu’elle possède toutes les connections possibles, un GPS, un accéléromètre voire un baromètre … Malheureusement les smartwatchs ne sont souvent que des relais de l’écran d’un smartphone, obligatoirement connecté en Bluetooth pour trop de fonctions utiles. Je me dis donc qu’il faut être patient.

La smartwatch, avec des outils de développement ouverts aux développeurs tiers, comme l’iPhone, mais équipée de son propre GPS, d’un accéléromètre et bénéficiant d’un autonomie adaptée à l’endurance doit forcément apparaitre un jour. Et je lis donc le communiqué de presse de Garmin.

« vívoactive offre les technologies de fitness emblématiques de Garmin, comme par exemple le GPS intégré, une très grande autonomie de la batterie et un écran lisible en plein soleil, le tout dans une montre ultraplate qui permet à la personne qui la porte de rester à la fois connectée et active», souligne Dan Bartel, Vice-Président des ventes mondiales de Garmin.

Côté design, les utilisateurs peuvent facilement personnaliser son cadran en puisant dans le catalogue du nouveau Connect IQ store, qui contient de nombreux widgets et des applications tierces.

Très bel écran !!!

Très bel écran !!!

La montre est livrée avec des « applications standards » permettant de couvrir tout ce que fait un Vivofit et une montre de sport Garmin relativement complète pour la course à pied, le vélo ou la natation. Et même des fonctions pour le Golf. Ils n’ont pas oublié les capteurs cardio et autres capteurs de vitesse. Je n’ai pas trouvé d’infos sur les capteurs cadence-vitesse de la marque pour nos amis cyclistes.

Bien sur, les gadgets classiques des smartwatch sont là : notifications venant smartphone, alertes et applications connectées. Certaines, pré-embarquées sont dédiés à l’outdoor : météo, enneigement, agenda, envoie d’alerte avec position GPS …

On se sent vraiment en présence d'une SmartWatch

On se sent vraiment en présence d’une SmartWatch

L’autonomie maximale, annoncée en mode GPS à 10 heures, n’en fait surement pas une concurrente directe des autres montres de la marque. Mais cela reste sur le papier une bombe d’innovation dans le domaine.

L’ouverture promise de Connect IQ Store à des développeurs tiers promet encore plus de perspectives. Reste à voir ce que cela va donner dans le monde réel. Je serais assez vigilant sur la fiabilité, l’autonomie dans toutes les utilisations et les éventuelles limitations sur les applications.

Vous pouvez voir à quoi ressemble le futur Store là.

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On me fait remarquer que les pictogrammes des boutons ressemblent à des boutons de smartphone sous Androïd.  Mes experts maisons, JR et David (a.k.a Tic et Tac) ne croient pas au miracle, si jamais c’est le système de Google qui est dessous avec un vrai écran couleur. J’avoue que ça jetterait un gros doute si c’était le cas. Il faut dire que, toujours selon mes Heckel & Jeckel de la mobilité, la montre intelligente avec GPS et orientée sport, sous Androïd, existe déjà, la Motorola Moto Actv et qu’elle n’a séduit personne pour des problèmes d’autonomie justement. N’ayant pas de précision sur ce qui est entendu par « un vrai écran couleur », difficile de dire si on est dans le même cas.

Avertissement : Tic et Tac viennent de équiper l’un chez Suunto l’autre chez TomTom, donc ils n’aimeraient pas avoir eu tort en manquant de patience. Mais ils ne disent pas que des absurdités malgré leur évidente mauvaise foi.

Pour résumer, sur le papier, ce produit a quand même des faux airs de pavé dans la mare dans ce secteur saturé de la montre de fitness/sport.

Annoncée à 249 euros prix public, 299 avec la ceinture cardio, cela positionne cette Vivoactive dans le créneau de beaucoup de concurrents à commencer par TomTom et Polar avec sa M400. Sans oublier toutes les entrées de gamme de Garmin sur lesquelles aucune annonce n’est encore faite pour ce CES. A suivre de très près donc.

Surtout que niveau design, épaisseur (8mm) et poids (38g), elle devient un objet que l’on peut vite laissé toute la journée à son poignet.

Et la Fenix 3 alors ?

Oui, c’est officiel, la montre qui m’a occupée tant de mois sur ce blog va avoir une nouvelle version. Là aussi niveau design, les équipes Garmin ont bossé. Disponible en trois versions, le modèle Silver, arbore un bracelet rouge, le modèle Gray dispose d’un bracelet noir et le modèle premium Sapphire (really ?), se différencie par un bracelet en acier inoxydable et un verre saphir bombé. Le nouveau boîtier est renforcé avec de la fibre de verre et pourvu de boutons en acier inoxydable qui rendent la montre fenix 3 étanche jusqu’à 100 mètres.

L'écran couleur dans la même veine que les Forerunner mais avec le look baroudeur.

L’écran couleur dans la même veine que les Forerunner mais avec le look baroudeur.

Toute ressemblance avec une marque finlandaise est absolument fortuite, bien entendu (quand même Sapphire …)

La grosse nouveauté est l’écran couleur, à l’instar de tous les nouveaux modèles de la marque. Il semblerait que celui-ci soit optimisé pour rester lisible quelle que soit la lumière. Mais les différences avec la version 2 sont loin de s’arrêter là.

Quelques limitations ont sauté : on peut désormais utiliser les connections Bluetooth et ANT+ simultanément. Il fallait choisir sur la 2. Le chipset GPS gère aussi le systèmes russe (GLONASS) via une nouvelle antenne. Exit Mediatek et son chipset décevant.

On retrouve beaucoup de similitude avec la 920XT récente. Le métronome par exemple. Les fonctions de tracking d’activité du Vivofit sont également là, comme dans toutes les montres de la marque. Et, bien sur, les fonctions déjà présentes sur la Fenix 2 et la 620, comme l’analayse de la dynamique de course, n’ont pas disparu. Tout comme l’orientation multisport.

Comme la vivosmart citée précédemment, mais également comme la 920XT, la Fenix 3 aura accès aux applications de Connect IQ Store. Cela ouvre des perspectives.

Le modèle Sapphire et un écran "montre".

Le modèle Sapphire et un écran « montre ».

Donc pour ne pas refaire l’erreur de l’année dernière, il semble que cette Fenix 3 ait quand même beaucoup de points communs avec la 920XT mais un design de baroudeuse et des fonctions de navigations poussées comme son ainée. D’ailleurs, on ne nous annonce rien de nouveau sur le volet « navigation » qui m’intéresse toujours beaucoup. Il faut dire que la 2 était déjà très complète.

Il faudra des tests réels pour comprendre précisément les différences entre les deux nouvelles montres haut de gamme de la marque.

En attendant, pour les anglophones, le blogger de référence DCRainmaker, présent au CES, a déjà pondu ses premières impressions sur le sujet.

La Fenix 3 est annoncée à un prix public de 449 euros en version Grey/Silver, 549 en version Sapphire, ajouter 50 euros pour la ceinture Cardio HRM-Run (la même que la 620, la F2 ou la 920XT).

Et ce n’est pas fini …

Un autre modèle a été annoncé, l’Epix, qui ajoute à la Fenix 3 la cartographie couleur et l’ecran tactile. Un vrai GPS de rando/trail en montre. Très bel objet également. Visiblement, il complète la gamme en proposant les mêmes fonctions et les applications Connect IQ. Le prix public annoncé est de 499 euros.

Une vraie carto couleur dans un écran tactile.

L’Epix, une vraie carto couleur dans un écran tactile.

On y voit plus clair non ?

La nouvelle gamme, innovante et super connectée, a le mérite d’afficher sa cohérence.

Pour ce qui concerne les montres de sport/outdoor : vivoactive en entrée de gamme, 920XT en haut de gamme running/triathlon, Fenix 3 pour ajouter la navigation et Epix pour avoir une vraie cartographie. Chacune de ces merveilles (sur le papier) pouvant être enrichies d’applications du futur store Connect IQ. Et le côté tracking d’activité du vivofit s’est visiblement propagé à toutes la gammes. Le tout orchestré par le même site applicatif/réseau social Garmin Connect. Les designs ont été revus, les GPS aussi. Bref, Garmin n’a pas chômé après une année 2014 déjà foisonnante mais peut-être moins mature.

Il nous tarde d’essayer tout ça. Les images et les promesses font rêver. Après, on espère que la rapidité d’innovation ne va pas encore mettre sur le marché des produits qui sont débuggués pendant des mois. Caractéristiques qui n’est pas propre à Garmin mais qui tempère toujours nos enthousiasmes. Après tout, on veut surtout de la fiabilité, de l’autonomie et des choses simples quand on court pendant plusieurs heures. On est quand même en droit de se demander si Garmin n’essaie pas d’en faire un peu trop non ?

Anne-Claire, serais-tu enfin prête à abandonner la fidèle Forerunner 310XT que tu traines sur tous les trails ?

5 Comments on “Le monde selon Garmin en 2015 (CES Las Vegas)

  1. Tic a acheté une Tomtom car un runner neuve avec la ceinture cardio à 80€ il serait lâche de ne pas craquer ^^ Mais je vais attendre, voir ce qu’il se passe car cette Tomtom ne tiendra jamais la durée pour une Saintélyon et je changerais pour une montre que je pourrais mettre tous les jours car je veux aussi avoir les notifications de mon smartphone. Après Garmin avec leur Smartmachin ça pue le chip bas de gamme chinois… Bref on verra bien !

  2. Pingback: [Test] Suunto Ambit 3 Peak : j’abandonne la Fenix 2 ou pas ? | Endomorfun

  3. Bonjour,
    je souhaite acheter une garmin phenix 3 sans la ceinture cardio.
    Je possède une Suunto Ambit 2 avec ceinture cardio ANT. Dois-je acheter la ceinture cardio de la Phenix ou puis-je utiliser celle de ma Suunto ? Ces deux appareils sont-ils compatibles ?
    Merci
    Cordialement
    fr

    • Là vous me posez une colle. Je n’en sais fichtre rien. Je ne vais pas rentrer dans les détails techniques sur la différence entre ANT+ et ANT mais je me méfierai des spécificités de chaque marque en dehors du standard. Une chose est sure, certaines mesures de dynamique de course sont des spécificités de Garmin et donc aucun autre ceinture ANT ne les mesurera. %ais à part ça je ne sais pas. Il se peut que ça marche.

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