Ma prépa Marathon de Paris 2014 – Season Finale – Chronique d’un forfait annoncé

Précédemment dans « Ma Prépa MdP 2014 »

La douleur à la cuisse gauche s’avère prendre sa source en haut de l’adducteur. J’ai commencé les séances de chiropratique qui, pour l’instant, servent  à me « corriger » de façon générale mais ne soignent pas le mal. Le contrôle de mon alimentation et celui de mon sommeil fonctionnent comme prévu. Mon entrainement, sur les conseils du coach JC, s’articule autour de la natation pour le cardio, du vélo d’appartement pour le seuil, de l’aquajogging pour la PMA et du VTT pour la sortie longue.

 

Voilà c’est fini.

A 3 semaines du 6 Avril, on ne va pas faire durer un suspense aussi inutile que dévastateur pour le moral. Je ne ferai pas le marathon de Paris. Je ne serai donc pas marathonien cette fois. Et j’espère que je pourrai fêter ma future finisheuse d’épouse.

Mais, contrairement à ce que l’on pourrait croire, mon moral est plutôt bon. Pourquoi ? D’abord, j’ai eu largement le temps de me faire à cette idée pendant les 9 semaines qui me séparent de ce 12 janvier fatidique. Et mon entrainement, assez fourni même sans course à pied, s’avère compenser pas mal mes attentes. Ou mon addiction, comme vous voulez.

Côté nutrition

Mon contrôle en mode geek de tous les paramètres – voir mon article sur le quantified self– tient ses promesses : aujourd’hui j’affiche 74,5 kg sur la balance, soit 5,5 kg de moins que début janvier. Quand je regarde mes menus dans myFitnessPal, je ne fais pas pitié en matière d’alimentation. Rien que cette semaine, j’ai quand même fait un repas avec un gros « Katsu Curry » – porc pané, ragout de porc au curry et énorme quantité de riz blanc – au restaurant japonais Aki de la Rue Ste Anne. La veille, c’était une assiette Kebab poulet, oui avec les frites et le boulgour, après une sortie VTT avec mon fils. Ajouter quelques petits verres de vin, une petite tranche de saucisson italien voire un repas entier au Sapori d’Italie, porte d’Orléans (je vous conseille vivement ce resto-traiteur) … bref, rien à voir avec ma période de régime Cohen. Je ne veux pas perdre trop vite pour ne pas attaquer la masse musculaire plutôt que la masse grasse. Je pratique un truc sympa que j’ai lu je ne sais plus où sur le web : le Cheat Day – jour de triche. Quand on diminue l’apport énergétique dans le temps pour « taper » dans les réserves, notre organisme finit par devenir prudent et s’habitue à économiser sur sa dépense énergétique. Notre poids finit par stagner, même en suivant toujours le même régime. Pour peu que l’on fasse beaucoup de sport, on est en plus très fatigué. Si on se permet de tricher une fois par semaine en faisant un excès contrôlé, le cerveau, cet abruti, va croire qu’il n’est pas vraiment en période de disette et  taper allègrement dans les réserves comme d’habitude. J’avais remarqué ça pendant mes 7 mois de régime hypocalorique. Un excès permettait d’enrayer une légère stagnation. Maintenant, attention, un excès entraine aussi une réaction de précaution de l’organisme. Il va stocker plus sur cet excès pour ne pas se faire prendre au dépourvu. Pas si bête. Un excès doit resté contrôlé, sinon gare à la graisse qui remonte. Il doit être rattrapé pour ne pas ruiner le bilan de la semaine. Un repas léger, quelques protéines dans les oeufs et des légumes, un laitage maigre et c’est tout. Je m’arrange également pour que cet excès ne soit pas éloigné d’une grosse séance de sport. Je tiens comme cela ma moyenne de 1540 kCal/jour sur une semaine, hors exercice, comme préconisé par myFitnessPal et je tiens ainsi parfaitement ma perte de 0,5 kg/semaine. C’est bon pour le moral.

Et sinon, pour le sport ?

J’ai essayé de courir 48h après chaque séance de chiropractie. Au moins une fois chacune des 4 semaines. Ça ne m’a pas aidé. Je n’ai, par contre, pas été très assidu à l’aquajogging mais j’ai corrigé le tir ces dernières semaines. Et je m’impose au moins une séance de natation hebdomadaire à la place d’un footing. Sans oublier ma séance de vélo d’appartement en mode « grosse suée ». Et le VTT. Ah le VTT !!! C’est comme si j’avais redécouvert le vélo. J’ai ce VTT depuis un an, acheté pendant une blessure qui m’empêchait de courir. Mais là, avec une sortie longue tous les dimanches en forêt, je découvre que je peux aimer ça, presque autant que le trail running. D’ailleurs, je le pratique à Verrières ou à Meudon, des bons spots de trail. La gadoue me manquait, j’ai été servi. En plus, sur les 5 semaines, j’ai eu 5 dimanches de beau temps. La gadoue venant de la pluie incessante des jours de la semaine précédente.

J’avais jusque là un rapport bizarre avec le vélo. Le côté « mécanique » et les discussions sur les groupes Shimano versus SRAM, Alu ou Carbone, la longueur d’une tige de selle et le moyen de ne pas payer 3500 euros pour avoir une bécane digne de ce nom, me rebutaient. Oui, je sais, on n’est pas beaucoup mieux avec nos fringues et nos souliers de running.

A votre avis, quelles sont les plus utilisées ?

A votre avis, quelles sont les plus utilisées ?

En fait, après toutes ces sorties, j’ai du apprendre à régler et entretenir mon matériel. Puis à en voir les défauts et à envisager de les changer. Par extension, cette redécouverte vélocipédique m’a donné envie de faire aussi plus de route et pas seulement du tout-terrain. J’ai donc, en plus, un projet d’achat d’un vélo de route. Bref, j’ai envie de transformer le vélo palliatif en vraie pratique. Non seulement ça m’aide à supporter l’absence de course à pied, mais ça devient un peu plus. Si on ajoute le fait que d’utiliser des entrainements structurés, avec ma nouvelle montre TomTom Multisports, pour mes séances de natation m’a donné envie de progresser aussi de ce côté, je suis mûr. Pourquoi ? Pour développer des envies de … TRIATHLON.

Il ne manquait plus que ça

Encore un projet de fou. Alors que je ne sais même pas si mes projets de trails de 2014 vont pouvoir se faire, ne sachant pas quand je vais guérir. Le « tri » reste un projet. J’ai le temps. De toute façon, je ne peux pas courir. Mais du coup, j’ai un objectif de travail côté vélo et natation. Je tenterai un petit « Sprint » ou « S » sans préparation spécifique. Il y en a un à Versailles fin mai. Mais mon objectif à terme sera le « M », soit 1500m de nage, 40 km de vélo et 10 km de course à pied. Reste à voir ce que deviendra ce projet dés que je pourrai recourir. J’ai quand même déjà des objectifs ambitieux en running. Ceci dit, il est impératif de garder de l’entrainement croisé pour éviter de sombrer à nouveau dans ce sur-entraînement que je paie surement aujourd’hui. Remplacer certaines SL par du VTT et garder ma séance de natation à la place d’un footing seront plutôt des bonnes habitudes pour le trail. Et je me fais une base foncière pour, un jour, entrer dans une vraie préparation orientée triathlon. Voilà comment je tiens moralement. Des objectifs nouveaux, des projets, des envies voire des passions nouvelles.

Mes lectures sont bien dans mon feeling du moment non ?

Mes lectures sont bien dans mon feeling du moment non ?

Sinon je me soigne

Il reste que cette blessure est toujours là. Je n’arrête pas les séances de chiro. Je crois que c’est bon pour ma posture globale. Comme ce n’est pas remboursé par ma mutuelle, cela reste cher (50 euros la séance). Et je ne crois plus que ça puisse m’aider à « guérir ».

Après 4 séances et une énième injonction au repos, seule réponse possible à ma douleur, je me décide à consulter un médecin du sport (30 euros la visite mais remboursé par la mutuelle cette fois). Celui-ci confirme le diagnostic du chiro : Tendinopathie d’insertion de l’adducteur. Une tendinite en langage courant. Il m’envoie faire un IRM (165 euros, remboursé par la mutuelle .. ouf !!!) pour voir la « profondeur » du mal. Ce n’est pas si grave. Mais il faudrait une quinzaine de séance de kiné pendant 6 semaines maxi pour espérer guérir.

 

Mon ordonnance pour le kiné. Chouette programme.

Mon ordonnance pour le kiné. Chouette programme.

Si j’ai tout compris, je n’ai donc qu’un truc minime à l’insertion entre le muscle adducteur et l’os pelvien. Quand je tape avec le poids du corps, pendant la course, la douleur musculaire qui diffuse dans toute la cuisse et m’a empêché de localiser son origine dans un premier temps, est due à une contraction réflexe du muscle. C’est presque rassurant de savoir que je n’ai rien au niveau musculaire. Ça semble si anodin dit comme ça. Et pourtant. Rien n’y fait. 10 minutes de course suffisent à réveiller la douleur et à me faire boiter. Aujourd’hui, j’en suis surtout à régler un problème de taille : trouver une kiné disponible dans le sud de Paris. J’ai déjà perdu plus d’une semaine. La bonne nouvelle de cette épisode chez le médecin du sport est que, du moment qu’un sport ne me fait pas mal, rien ne s’oppose à sa pratique.

C’est bon pour le vélo, la natation et l’aquajogging. Pour ce qui est de la PPG, il faut que je fasse attention. Certains exercices pour la mobilité du bassin, conseillé en cas de pubalgie, me font mal. J’ai effectivement essayé, toujours sur les conseils de JC, de suivre un protocole pour pubalgie. La pubalgie est un syndrome, un ensemble de symptôme. La tendinite d’insertion des adducteurs fait partie des causes de pubalgie. Mais le protocole en question n’était pas forcément adapté. Comme certains exercices d’abdos.

Ma PPG est donc composée de quelques mouvements de yoga pour m’échauffer – salutations au soleil, respiration de type Uddiyana-Bandha – des crunchs, du gainage, de la proprioception avec mon plateau de Freeman et quelques fentes, pompes, chaises et étirements selon l’humeur et le temps. Tout en infra-douleur, comme on dit. Cette petite séance est placée au réveil environ 2 à 3 fois par semaine. Je modifierai en fonction des recommandations du kiné … quand j’en aurai un.

L'application SIX PACK de Runtastic permet de se créer un petit programme perso d'abdos-gainage avec la musique qui va bien.

L’application SIX PACK de Runtastic permet de se créer un petit programme perso d’abdos-gainage avec la musique qui va bien.

Cette non-préparation au Marathon de Paris, devenu « chronique d’un forfait annoncé », est finalement une expérience enrichissante. Une bonne leçon à plusieurs niveaux. Maintenant, j’ai quand même eu un petit pincement au cœur en voyant tous les amis faire le Semi-Marathon de Paris. De même quand j’ai suspendu mon adhésion à Urban Running. Tout un symbole pour moi. Il reste l’épreuve du 6 avril. Le jour du Marathon. Le soutien que je dois à celle que j’ai embarqué dans l’aventure, ma chère Anne-Claire. Je serai au départ, sur le parcours, au 30ème km, à l’arrivée. Pour ce qui est d’accrocher un premier marathon à mon petit palmarès, je me donne rendez-vous pour une future préparation marathon en automne. Pourquoi pas Toulouse, mon Païs, comme chantait le grand Claude ?

Mon cher coach JC, si précieux pour l’établissement de mon programme de survie, est également sous le coup d’une blessure qui gène sa préparation pour Boston, ce marathon dont rêve tous ceux qui ont son niveau. Je vous invite à lire, sur babaorun, sa préparation alternative pour éviter au maximum de courir. Vous verrez d’où je tiens mon inspiration. J’espère qu’il fera au moins ce marathon pour le plaisir et le symbole à défaut de faire un RP. En tout cas, je ne le remercierais jamais assez pour tous ses conseils. Et j’espère qu’on sera tous les deux au départ du Lozère Trail en juin.

Mon programme de la semaine passée :

Samedi : Aquajogging : 30′ d’echauffement en jogging cool + 2x10x(30″ aquajogging rapide/30″ brasse en récup) + 10′ récup (natation cool)

Dimanche : PPG/Yoga.

Lundi : Sortie VTT 3 heures avec mon fils

Mardi : PPG/Yoga

Mercredi : Séance de vélo d’appartement « inspired by JC Savignioni » : Echauffement de 25′ + 5 X (5′ rapide à 100-110 tpm/30′ récup. souple) + 5 X (30″ à 120 tpm/2′ récup) + 30 ‘retour au calme. Les intervalles rapides sur une résistance maximum pour simuler un grand braquet.

Jeudi : Natation, 1,5 km de crawl, 600m de divers éducatifs.

Vendredi : Repos.

2 Comments on “Ma prépa Marathon de Paris 2014 – Season Finale – Chronique d’un forfait annoncé

  1. Tes mots me touchent. Merci.
    Je suis content de ta réaction fasse à la blessure. Tu en tires des enseignements et te remets en cause. Gage d’intelligence. Tu iras loin, en tout cas, droit vers le triathlon 😉
    Je confirme que le VTT c’est top…et je te dis pas dans le
    Vaucluse ou sur les puys du massif central !

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