CR Alesia Trail – La Tendinix – 22 Septembre 2013

Attention, ceci est une première dans ma toujours balbutiante carrière de runner.

J’en étais resté à des interrogations existentielles pour savoir si je devais me lancer dans la rédaction de compte-rendus de mes courses (CR pour les initiés). Mais certains amis bienveillant m’ont encouragé à le faire. Je me lance donc dans l’aventure.

Et comme une première est quand même plus intéressante si elle accompagnée d’un contexte, je choisis une autre première : ma première course de 24 km (enfin 25), qui plus est, un trail avec 700 m de dénivelé positif. Et d’ailleurs surement 700m de dénivelé négatif vu que c’est une boucle.

Mon record de distance était resté au semi-marathon de Marvejols-Mende et ses 22,4 km avec des montées et descentes à plus de 12%, soit 560m de dénivelé positif.

Rendez-vous donc à 9h15, le 22 septembre, pour le départ de la toute nouvelle course de l’Alesia Trail, la «Tendinix». Départ sous la statue de Vercingétorix, à Alise-Sainte-Reine en plein coeur de la Bourgogne. Le principe dans l’Alesia Trail est d’ajouter une boucle à chaque course pour faire une suivante. Du coup, on partage le parcours avec les autres : 16, 34 ou 51 km. D’ailleurs, les premiers du 34, partis 15 mn avant nous, me dépasseront en cours de route.

Pour faire comme les vrais traileurs, je consulte la grande carte du parcours et le profil de dénivelé avec un air sérieux d’intense réflexion, contrasté par le look «pirate» que me donne le passe-montagne siglé Vercingétorix offert avec le dossard. Un passe-montagne c’est ce que les initiés appellent un «Buff». Et comme je suis sur mon blog, je refais ma vanne du jour : «c’est un Buff bourguignon». Ça c’est fait.

Ce n'est pas parce qu'on ressemble à un pirate qu'on doit avoir peur des gau..gau .. des gaulois !!!

Ce n’est pas parce qu’on ressemble à un pirate qu’on doit avoir peur des gau..gau .. des gaulois !!!

 

J’essaie d’expliquer à Anne-Claire, ma chère épouse, comment gérer la course mais ce n’est pas son truc. Elle préfère y aller à l’instinct. Elle n’a même pas de montre super GPS-cardio alors ça sera surprise tout le long.

Au départ, nous sommes juste à côté d’une bande de joyeux lurons, la «Team Déconne» qui chante le riff de «Seven nation Army» (White stripes) comme dans un stade de foot. L’animateur entame le compte à rebours en choeur avec le public et c’est parti. Après un petit tour du village de course, nous entamons la descente vers le bourg, une des plus abruptes du parcours. Histoire de se dire que l’on devra la remonter pour revenir à notre point de départ. Un chien nous double. Il tracte son maitre. Je demande si ce système est autorisé ou considéré comme de la triche. Je ne fais rire personne. Ca m’apprendra à faire mon parisien qui se croit drôle.

Météo France nous a promis du beau temps, mais la brume matinale est encore très épaisse à cette heure là. Et le premier sentier très herbeux. Je me dis «vivement la fin». Je ne suis pas à l’aise dans les descentes qui glissent avec mes chevilles en porcelaine et mon absence de technique. En fait, je n’ai encore rien vu.

Heureusement, ça remonte vite. On va gagner 135m d’altitude sur moins d’un kilomètre. La particularité de ce trail est que le dénivelé positif est concentré sur des petits distances avec des pentes de 10 à plus de 15%. Miam. Sur la première portion, je cours un peu plus que la moyenne des coureurs. Mais on est dans une mono-trace étroite et tout le monde finit par marcher. Il est impossible de doubler. Adieu donc mon record perso … non mais je n’ai jamais fait de trail similaire, je n’ai pas de record à battre de toute façon. Je sors la GoPro et je me fais un petit commentaire, vite fait. A défaut de perf., autant faire un film sympa.

Les 5 km suivants, sur un sentier alternant montée/roulant/descente, nous amènent au premier ravito, à l’entrée du très beau village de Flavigny-sur-Ozerain, capitale des bonbons à l’anis. Je ne prends pas plus d’une minute pour boire et avaler deux ou trois trucs. Deux ou trois «Tuc» d’ailleurs pour le sel. Le reste, j’ai dans mon sac. Entre les fruits secs, les barres céréales-chocolat bio, l’ovomaltine, les gels et ma poudre magique dans la gourde, je pense que je peux tenir au moins 6 heures. Pour 24 km, c’est un minimum non ? Un rapide coup d’oeil en arrière pour voir si Anne-Claire arrive. Pas de signe. Tant pis.

La Tendinix, profil d'altitude

La Tendinix, profil d’altitude

Je remonte dans les rues du village aussi étroites que la mono-trace précédente. Une cloche. Je lance un «Dépéchez-vous, on va râter la messe !!!». Cette fois je crois entendre un léger rire. Yes !!! Je ne serai jamais Kilian Jornet mais le Timsit du trail running, c’est peut-être dans mes cordes. Avec de l’entrainement. (Ayé j’ai placé Jornet dans mon CR)

Vercingèt' style dans les rues de Flavigny/Ozerain

Vercingèt’ style dans les rues de Flavigny/Ozerain

Après cette rapide, mais enrichissante, traversée du village, ça redescend dru sur 1 km. Plus de 15%. Et c’est pierre et boue donc glissade et chute inélégante. Avec le réflexe débile du bon geek, la pensée d’une micro-seconde la plus stupide qui soit : «M… ma GoPro !!!». Je me relève vite, un peu de sang dans la main mais j’ai sauvé ma précieuse. Je rassure les gentils co-trailers qui s’inquiètent de mon sort – «non, non elle n’a rien !!!» – et repars comme un warrior. Je ne sais pas pourquoi mais dans un éclair de lucidité, je pense à Jack Black dans King Kong quand il veut sauver sa caméra à tout prix malgré les tyrannosaures.

Un peu plus bas, les secouristes ont assis un coureur sur la chaise pliante d’un bénévole et lui pose une attelle, à même le sentier boueux. Finalement, j’ai de la chance.

Le bénévole nous indique la direction qui démarre la partie spécifique au 24 km. Ca remonte sur plusieurs kilomètres. Ce n’est pas violent et j’essaie de marcher le moins possible. Une fille vêtue d’un débardeur blanc n’arrête pas de me doubler avant que je la rattrape. Je ne l’avais pas remarqué avant mais on joue à ça depuis le début. Je ne suis pas du genre à me sentir heurté dans ma virilité dans les courses. D’abord elle doit avoir 20 ans de moins que moi, au bas mot. Non mais. De toute façon, je me fais régulièrement dépasser dans les descentes par des vétérantes 2 plus expérimentées. Alors l’humilité est mon lot de runner. Ca ne fait pas de mal. Et mon mantra dans ces cas c’est «c’est déjà très bien pour un débutant !!!». Soutenir l’allure d’une petite jeune, c’est un bon challenge.

Sinon dans un CR, on parle de ses petits problèmes physiologiques ou pas ? J’en ai lu dans plusieurs qui en parlaient avec plus ou moins de détails. Bon enfin, sachez juste que je dois faire quelques arrêts techniques. Mais je ne lâche pas ma challengeuse … avant d’arriver au 12ème km et de me rendre compte qu’elle fait la version relais. Et elle se permet de m’achever au sprint avant de lancer sa camarade qui part en trombe. La suite se fera dans une magnifique forêt aux airs magiques et mystérieux. Comme toutes les forêts en fait. Mais c’est ce que j’aime bien dans les trails.

Je suis en train de faire un commentaire à la caméra, sur cette forêt et ses cabanes en pierre, quand je croise un père et son fils qui me mettent en garde. Le chemin passe dans un énorme trou qui doit ravir les furieux du VTT si tant est qu’il y en ait qui connaissent ce spot. De l’autre côté, se trouve une cahute à la hauteur de plafond aux normes hobbit. J’en déduis donc fièrement qu’il s’agit là d’un piège à troll. J’adore les forêts magiques. Je ne pense même pas à regarder la forme des oreilles des gentils elfes qui m’ont prévenu. Pardon, je m’égare. Peut-être faudrait-il que je vérifie la composition exacte des gels Overstim’s à l’avenir.

J’arrive sur une mono-trace encore plus étroite qu’avant, avec un bon dévers sur le côté. Du coup, on est plusieurs à se suivre sans que personne ne cherche à doubler. On organise un concours de celui qui prévient des obstacles le plus fort : «branche», «tronc» «droite», «gadoue», «ruisseau» … Un concurrent se fait engueuler par celle qui doit être sa compagne : «tu ne peux pas dire arbre au lieu de tronc !!!». Il faudra vraiment que je m’achète le code verbal du parfait gentleman-trailer une fois rentré à Paris. Le meneur provisoire de cette troupe assez joyeuse se sent obligé de prévenir de chaque petite souche. Mais il abandonne devant le surnombre de cet ennemi bien connu des trailers.

Nous quittons la forêt pour les près. Un concurrent lance un ultime avertissement d’obstacle : «taureau». Ah ah ah !!! J’ai visiblement, un challenger pour le Timsit-trail-world-championship.

Quelques minutes de batifolage dans l’herbe plus tard, une magnifique ferme-auberge s’annonce. C’est le deuxième ravitaillement. Mon GPS indique 19,6 km au lieu des 18,6 annoncés sur la carte. Jusqu’à présent nous n’avions traversé qu’une flaque qui avait mouillé nos chaussures, là nous devons traversé une zone un peu plus qu’humide. Et hop, les pieds dans un ruisseau pour finir à la fraiche.

La Bourgogne, le Charolais, un parisien essoufflé.

La Bourgogne, le Charolais, un parisien essoufflé.

Fermement décidé à prendre mon temps au ravitaillement, je goute à tout. Un gentil bénévole me présente l’étal des boissons : coca, boisson énergisante et … potions magiques. Pinot noir local et blanc Aligoté. On a beau tous rêver de faire le marathon du Médoc ou autre course annonçant fièrement du vin au ravito, quand on est devant le fait accompli, on choisit de jouer le sportif qui va snober les délices du terroir. Et ce malgré leur fort taux en anti-oxydant. Je repars pour ne pas laisser d’avance à mon groupe de la forêt sur les 5 derniers kilomètres. Je me vengerai sur le vin au repas d’après-course.

En discutant de nos GPS respectifs avec un des coureurs, il m’annonce qu’il a 24 km sur sa montre. J’en ai aussi 24 et des poussières. Mouais !!! Par contre, il s’estime volé sur le dénivelé. Il manque au moins 150m alors qu’il ne nous reste que tout au plus 1km pour rejoindre ce brave Vercingétorix. Non, nous n’avons pas été volé. Les derniers 150m sont bien là dans la dernière côte. Personne ne s’amuse à essayer de courir. A un moment, nous envisageons encore de finir sous la barre des 3 heures. Il fait sombre et, si nous entendons le bruit de l‘animation, le tunnel végétal parait sans fin. Nous voyons enfin la lumière en même temps que retentissent les cloches à vache des bénévoles qui accueillent tous les «sortis du bois». 3h pile. Mon compagnon lâche l’affaire. Ses enfants viennent le rejoindre et il me laisse le distancer. Je continue à courir pour le dernier demi-tour du village. J’accélère pour rattraper un gars que je n’avais pas vu avant. Quand je suis presque à son niveau, il tourne la tête et je l’invite verbalement au sprint. Pour les 10 derniers mètres. Le chrono nous donne le même temps à la seconde près. C’est fini. 3h1mn58s pour 25,4 km d’après mon GPS. Avec 24 vrais kilomètres, j’aurais vaincu la barre des 3 heures c’est sur.

Un rapide scanner de la mécanique. Ma douleur à la voute plantaire, que j’ai quotidiennement massé avec une balle avant de l’attaquer à la glace, a décidé de rester à Paris. Avec ma grande amie, la périostite tibiale. Tant mieux. Bien sur, ça chauffe au niveau des cuisses et des mollets. Mais j’aurais pu faire le 34 km. Je sais, c’est prétentieux pour un débutant. Mais j’ai bien géré l’effort et limité la casse dans les descentes qui restent ma grande faiblesse.

Il reste un peu de batterie dans la GoPro. Je m’installe pour attendre Anne-Claire. Elle arrive 8 mn plus tard en levant les bras de la victoire. Dans sa belle tenue toute neuve baptisée à la gadoue bourguignonne. Elle qui avait peur de sa cheville faiblarde ces derniers temps, elle est là. Elle qui n’avait jamais couru autant de kilomètres, même sur bitume et sur du plat, elle est là. Pas loin derrière moi finalement. Toujours avec moi.

Allez un dernier petit effort !

Allez un dernier petit effort !

Elle creuse l’écart avec sa challengeuse sur la dernière petite montée. Elle finit devant sans sprinter. Je suis à la fois soulagé et fier d’elle.

We did it !!!

 

Ah la Bourgogne !!!

Ah la Bourgogne !!!

Liens sur l’Alesia Trail 2013 :

 (merci de laisser vos critiques en comm. Trop long ? Trop soporifique ? Trop de la balle ? … je promets de censurer toutes celles qui ne m’arrangent pas mais de les prendre en compte quand même, en loucedé) 

 

25 Comments on “CR Alesia Trail – La Tendinix – 22 Septembre 2013

  1. Ahhh très bon ce CR, bien frenchy en tout cas avec le maximum de traduction, pourtant moi j’aime bien les singles 🙂

    J’aime bien le ton, et l’histoire, et à moins que tu ne te sois senti comme au saut du lit après une grasse mat durant toute la course, ça manque un peu de détail sur ton ressenti, pas de coup de mou? pas d’euphorie?

    Vivement le prochain.

    • Ben j’étais en mode bonne humeur et déconne. Avant que je me torde de douleur à cause de je sais pas trop quoi d’ordre urinaire sur plusieurs km (passé depuis ce matin). Et pas vraiment un gros coup de mou en fait. Je te dis, j’aurais pu faire le 34 km.
      J’ai un problème à ce niveau. Je n’ai jamais heurté le mur. J’ai peur du jour où ça va m’arriver si je ne sais pas gérer (dans 6 mois par exemple, sur le bitume du marathon de Paris). Et je suis euphorique dés que je cours dans une forêt de toute façon. Et maso au point d’adorer les montées à plus de 10%.
      Par contre, il est évident que la GoPro a du trop me distraire et m’empêcher de créer la bulle habituelle. Je ne filmerais pas toutes les sorties comme ça.

  2. Tu débordes de sucre dans le cerveau 😀
    Sympa et rigolo ton CR. Vous avez du bien vous régaler avec ce superbe soleil.
    Parle moi ce soir de ton pb urinaire !

  3. Super CR !

    J’y étais également mais sur le 16 kms avec ma petite bande 😉

  4. Bravo pour ce « Timsit-trail-world-championship » 🙂
    Quel plaisir de vous lire, ça me donne vraiment l’envie de continuer à progresser même si ce ne sera jamais phénoménale !
    J’aime l’idée de faire ça avec Madame.
    Encore bravo et merci pour vos récits.

  5. Bravo, super temps dans ts les sens du terme!! Super ton compte rendu, j’ai adoré le lire, j’aime bcp ton style. J’ai bien ri….Et bravo à ta femme aussi, elle a une bonne foulée. Concernant la team déconne, c’est eux qui m’ont escortée pdt quelques mètres, et j’ai marché avec certains d’entre eux aussi sur une partie du parcours tout en bavardant, c’était vraiment sympa. D’ailleurs je les ai retrouvés sur sur facebook, et j’ai lancé le pari que je ferai le 51 l’année prochaine s’ils veulent bien m’escorter encore (bon sur quelques mètres aussi lol ) sur cette distance, ils sont d’accord lol. J’ai plus qu’à tenir ce pari, et surtout j’ai un an pour m’entrainer !!!

    Tu es largement capable de faire les 51 km sans problème,

    • La team déconne, je leur ai envoyé la vidéo de leur arrivée triomphale. Merci pour ton message super sympa. Rendez-vous l’année prochaine pour le 51 alors. D’icî là, j’essaierais de voir ton amie Florence à la Saintélyon.

      • Merci l’ami je suis donc un de ces fameux team déconneur Thierry le plus vieux lol,et je viens dons de voir ton commentaire par l’intermédiaire d’un amie découverte justement à L’Alésia.
        Je t’invite à aimer notre page Team Déconne sur Facebook si ce n’est pas déjà fait.

        Amitiés Trail

        Thierry/trail déconne

  6. Pas vraiment fan de courir pour courir, quand je lis ton CR ça donne quand même envie car ça donne un but à la course à pied. Dans le cas présent, le paysage, le bonheur de traverser des portions qui nous change du goudron/bagnole/stade municipal !

  7. Pingback: CR Course des Terrils – 28/29 Septembre 2013 | Endomorfun

  8. Merci à toi pour ce CR et surtout ce petit clin d’oeil à la Team Déconne dont je suis un des membres Actif. Je te remercie donc et je t(invite à mon tour à venir me lire sur mon blog.
    Tchao et à bientôt.
    Laurent Vautrin.
    ps: page facebook Team Déconne qui existe également 😉

  9. Pingback: 2013 : Bilan d’une première année de course | Endomorfun

  10. CR très sympa. Je souhaite m’inscrire cette année à l’Alésia trail mais hésite sur la distance 34 ou 51, et les éléments que tu donnes me confirme que ça doit être une course très sympa, un poil exigeante sur le plan physique. On s’y retrouvera peut-être fin septembre 2014. Un Timsit Trailer doit se repérer assez facilement…

    • J’aurais bien fait au moins le 34 voire le 51 cette année. Mais au final, vu que j’ai un planning chargé pour préparer la Saintélyon, si je viens à Alesia, ce sera raisonnablement pour le 24 encore une fois. « Exigeante sur le plan physique », je dirais que c’est un trail « standard ». N’oublie pas que je suis encore un débutant et depuis ce CR, j’ai fait beaucoup plus dur (là je sors d’un 55 km, 1900 m D+ en Islande). Franchement, je pense que je tenterai le 34 si ce n’est pas trop proche d’un autre trail de prépa.

  11. Inscrit pour le 24 ! avec comme objectif faire mieux que mon gourou (soit moins de 3h) 😉

    • En espérant qu’il fera le même temps que l’année dernière parce qu’à mon avis, ça peut vite devenir l’enfer sur terrain gras et sous la pluie. Moi je vise 4h pour le 34. C’est chaud mais cette fois, pas de GoPro.

  12. Pingback: [Récit] Alesia Trail 2014 : anatomie d’une leçon d’humilité | Endomorfun

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