Inside ChiRunning (3) : Echapper au coyote par la relaxation

Déjà 6 semaines que je suis le programme d’apprentissage de base proposé par le livre de Danny Dreyer.

Après la posture et l’inclinaison, je me suis concentré sur la relaxation du bas des jambes puis la rotation du bassin. Tout cela est couvert sur les 4 leçons suivantes.

Dans un premier temps, Danny propose d’apprendre à lever le talon avec le pied totalement relaxé, plutôt que de pousser avec les orteils, comme on a tendance à le faire pour se « propulser ». J’avance dans l’acquisition de la fluidité et, n’hésitons pas à dire, la beauté de la foulée du ChiRunning. L’inclinaison me fait perdre l’équilibre en me faisant avancer horizontalement. La jambe pose alors le pied à l’aplomb de ma « Colonne » (au sens de la posture vu précédemment). La suite consiste à relever ce pied dans un mouvement léger en commençant par décoller le talon du sol. Danny emploie l’image claire d’un timbre que l’on décolle de son support adhésif.

L’absence de propulsion du pied posé diminue l’effet de rebond. Celui-ci ne sert à rien dans la course mais crée un impact générateur de blessure. Le « décoller du talon » va au contraire se faire avec le bas de la jambe et la cheville totalement relaxée. La pose suivante du pied va aussi se faire plus naturellement sur le médio-pied et non plus sur le talon. Celui-ci fait une rotation comme s’il s’appuyait sur un pédalier imaginaire.

Le livre propose un série d’exercices pour bien sentir ce mouvement, en commençant par du sur-place puis de la marche. Comme souvent dans l’approche, on alterne phase de concentration sur le point (Form Focus) et phase de laisser-aller au « naturel ». Ceci permet de bien sentir la différence mais aussi de sentir qu’elle s’estompe au fur et à mesure que l’on pratique. La semaine suivante propose de continuer ce travail de légèreté de la pose sur le medio pied avec un exercice assez redoutable : marcher puis courir en employant le « décoller du pied » dans une zone de sable. Cela tombe bien, il y a un grand bac à sable pour les enfants dans le parc où je m’entraine tous les jours. Je passe donc quelques matinées à massacrer le travail d’aplanissement et de nettoyage dudit bac par l’employée du jardin public. Tous les matins, j’attends qu’elle ait fini de tout ratisser et aplanir pour aller y mettre l’empreinte de mes chaussures. J’ai beau être un runner zen, j’ai un peu mauvaise conscience.

Normalement avec une foulée légère et relaxée et une cadence rapide, je dois laisser une trace parfaitement homogène et plate dans le sable. Si je me réceptionne sur les talons ou si j’utilise la propulsion des orteils pour « rebondir », je laisse un cratère. Le test est très parlant. Après 4 séances, j’arrive à laisser le très joli dessin de la semelle mes Saucony Kinvara. Je pense que je peux faire cet exercice essentiel pendant la semaine suivante en fin de session, jusqu’à ce qu’il devienne plus naturel de courir avec cette légèreté dans la pose et le décollage du pied. Tant pis pour le regard noir de l’employé du jardin qui a du me repérer. Oui, Danny, je sais, il faut passer outre le regard des autres. La lecture d’un chapitre plus avancé du livre sur les blessures dit également que c’est exercice, à faire régulièrement, est très bon pour ceux qui souffrent … de périostite tibiale.

Ca ne m’empêche pas de passer à la leçon suivante qui aborde, cette fois, le mouvement du bassin.

Celui-ci est relevé dans la bonne posture pour « engager le noyau » comme le dit Danny Dreyer, pour solidifier la colonne d’énergie. Mais il doit aussi accompagner le mouvement des jambes vers l’arrière pour lui donner une plus grande amplitude, sans forcer au niveau de la jointure jambes-hanches. Pour bien ressentir la rotation du bassin, Danny propose un exercice de marche très rapide, comme l’on marche au bord d’une piscine, quand on se fait enguirlander par le maitre-nageur qui nous a surpris en train de courir trop près du bord. Il ne s’agit pas de travailler quoi que ce soit mais de ressentir. Et d’arriver à ressentir cela quand on se remet à courir. Là aussi la semaine n’est pas de trop pour bien assimiler ce point.

La semaine suivante sera donc sur le même thème. Une sorte de révision de la posture, l’inclinaison, la souplesse du bas des jambes et la rotation du bassin. Avec un point de concentration sur l’opposition des forces. Il faut arriver à sentir la force du haut du corps vers l’avant, par la gravité, et la contre-force du balancement des jambes vers l’arrière. Il ne faut pas oublier l’optique héritée du Tai-chi. Ressentir l’effet de toute modification sur le corps est également quelque chose qui se travaille. C’est même visiblement, d’après les témoignages que j’ai lu, ce qui fait la différence entre quelqu’un qui s’est contenté de suivre une méthode technique et quelqu’un qui a fait du ChiRunning une véritable pratique.

Au terme de ces 6 semaines, je suis donc à moitié de la préparation de base. J’ai vraiment l’impression d’avoir avancer. Je travaille les Form Focus de la semaine 2 à 3 fois dans la semaines, réservant une session longue à la révision de tous ce que j’ai vu depuis le début. Je viens de faire mon premier trail, un petit 14km en Lozère avec 500m de dénivelé. Cela m’a permis de constater que je ne maitrisais pas du tout les techniques propres à la discipline de trail running, en particulier la descente quand elle devient très technique.  Mais j’ai quand même lu les conseils de Danny sur la montée et la descente et essayé d’appliquer tous les principes vus depuis le début sur les parties roulantes. Par exemple, sur une descente praticable, Danny conseille d’accentuer la rotation du bassin que je viens de travailler. Je peux vous promettre qu’il est facile de voir l’efficacité de ce conseil avisé. Je cours plus relâché et donc plus vite sans forcer et sans freiner. Je suis plus réservé sur les conseils dans les parties moins abordables mais j’ai encore le temps d’apprendre.

J’allais oublié les aventures extraordinaires de ma périostite tibiale. Il faut dire que je l’oublie de plus en plus souvent. Les dernières techniques allégeant l’impact du pied sont particulièrement efficace pour cela. Il arrive encore que le soir ou le matin au réveil, je sente un échauffement aux 2 tibias. Elle n’a pas disparu comme par enchantement. Mais elle est absente de mes sessions de course après quelques minutes d’échauffement et de concentration. Quand j’y pense, c’est surtout pour m’extasier de joie devant mes résultats. Les descentes du trail, assez techniques d’après d’autres participants, auraient pu être un calvaire à ce niveau. Au contraire, en passant la ligne d’arrivée, le seul sentiment que j’ai eu était la frustration de n’avoir pas choisi le parcours plus long.

Pour finir, je vais répondre à la question que vous devez vous poser : pourquoi Bip-bip (Road Runner en VO) pour illustrer cet article ?

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Dans le livre, Danny utilise cette image pour illustrer les principes de la course dans le Chi-Running : une posture bien droite, une inclinaison parfaite et des pieds qui pédalent vers l’arrière. Demain je pourrais donc mettre une raclée à tous les coyotes avec ma technique de course 🙂

Bon la seule fois où j’ai croisé un tel animal, dans le parc de Yellowstone, il était plutôt zen et ne m’a pas donner envie de courir.

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