[Test] Loubsol Race, lunettes à verre photochromique

Quand la Runnosphère nous propose un test de lunettes de soleil pour la course, ma première réaction est de me dire « Oui bof, en quoi serais-je pertinent ? Je n’ai jamais eu qu’une paire de lunette pour le vélo et la course et elle me va très bien sans que je me pose trop de question sur cet accessoire». Mais un oeil sur le catalogue Loubsol et je me dis que rien que pour le look sympa, ça vaut peut-être la peine d’y réfléchir. Et puis le côté geek reprend le dessus.

Fidèle à mes habitudes de non-journaliste absolument pas objectif, je vais commencer par ce que je connais. Quand, il y a 2 ans, je suis entré dans un magasin spécialisé running et triathlon toulousain, pour acheter une paire de lunettes, j’ai passé un peu de temps à me faire expliquer les différents types et modèles. J’ai opté pour un verre dit photochromique, qui change de teinte, donc qui fonce ou s’éclaircit, en fonction du niveau d’UV.

Test VTT, avec alternance clairière et sous-bois : CHECK !!

Test VTT, avec alternance clairière et sous-bois : CHECK !!

Les allergiques aux cours de physiques, enfin d’optique, passez quelques lignes. Je veux juste rappeler que la lumière est composée de 3 spectres : les UV, ultra-violets que l’on ne voit pas et que l’on va chercher à filtrer au maximum à cause de leur nocivité, la lumière visible et les infra-rouge. Le filtre qui va nous intéresser concerne uniquement la lumière visible puisque nous cherchons à diminuer la forte luminosité qui nuit à notre visibilité. Logique non ?

J’ai appris qu’il existait une norme européenne, EN1836, qui définit des catégories de verres en fonction du niveau de filtrage. On a donc une échelle de coefficient de transmission de la lumière visible (VLT pour Visible Light Transmission en européen dans le texte). Cette échelle va de 0 à 4. Bon à 0, vous l’aurez compris, il n’y a aucun filtrage. 4 ne va laisser passer que 4 à 8% de lumière visible. Autant dire que c’est surtout adapté aux milieux à forte réverbération comme la haute montagne enneigée. Pas vraiment mon terrain de jeu pour la course à pied pour le moment. Et pour le ski, enfin le snowboard, je préfère le masque. Mes lunettes habituelles ont un verre photochromique de catégorie 1 à 2. Elles laissent passer entre 17 et 56% de lumière. Leur verre varie avec une réactivité qui me va très bien pour mes sorties vélos en hiver, en sous-bois, ou mes trails où je passe régulièrement d’une zone ensoleillée à une zone ombragée. Je précise que je fais surtout de la moyenne montagne en trail. Bien sur la visibilité et le contraste, pour évaluer les reliefs, sont essentiels quand on court. La monture est standard et adaptée à ma grosse tête. Elle ne bouge pas mais me fait une légère tête de mouche humaine quand même. Je suis lucide.

Voilà donc toute mon expertise sur les lunettes de soleil pour ma pratique sportive. J’ajoute que je m’en sers souvent pour conduire.

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Loubsol Race

Loubsol !!! Entreprise basée à Saint-Claude. On va évacuer direct la tentation de faire une vanne sur la spécialité artisanale mondialement connue de cette ville du Jura. Pour les béotiens, Saint-Claude se prétend depuis le 19ème siècle « Capitale de la Pipe ». Voilà c’est dit, on respire bien et on se concentre sur les lunettes. Made in France donc. Pour moi, cela reste un gage de qualité. En tout cas, ça devrait. La marque, dont je ne connaissais que les masques de ski, me propose donc parmi ses modèles de l’année un modèle Race à verre photochromique. Sachant que ça va me donner un bon élément de comparaison par rapport à mon usage et qu’en plus, Loubsol était le précurseur du photochromique sur ses masques dans les années 70. Cela fait sens.

En plus, elles coutent exactement le même prix que mes habituelles, 79€, prix public.

Sans trop réfléchir, presque naturellement , je prend celui-là. Pas du tout parce que la monture est noire et rouge, les couleurs que j’affectionne, ce qui est évident quand on regarde ce blog ou mes fringues de course à pied. Leur design est somme toute assez classique mais je suppose que je choisis toujours des designs assez classiques. On est loin des lunettes à Pépé quand même.

Monture, 2 verres photochromique cat.2-3 et jaune cat.1, un boitier sympa et l'indispensable chiffon.

Monture, 2 verres photochromique cat.2-3 et jaune cat.1, un boitier sympa et l’indispensable chiffon.

Le verre est orange quand je suis plus habitué à un gris cendre. Je dis que je n’ai pas trop réfléchi parce que je me retrouve avec une paire de catégorie 2 à 3 qui va donc laisser passer de 43% à 8% seulement de lumière visible.  Dans les sous-bois en VTT, par temps d’hiver francilien, ça pourrait gêner. Sauf que Loubsol me livre également un verre jaune de catégorie 1 plus adapté à cette situation. Donc un verre pour le vélo l’hiver, un verre pour le soleil l’été. Soit. Pas si mal en fin de compte. D’autant que le système d’attache du verre est facile à utiliser. Bon la première fois en défaisant le blocage d’un côté, une écaille de peinture m’est resté dans la main ce qui a « ruiné » le look de la monture. Dommage.

Le système pour déclipser le verre. Finalement assez facile à manipuler.

Le système pour déclipser le verre. Finalement assez facile à manipuler.

Arghhhh !!! ma première expérience avec le clip de changement de verre a ruiné mon total look. Mais bon, je n'aurais qu'à raconter que je les ai abimé en me cognat sur un rocher dans un passage très technique.

Arghhhh !!! ma première expérience avec le clip de changement de verre a ruiné mon total look. Mais bon, je n’aurais qu’à raconter que je les ai abimé en me cognant sur un rocher dans un passage très technique.

Le port

Avant de parler des qualités optiques, abordons le délicat sujet du confort. A la base, je n’aime pas porter des lunettes et suis vite sujet à des irritations derrière l’oreille. Je prie régulièrement pour que le moment où je devrais porter des lunettes de vue arrive le plus tard possible. 48 ans dont 30 d’ordinateur intensif, je pense que ça ne va pas durer. En plus, comme je l’ai déjà dit, je suis plutôt dans le haut de l’échelle niveau taille de tête. Je n’y peux rien, c’est la taille du cerveau Ben oui j’ai la grosse tête, c’est ce que je viens de dire. Je n’ai pas non plus un nez spécialement fin mais cela n’a rien à voir avec une quelconque fonction intellectuelle. Enfin je crois. Donc, bien sur, mon jugement sur le confort doit s’entendre dans mon contexte morphologique.

Les Loubsol Race sont plus petites que mes habituelles mais je ne ressens aucune gène. Au contraire, ce qui surprend c’est la légèreté qui serait due au thermoplastique utilisé. Le TR90 serait réputé pour être léger, flexible et solide. Tant mieux. Les branches plutôt droites et terminées par une espèce de caoutchouc souple ne pose aucun problème d’irritation. Même après 6h30 de trail par jamais moins de 33°C, donc avec beaucoup de transpiration. Bon point. Très bon point même.

Au début de la course, je me suis surpris à les remonter quelque fois sur le nez mais je n’ai jamais fait gaffe si je le faisais sur mes habituelles. En réglant un peu le serrage de la plaquette anti-glisse, le phénomène disparait.  Je parle de course en terrain technique. En vélo tranquille, j’aurais râler si j’avais du faire cela mais je n’en ai pas eu besoin. En tout cas, ce n’est pas vraiment un problème. Je cherche la petite bête.

Test Trail 6h30 sous 32 à 36°C : CHECK !!

Test Trail 6h30 sous 32 à 36°C : CHECK !!

Globalement, les lunettes sont plus petites et donc normalement plus serrées mais je n’ai pas eu de problème de confort. Exit la tête de mouche. Quoique. Je vous laisse juge des photos. Et cela donne une excellent maintien, y compris quand on les relève sur les cheveux ou sur une casquette. Cela ne glisse pas. J’ai même essayé le « headbanging » sur de la musique heavy metal. Vous savez le secouage de tête en cadence. Et bien ça tient. Je les valide donc pour la pratique intensive du «Progressive Doom Brutal Death Metal », même si je doute que le service marketing de Loubsol ait vraiment pensé à cet usage.

La vision

On ne nous annonce pas ici de système super magique, innovant, à l’efficacité cliniquement prouvée en laboratoire – des petits trous quoi – qui permet d’éviter la formation de buée. Mais là encore, ni en vélo, ni en trail par forte chaleur, je n’ai eu à déplorer de problème. Quand le verre est trop fort pour des chemins trop ombragés, je les relève sur ma tête. Cela créer forcément de la buée. Mais elle disparait vite sans que j’ai besoin de sortir un chiffon sec. D’autant qu’un truc « sec » dans mon sac de trail, ce n’est pas évident à sortir souvent.

Je n’ai vraiment aucune réserve sur le confort. Encore une fois, 6h30 à transpirer et à passer d’une descente technique ombragée à une montée en plein soleil, cela permet d’avoir un bon avis sur la question.

Le verre fait également son office. Déjà il est large et couvre une bon champ de vision. En vélo, dans un bois avec quelques passages en clairière ou sur route dégagée, je les ai vite oubliées. D’accord, on est en été, la luminosité est plutôt forte. Encore une fois, en hiver, le verre catégorie 1 sera plus adapté. En trail, il y avait parfois trop d’ombre pour une catégorie 2 donc je les ai relevées. Je le fais également avec mes lunettes habituelles qui descendent pourtant à la catégorie 1. On est d’accord qu’autant en vélo, les lunettes protègeant du vent et des moucherons, on les garde en permanence, autant en course, cela ne gène pas de les enlever quand il fait trop sombre. Je n’ai rien remarqué de spécial quant à la réactivité d’adaptation du verre photochromique aux différentes zones de luminosité. Le contraste est agréable. J’aime finalement beaucoup la teinte orange. Ca rend bien les couleurs de la forêt en leur apportant une peu de chaleur. Je sais, le but n’est pas d’avoir un filtre instagram sur les yeux mais on est aussi là pour apprécier le paysage non ? En tout cas, moi à la vitesse à laquelle je roule/cours, je prends ce temps.

Un dernier test : la voiture. Si la catégorie 4 est déconseillée en voiture, un photochromique de catégorie 2 minimum devrait me permettre de les utiliser en voiture. Le test est positif mais ce ne sera clairement pas mon premier choix pour la conduite, le verre étant un peu trop fort. Quoique je me suis surpris à ne pas les avoir enlever dans un tunnel.

Le verre jaune, plus adapté au vélo par faible luminosité.

Le verre jaune, plus adapté au vélo par faible luminosité.

Dans tous les cas, j’aurais pu résumer mon test à « je les oublie facilement », ce qui est, à mon avis, une grande qualité pour des lunettes. Ces Loubsol Race remplissent donc tout le cahier des charges de mes attentes pour mes usages « outdoor » et si je ne devais retenir qu’un avantage par rapport à ce que j’ai essayé ailleurs, c’est leur légèreté.

Et au final, en regardant les photos de mon trail, j’aime beaucoup leur look. Compte tenu qu’avec les deux verres de qualité je couvre un champ de catégorie 1 à 3, le rapport qualité-prix est excellent sur cet aspect là aussi.

Adoptée !!!

D’ailleurs, je suis parti en vacances au Portugal avec et je les ai en permanence sur moi. Même pour me promener en ville.

Prix public : 79€ (cliquer ici pour trouver un revendeur près de chez vous)

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One Comment on “[Test] Loubsol Race, lunettes à verre photochromique

  1. De toutes façons, les lunettes de sport de qualité sont obligatoirement Made In Jura !!! (bon, en même temps j’ai du mal à être objectif, j’habite à 2 pas de St Claude…). Je teste actuellement 2 paires de lunettes, un autre modèle Loubsol (évidemment, vive la Runnosphère) et un modèle Julbo (Made In où déjà???) et j’ai déjà une préférence mais je garde mes conclusions pour la fin de l’été! En tout cas, j’apprécie ta manière de tester ces lunettes car tes critères sont assez proches des miens au final : quand tu oublies que tu as ta paire de lunettes sur les yeux, c’est bon signe et quand tu continues à les porter en dehors du sport, c’est encore mieux!

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