[Test] Polar M400 – Montre GPS-Cardio petite et complète

AVERTISSEMENT : l’électronique grand public, et surtout les objets connectés, sont en constante évolution au niveau de leur logiciel interne et des logiciels compagnons. Il est donc important de replacer ce test dans le temps. Dans la version de l’article que vous lisez, le logiciel interne de la Polar M400 est en V.1.7.1 (Novembre 2015). Nous faisons des mises à jour datées si les apports et corrections remettent fondamentalement en cause ce que nous avons écrit. 

Sommaire :

Contexte

Depuis mon premier article sur une montre de sport GPS-Cardio, je reste fidèle à mon habitude quand j’ai la chance de tester un nouveau modèle. Je cherche d’abord à la mettre en rapport avec mes vrais usages d’entrainement, de course et de suivi d’activité journalière. Ensuite, je m’intéresse aux spécificités mises en avant par le marketing du produit. Histoire de ne pas tourner en rond et de rater des innovations réellement intéressantes. Sinon autant rester sur ma vieille Garmin 310XT qui reste un outil parfaitement adapté.

Jusqu’à présent, je n’ai pas eu de montre de la marque Polar. Il faut dire que tant en terme de design, d’utilisation de technologie trop propriétaire ou d’outil d’analyse, je n’étais pas vraiment séduit par l’offre. Jusqu’à l’apparition de la V800, fer de lance orienté multi-sport-triathlon. Celle-ci rattrapait le retard de la marque, connue pour avoir été pionnière dans l’utilisation du cardio-fréquencemètre à destination des sportifs. Excusez du peu. C’est la petite soeur, très orientée « running » que j’ai depuis quelques semaines, la M400, sortie il y a environ 1 an.

A noter que depuis que j’ai assisté à une soirée de lancement en 2014, c’est visiblement du côté de l’outil web/application mobile Polar Flow que d’énormes progrès ont été faits. C’est simple, je vous donne ma conclusion sur le sujet : c’est l’application qui a la meilleure ergonomie et le meilleur design de toutes celles que je connais (en vrac : Garmin Connect, TomTom MySports, Suunto MovesCount, Strava, Runtastic …). Nous sommes dans un monde où les mises sur le marché sont trop rapides, pour suivre la concurrence dans la course au « time to market ». Cela encourage les constructeurs à sortir des bébés pas tout à fait au point. Un an de maturité permet normalement de voir un produit stable et mature. Surtout quand le constructeur en question est reparti d’une feuille blanche, comme c’est le cas ici. Ajoutons qu’un an permet de voir apparaitre des offres commerciales intéressantes. La M400 fait partie des meilleurs rapport qualité-prix.

Maintenant, que je vous ai donné une bonne idée des mes conclusions, entrons dans le vif du sujet.

Fidèle à mes habitudes, plutôt que de tenter un test exhaustif de toutes les merveilleuses fonctions de cette M400, je vais présenter mon usage de la montre selon les axes suivants :

  • Le  démarrage et le fonctionnement général
  • Le paramètrage et les applications compagnons web et mobile
  • L’utilisation en course et en trail.
  • L’utilisation pour mes entrainements fractionnés
  • Les fonctions d’analyse de séances
  • L’interopérabilité avec d’autres systèmes.
  • Le tracking d’activité/sommeil
  • Les fonctions différenciatrices et originales et ce qu’elles pourraient nous apporter.

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Découverte

La montre elle-même est plutôt fine, légère et discrète. L’exemplaire que je teste est noir mais elle se décline également en blanc, bleu et rose. De petite taille, d’un design sympa et avec un bracelet en silicone confortable, on imagine bien la porter tous les jours. Tant mieux vu qu’elle est sensée enregistrer notre activité quotidienne et même notre sommeil. J’ai un peu plus de mal à dormir avec ma grosse Suunto ou certaines Garmin.

La fonction « montre » propose plusieurs vues. Je choisis la version « analogique » pour avoir les aiguilles à l’ancienne.

M400-photo3

Il y a 5 boutons pour la piloter. Et on sent l’inspiration Garmin dans le choix des fonctions. A moins que ce ne soit l’inverse.

  • Deux boutons haut et bas, pour naviguer dans les options de menus.
  • Un bouton « start «  qui sert à valider un choix, à démarrer une activité sportive et à marquer un tour manuel.
  • Un bouton « back » pour revenir en arrière d’un écran, mettre en pause, voire arrêter, par appui long, l’activité en cours.
  • Le dernier bouton est « light » qui, comme son nom l’indique, allume le rétro-éclairage mais permet aussi d’accéder à un menu contextuel en cours d’activité.

La ceinture cardio-fréquencemètre n’a rien d’original. Mais en même temps, c’est eux qui l’ont pratiquement inventé non ?

Sur le papier, la M400 est donnée pour 10h d’autonomie en mode GPS activé et 30 jours en mode montre. Ce genre de données me laisse toujours perplexe. On ne vérifie jamais le mode montre sur autant de temps, sinon à quoi sert d’avoir une montre GPS. Bref. Le problème n’est pas là pour moi. Après rechargement complet de mon exemplaire, je n’ai tenu que 5 jours, dont 3h15 d’activité sportive utilisant le GPS et le cardio-fréquencemètre. On est loin des données annoncées. D’autant que cela me prend au moins 2h pour la recharger sur un chargeur USB standard à 1A. Mon exemplaire n’étant pas neuf, je ne sais pas s’il date ou si la batterie a été bien rodée. Je lis, ça et là, des tests qui donnent quand même des chiffres plus cohérents avec les spécifications du constructeur.

L’eco-système Polar Flow

A l’instar de tous ces concurrents actuels, Polar a bâti le système autour de ses montres GPS-Cardio-fréquencemètres avec un site web, sa déclinaison en application mobile et bien sur un compte utilisateur et un logiciel pour connecter le site avec la montre via un câble USB sur votre ordinateur. Tout ceci est rassemblé sous le nom Polar Flow.

Polar Flowsync fait le lien entre votre montre, l'ordinateur et le site Polar Flow.

Polar Flowsync fait le lien entre votre montre, l’ordinateur et le site Polar Flow.

Rien de particulier à dire sinon que cela marche plutôt bien et ne pose pas de problème particulier. Ni pour l’installation du logiciel pilote Polar Flowsync sur l’ordinateur, ni sur l’appairage avec le mobile. Ne rigolez pas, ce n’est pas si évident chez d’autres concurrents.

Grâce au Bluetooth, la M400 permet, à l’instar de la plupart des modèles récents, de vous relayer les « Smart notifications » de votre smartphone. Polar a même ajouté une bonne idée : une plage « ne pas déranger » pour la nuit. Contrairement à la concurrence, la notification disparait au bout de 30 secondes et je n’ai pas trouvé un moyen de les consulter à posteriori.

La prise micro-USB se branche derrière la montre

La prise micro-USB se branche derrière la montre

Vous partez donc de votre ordinateur connecté à internet. C’est obligatoire, pour créer votre compte Polar Flow. Tous vos paramètres, y compris physiques, vous sont demandés à ce moment. La particularité de Polar est d’ajouter ce qu’ils appellent votre objectif d’activité quotidienne. Il s’agit d’un choix simple entre 3 niveaux.

Je prends le niveau 1, qui fait « un peu » de sport mais passe le plus clair de son temps assis derrière son bureau. L’application l’indique que mon objectif journalier peut être réalisé soit avec 7h20 de tâches debout, soit 2h11 d’activité moyenne comme la marche, soit 57 minutes de courses. Pas si évident en dehors de mes jours d’entrainement mais nous en reparlerons.

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Rassuré par la connexion de tout le système, il est temps de jouer avec la montre elle-même. Il faut bien sur attendre une première synchronisation entre le compte Polar Flow et l’appareil.

Ma montre à moi !

Quand on est en mode « pré-entrainement », on peut choisir parmi une liste par défaut de profils de sport comme la course à pied, la marche ou le cyclisme. Bien sur, je repasse directement sur le site web Polar Flow pour personnaliser tout ça. D’autant que vous pouvez créer 20 profils de sport. Ce qui est largement trop.

Jusqu'à 20 profils de sport.

Jusqu’à 20 profils de sport.

A l’intérieur d’un profil de sport, tous les paramètres d’une activité sont là. Cela me rappelle beaucoup Movescount de Suunto. D’ailleurs, je retrouve mes écrans personnalisables, appelés « Vues d’entrainement ». Le jeu des données affichables est relativement complet. Durée, distance, allure/vitesse peuvent être donnée en instantanée, avec les problèmes que cela pose sur tous les GPS de sport. Les mêmes données sont aussi possible au tour en cours (Lap), au dernier tour bouclé ou en moyenne. Il est également possible d’afficher des vitesses minimum et maximum, une zone de vitesse et le temps passé dans une zone de vitesse donnée. Historique Polar oblige, il ne manque rien au niveau Fréquence cardiaque : zone, temps dans la zone, mini/maxi, moyenne …

A noter que Polar distingue des tours/laps automatiques, paramétrables dans le profil du sport soit en durée, soit en distance et les tours/laps marqués manuellement. C’est plus clair que chez les concurrents. Il est possible de faire un tour automatique pour avoir, par exemple, une allure au kilomètre en cours, et de marquer des jalons manuellement pour une analyse à posteriori.

Pour être complet, il faut ajouter des données liées à l’altitude et au dénivelé parcouru. Mais ce sont des données extrapolées via les points GPS, la M400 n’embarquant pas d’altimètre barométrique comme sa grande soeur V800.

Vous avez le loisir d’afficher de 1 à 4 données par écran, avec un maximum de 8 écrans.

Un jeu très complet de données pour personnaliser ses écrans

Un jeu très complet de données pour personnaliser ses écrans

En plus des écrans, il est possible de définir des paramètres personnels plus précis, dans un profil de sport, en définissant des zones de travail. Vous en aurez 2 types au choix : zones de vitesse ou zones cardiaque. Il n’est bien sur en rien obligatoire d’utiliser les zones pour utiliser la montre. Mais cela permet de travailler plus les sensations que les chiffres.

Les données physiologiques de votre profil.

Les données physiologiques de votre profil.

On entre sa FC max, il calcule alors les 2 seuils aérobie et anaérobie.

On peut aussi entrer sa FC Repos mais elle n’entre pas en ligne de compte dans le calcul des seuils. Les 5 zones cardiaques sont calculées par défaut. Bien sur, vous pouvez les modifier manuellement si vous avez un autre mode de calcul ou un coach « humain » qui préfère une autre répartition. Pour le débutant, les valeurs pas défaut permettent un bon travail.

Les zones de fréquence cardiaque.

Les zones de fréquence cardiaque.

De la même Zone de vitesse. J’ai calculé tout seul comme un grand des ratio de ma VMA de 16 et créer manuellement des zones sur les bornes à 60%, 75%, 90% (seuil aérobie), 95% et 100%.

Zones de vitesse

Zones de vitesse

Pour mes entrainements, j’ai aussi activé une alarme qui va bipper pour m’indiquer que je sors d’une zone cardio. Vous pouvez le faire aussi avec la vitesse mais en trail, cela ne m’intéresse pas vraiment.

En plus des « vues » personnalisables, il existe deux types d’écrans fixes que vous pouvez choisir d’inclure dans votre profil de sport : Zone FC et Zone Allure/vitesse. Sur le moment j’ai cru à une représentation de type graphe dans le temps mais non, il s’agit d’un graphe à barre. Ca m’a plutôt gêné dans mes fractionnés d’avoir ces écrans trop petits et pas forcément si utiles que ça pendant mon entrainement.

L'écran des temps passés dans les zones de FC.

L’écran des temps passés dans les zones de FC.

L'écran des temps passés dans les zones de vitesse.

L’écran des temps passés dans les zones de vitesse.

Ma montre est prête et personnalisée.

Dans le mode « course à pied », j’ai créé pas mal de vues écrans selon mes types d’entrainements, fractionné manuels, entrainements programmés, sortie libre, course … Normalement la simplicité est de mise mais j’étais en mode test. De toute façon, vous ajusterez vite à vos besoins réels.

Et si on courait ?

Je n’ai plus qu’à tester un petit run libre pour voir comment elle se comporte. Déjà, j’accroche le signal GPS assez rapidement. Merci le A-GPS et ses éphémérides synchronisés via la connexion internet du smartphone. Ceci dit, lors d’essais ultérieurs, par mauvais temps, je suis dans une moyenne équivalent aux dernières Garmin. C’est à dire acceptable mais pas si immédiat avec un maximum  d’attente à 2 minutes.

Je choisis « course à pied » et j’appuie sur Start. L’analyse à posteriori de ma trace ne relèvera pas de problème particulier sur la précision. Je suis à Paris, il fait nuit et il ne fait pas beau. Beaucoup des montres testées ont souvent perdu le signal satellite dans cette portion, surtout sous les arbres. Les vitesses instantanées sont difficiles à stabiliser dans toutes les marques, y compris haut de gamme. Certaines m’ont même fait courir au milieu du périph’ ou par dessus les toits. Donc la M400 est plutôt bien lotie. D’autant qu’elle est honnête et bippe pour me signifier qu’elle a perdu le GPS et va donc compenser en extrapolant ma distance.

La précision du tracé par le GPS est plutôt rassurante.

La précision du tracé par le GPS est plutôt rassurante.

L’écran est relativement lisible. Mieux vaut quand même éviter de mettre 4 données vu la taille. En courant, ce n’est pas forcément évident de comprendre les pictogrammes indiquant les données.

A 4 données sur l'écran, ce n'est plus évident de suivre pendant que l'on court.

A 4 données sur l’écran, ce n’est plus évident de suivre pendant que l’on court.

Une fois mon premier footing fini, je lance l’application sur mon iPhone. Celle-ci détecte bien la montre en Bluetooth. J’active la synchronisation sur la montre. Ce n’est pas automatique comme chez la plupart des concurrents. Et je vois assez rapidement mes données.

Polar Flow, version web ou mobile, dispose d’un panel complet de courbes et de données interprétées. Pour le débutant, une analyse qualitative du « Bénéfice de l’entrainement » est faite. Par exemple après une séance au seuil, j’ai « entrainement Tempo et Régulier ». Ce qui est plutôt satisfaisant. Et le message de félicitation détaille ce que j’ai travaillé en faisant ça. Super sympa. On retrouve cette orientation « Smart Coaching » dans toute la montre. Quand la concurrence a souvent les mêmes données enregistrées, Polar joue là la carte de l’assistance à l’analyse pour ceux qui n’ont pas une culture de geek de la course à pied ou un coach humain.

A noter que si vous travaillez des séances fractionnées au chrono sur piste, par exemple, vous avez bien sur la possibilité de marquer un tour (lap en anglais) manuellement pour retrouver vos intervalles sur l’application.

Marquage d'un LAP manuel

Marquage d’un LAP manuel

Programmer un fractionné

Il est temps de passer à l’entrainement « scientifique » et de programmer des séances de fractionnés. Cela tombe bien, j’ai mon programme pour le Grand Trail des Templiers à suivre, avec au moins une séance de VMA courte et une séance de Seuil par semaine. C’est parti pour la programmation. Je rappelle que, pour moi, malgré les efforts de toutes les marques, la référence en la matière reste l’éditeur d’entrainement de Garmin.

Pour créer un entrainement, il faut impérativement passer par le site web Polar Flow. Il faut cliquer sur la date prévue de l’entrainement puis choisir « Ajouter » et  « Objectif de la séance ».  Je n’ai pas trouver un autre moyen d’accéder à la création d’une séance que par l’agenda.

L'ajout d'un entrainement se fait par l'agenda.

L’ajout d’un entrainement se fait par l’agenda.

Ceci dit, une fois créé, vous pouvez le mettre en favori et ainsi vous constituer une bibliothèque de séances à réutiliser. Vos favoris peuvent être lancés depuis la montre sans avoir programmer l’agenda. Vous pouvez créer 3 types de séances :  « rapide », où vous ne fixez qu’un objectif en temps ou en distance, « contre la montre », où vous ajoutez une vitesse ou « par phases ». C’est bien sur ce dernier qui nous permet de créer une séance de fractionné. L’éditeur de séance par phase est relativement ergonomique et pas si éloigné de ma référence Garmin.

Vous pouvez d’abord ajouter un intervalle en choisissant « distance » ou « durée ». Une fenêtre d’édition s’ouvre vous permettant de préciser, entre autre, la cible d’intensité soit en zone de fréquence cardiaque, soit en zone de vitesse. D’où l’importance de bien spécifier ces zones dans votre profil.

Ajout d'une phase de l'entrainement.

Ajout d’une phase de l’entrainement.

Une précision pour ceux qui ont l’habitude d’autres systèmes : pour spécifier un intervalle de durée manuelle, terminée par un appui sur « lap », vous devrez quand même spécifier une durée. Cela ne veut pas dire que le chrono s’arrête à la fin de celle-ci mais qu’il va attendre que vous déclenchiez la séquence suivante. Concrètement, j’utilise ça pour mes échauffements. Je fais 20 minutes de footing puis je passe à un travail de gamme avant de démarrer le coeur de ma séance, les séries. A ce sujet, il est bien sur possible de créer des séries d’un ou plusieurs intervalles avec l’éditeur de « répétitions de phase». Vous pouvez même les imbriquer comme chez Garmin et créer quelque chose comme un 2x10x(30s/30s), r=3mn entre les 2 séries.

Il est possible de créer des répétitions imbriquées.

Il est possible de créer des répétitions imbriquées.

A la prochaine synchronisation avec votre montre, avec le câble USB ou en Bluetooth avec le mobile, votre séance sera prête à l’emploi. Suivre un entrainement fractionné c’est être alerté d’abord des débuts et fins de phase, ensuite d’avoir une indication que l’on se trouve ou nom dans la plage d’intensité cible. Pour cela, la M400 utilise à la fois la lumière et différentes alarmes sonores. C’est déjà plus pratique que chez Suunto, ou il faut regarder sa montre pour voir si on est dans la cible, et ça serait presque équivalent à Garmin s’il ne manquait pas le vibreur, bien pratique quand on est en environnement bruyant. Mais c’est bien le seul reproche. Il y a même le bip de compte à rebours pour prévenir que la phase se termine. Petit plus : le volume des alarmes est configurable. Autant dire que je l’ai mis au maximum.

En début de phase, la M400 vous rappelle ce que vous devez faire

En début de phase, la M400 vous rappelle ce que vous devez faire

Pendant la course, vous avez accès à vos écran mais aussi à un écran "compte à rebours" sur la durée de la phase avec indication de votre zone de FC.

Pendant la course, vous avez accès à vos écran mais aussi à un écran « compte à rebours » sur la durée de la phase avec indication de votre zone de FC.

Récapitulatif de séance sur l'application mobile (version Android)

Récapitulatif de séance sur l’application mobile (version Android)

Les outils d’analyse de Polar Flow

Une fois votre entrainement terminé et votre séance synchroniser sur Polar Flow, il est temps de passer à l’examen des données. A noter que la version mobile, que j’ai testée aussi bien sur Android que sur iPhone, est très proche de la version web. C’est rarement le cas. On a souvent moins de données sur le mobile. Pas ici.

Vous avez accès à un classique tableau récapitulatif de la séance : FC max, moyennes, calories, dénivelé …. Vous voyez  bien sur également la carte de votre parcours. Puis le calcul d’un running index, dont je reparlerai un peu plus bas. Vient ensuite le petit commentaire qualitatif du coach virtuel dont j’ai déjà parlé. Il est d’ailleurs un peu plus détaillé sur la version web. A ce sujet,  j’ai l’impression qu’il se base uniquement sur les vitesses et fréquences cardiaques moyennes. Il m’interprète une séance de VMA comme « entrainement régulier » (footing quoi) parce qu’il y a 20 mn d’échauffement, 10 minutes de retour au calme et tous les intervalles de récupération qui font chuter la moyenne de la séance. En seuil, il détecte une séance tempo, ce qui je crois est synonyme en anglais. Bref, cela reste un gadget sympa.

Le commentaire sympa (affiché en version résumée sur la montre à la fin de l'entrainement)

Le commentaire sympa (affiché en version résumée sur la montre à la fin de l’entrainement)

Le visualiseur de courbes de FC et de vitesse est beaucoup plus pratique. Vous pouvez promener un curseur pour voir les données en fonction du temps ou de la distance. Vous pouvez également, sur la version web, définir une zone de temps pour avoir les statistiques limité à ladite zone. J’ai cherche un tel outil ailleurs depuis longtemps. Vous avez ainsi une vue très précise de vos phases en positionnant la zone pile sur l’intervalle avec un calcul de moyenne sur toutes les données : vitesse, FC, distance, dénivelé … Personnellement, le geek du quantified self que je suis adore.

Beaucoup de données d'analyse.

La possibilité d’isoler une portion de votre séance (bande verticale rose) pour analyser finement un intervalle.

Si vous avez utilisé un entrainement fractionné, vous pouvez aussi voir chaque intervalle dans un tableau sans avoir besoin du visualiseur de courbe.

Tableau récapitulatif de votre entrainement par phase.

Tableau récapitulatif de votre entrainement par phase.

Pour en finir avec l’analyse, je suis bien forcé de reconnaitre, en tant que professionnel du développement, que les versions mobiles Android et iOS sont exemplaires et ergonomiquement supérieures à ce que j’ai vu dans d’autres services, liés à des montres ou non. Elle ont l’air très stables et, cerise sur le gâteau, gèrent parfaitement le mode paysage pour une vue agrandie très pratique du visualiseur de courbe.

Le visualiseur de courbes en mode paysage (Application Android)

Le visualiseur de courbes en mode paysage (Application Android)

Pour une vue analytique des données sur la durée, l’onglet « Progrès », sur le site web, propose toute une série de courbe. De quoi bien gérer son entrainement en mode scientifique.

La vue progrès en mode "mensuel".

La vue progrès en mode « mensuel ».

Ouverture sur le monde virtuel ?

Si comme moi vous utilisez toujours le même service en ligne pour vos analyses indépendamment du GPS utilisé, Strava dans mon cas, vous aimez bien que l’on vous propose une synchronisation automatique. Depuis peu, la connexion de son compte Strava à Polar Flow est enfin disponible.  Polar s’est fait régulièrement enguirlander par ses clients pour avoir reporter maintes fois cette fonction de synchronisation automatique. Pour d’éventuels autres services en ligne, vous disposez d’une fonction d’export de fichier standard TCX, pour réimporter votre session là où vous voulez. Il existe aussi le format GPX mais celui-ci ne prend pas en compte la fréquence cardiaque. Bien sur, tout ceci vous impose un ordinateur et une manipulation manuelle pour le faire. On avait perdu cette habitude avec le bluetooth et la synchro automatique.

Une petite subtilité qui peut gêner. Les tours/laps manuels seront bien retrouvés dans Strava. Par contre les « phases » de votre entrainement programmé ne sont pas récupérées sous forme de tours séparés.

Au même chapitre, Polar vient tout juste de permettre de partager votre séance sur Facebook. Franchement, je lis ça et là des commentaires sur cette fonction sans comprendre en quoi c’est si important. Mais je ne suis pas là pour juger de l’ego trip des coureurs. Surtout qu’un bloggueur est toujours un peu mal placé pour donner des leçons d’ego-centrisme. En tout état de cause, cette fonction vient tout juste d’être ajoutée.

Tracking d’activité et de sommeil.

Polar a suivi le mouvement du tracking d’activité, comme ses concurrents, en sortant une gamme de bracelet et en équipant ses montres des fonctions adéquates. La M400 ne fait pas exception. Elle dispose des fonctions désormais standard : comptage de pas, analyse des mouvements pendant le sommeil et alarme d’inactivité. Je n’ai rien vu d’original par rapport à ce que je connais chez Garmin, Withings ou autre.

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Mais là encore, la différence va se faire au niveau de l’application Polar Flow. Sur le mobile, vous avez droit à un joli cadran représentant les 24 heures de votre journée. Vous y voyez, en détail, les heures d’activité, selon leur niveau d’intensité, et les alertes qui vous ont demandé de bouger un peu.

La vue journalière de votre activité, vos alertes, vos entrainements ...

La vue journalière de votre activité, vos alertes, vos entrainements …

Vous avez un calcul du pourcentage de votre objectif réalisé en fonction du niveau que vous avez choisi. Je rappelle que j’ai dit que j’étais au niveau 1. Donc à la moindre course à pied, je dépasse de loin mon objectif. C’est beaucoup moins évident les jours de repos sportif.

Hum, j'ai une excuse, c'était le matin.

Hum, j’ai une excuse, c’était le matin.

Comme je le répète à chaque fois, ce qui m’intéresse beaucoup dans mon entrainement est le contrôle du sommeil. Là ça a le mérite d’être clair. Une énorme fenêtre me met mon manque de sommeil devant le nez. Pas assez de sommeil réparateur. Bien sur, tout le monde ne dort pas avec sa montre GPS. Mais la M400 est assez légère et petite pour que ça ne gène pas tant que ça.

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La aussi pour avoir une vue synthétique dans le temps, l’onglet « Progrès » propose tout ce qu’il vous faut.

La vue progrès pour l'activité quotidienne

La vue progrès pour l’activité quotidienne

Les fonctions originales : le Smart coaching

Le Smart coaching et visiblement une marotte bien pensée chez Polar. Que ce soit pour les entrainements, ou simplement pour juger l’activité de votre journée, vous avez toujours droit à un petit message de votre coach pour vous féliciter ou vous encourager à faire plus d’effort. Et à l’instar de beaucoup de derniers modèles passés entre mes mains, vous avez un écran de record battu de vitesse, distance .. directement sur la montre en fin de séance.  Mais au delà du gadget, quelques fonctions plus techniques sont sensés vous apporter cette dimension.

Les aficionados de la marque connaissent déjà probablement le « Test Fitness » qui permet d’estimer le Polar OwnIndex, sorte d’interprétation de VO2 max. Le test vous demande de vous relaxer tout en portant la ceinture cardio. Il est donc très facile à réaliser. Quant à la fiabilité d’une telle mesure, j’éviterai d’en parler, faute d’expertise sur le sujet. Il me donne donc une valeur de 44.

A noter que les outils Garmin, et même Suunto depuis peu, qui mesurent le VO2 max ne me donnent pas tout à fait les mêmes valeurs : 49 chez Garmin et Suunto qui utilisent le même algorithme. Ces dernières ne m’ont pas demandé de test particulier. Elles sont calculées en fonction de mes statistiques d’entrainement. Un peu opaque tout ça.

En tout cas d’après le tableau fourni par Polar, à 44 je suis dans un niveau de forme très bon. Merci.

L’autre indicateur est le « Running Index » qui lui se prétend indice de performance et est calculé après chaque séance. Par exemple, après un 2x10x30s/30s, je me retrouve avec une running index de 56. Là encore, Polar fournit un tableau d’interprétation, en fonction de l’âge, qui me dit que j’ai fait une séance « élite ». Et ben vous m’en direz tant. Le manuel insiste sur le fait que ce qui est important c’est de suivre l’évolution de cet index. Via l’onglet « Progrès » sur le site par exemple. Je sais aussi que ce genre de calcul utilise principalement la corrélation vitesse/FC  et oublie de prendre en compte le dénivelé. Pour un traileur, cela peut donner des résultats totalement inexploitables. Preuve en est que je me retrouve avec un index de 42 (Bon) après une séance de côte.

Un coup d’oeil sur le tableau d’estimation de temps en fonction du running index me donne un temps sur marathon de 4h51 pour 42 et 3h35 pour 56. Donc éviter de regarder cette valeur de façon unitaire.

La progression de mon Running Index.

La progression de mon Running Index.

Les autres fonctionnalités de Polar Flow

Le site ou l’application mobile proposent bien sur des fonctions de flux, de recherche d’activités/personnes et de groupes à la mode « réseau social ». J’aurais tendance à dire comme tout le monde.

Dans le genre gadget hi-tech sympa, vous aimerez surement la fonction « Revivre » qui vous permet d’avoir un résumé de votre activité en vidéo. Il ne s’agit pas comme chez Suunto d’une trace 3D de votre parcours. Là on se promène sur une carte 2D, on y voit les photos d’endroits traversés grâce aux images de Google Street et les statistiques sportives sous forme de valeur ou de graphiques colorés.

La fonction "Revivre" utilise des images Google Street.

La fonction « Revivre » utilise des images Google Street.

Conclusion : Un excellent premier achat mais pas uniquement

Après plus d’un mois d’utilisation quotidienne, cette M400 me parait plus que cohérente sur son positionnement. A la fois simple d’accès, un peu moins quand même qu’une TomTom, et complète pour le geek. C’est un excellent compromis, évolutif pour qui découvre ce genre d’outil. Vous ne la mettrez pas en défaut pour tout type d’entrainement. J’ai enchainé sur le test d’un modèle plus haut de gamme, Garmin FR 920XT, mais, à part le vibreur, je n’ai rien de plus pour mon entrainement hebdomadaire. Pour les courses, il faudra faire attention à son autonomie qui était plus que faible sur l’exemplaire testé. Et bien sur l’absence d’altimètre ne la positionne pas comme une montre de trail, même si vous disposez quand même des données d’altitude GPS.

Ses concurrentes sont les Garmin FR220, ou la version avec cardio au poignet FR 225 testée sur ce blog, ou encore la Suunto Ambit 3 Run (testée ici aussi). On la trouve à environ 179€ (139€ sans mais ce serait dommage) avec l’option cardio-fréquencemètre en ce moment donc le meilleur rapport-qualité prix des 3.

L’approche Smart Coaching, bien pensée, ravira le runner connecté moderne. L’application Polar Flow m’a bien bluffé par sa qualité de design, son ergonomie et sa stabilité. Il faut dire que cela devient rare de nos jours.

Les plus

  • Design sobre et fin. Confortable à porter, même par forte chaleur.
  • Etanchéité.
  • Montre facile d’utilisation et complète tant pour le running que comme tracker d’activité et sommeil.
  • Ergonomie, richesse fonctionnelle et stabilité de l’application Polar Flow web/iOs/Android exemplaires.
  • Les statistiques sont complètes.
  • Un timer pour préparer mes oeufs (ou mes séances de PPG/fitness).
  • Le manuel fourni est très complet. Il risque cependant de dérouter le débutant mais il n’est pas nécessaire d’en lire plus de 10% pour démarrer.
  • Le Smart Coaching, très sympathique pour les débutants.
  • La sympathique fonction « revivre ».
  • La synchronisation automatique sur Strava.

Les Moins

  • C’est une montre orienté RUNNING (un peu le pendant des séries 220,225 … chez Garmin) : pas de couplage d’un capteur cadence/vitesse ou de puissance pour vélo, pas d’altimètre barométrique, pas de fonction dédiée à la natation, pas de fonction de navigation sur une trace GPS (en dehors d’une fonction retour au départ que je n’ai pas testée)
  • Pas d’analyse des données dynamiques de course (cadence, longueur de foulée …) par l’accéléromètre interne. Il faut pour cela le capteur de foulée Bluetooth en option.
  • L’application demande un peu trop souvent de remettre mon compte utilisateur et mon mot de passe.
  • La prise micro-USB qui se branche dessous n’est pas super pratique.
  • Autonomie constatée faible.

La Polar M400 est disponible chez notre partenaire i-Run (lien affilié)

7 Comments on “[Test] Polar M400 – Montre GPS-Cardio petite et complète

  1. ah le connecteur Strava, constamment reporté par Polar… quel dommage
    Bravo pour ce test extrêmement complet… que je finirais de lire ce soir 😉

  2. Bonjour,
    Bravo pour ce descriptif.
    Un vendeur de la FNAC me disait qu’il n’y avait pas de ceinture ventrale de fournie avec.
    Alors, y a ou y a pas?
    Avec l’âge, ma vue baisse : eh oui.
    La lisibilité de l’écran est elle correcte sans être obligé de porter des lunettes de vue en courant, surtout le soir dans la pénombre de l’automne?

    • Pour la ceinture pectorale (et pas ventrale), il y a des package à 139 euros sans et à 179 euros avec. Il se peut que votre vendeur n’ait que la première option.
      comme je le disais, à 4 données sur l’écran, ça commence à être difficile à lire en courant vite (séance VMA par exemple), même avec une bonne vue de jeune de 48 ans 🙂 Je m’entraine souvent la nuit en ce moment, avec pas trop d’éclairage. Je laisse le rétro-éclairage pendant les fractionnés. J’essaie de limiter à 3 données maximum et le plus souvent 2 suffisent et là c’est bien lisible.
      Donc je dirais correct sans être au niveau des Garmin (surtout les nouveaux écrans couleur).

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  5. Merci pour votre compte-rendu d’utilisation de la M400. C’est sûrement le meilleur que j’ai lu.

    Petite note, depuis la dernière version du firmware, l’accelerateur 3D sert de capteur de cadence. Alors bien sûr c’est le mouvement du poignet qui donne la cadence, mais ça donne déjà un résultat plus que correct sans avoir à acheter le capteur à 69€

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