20 km de Paris 2013 : un anniversaire en demi-teinte

En mode rock’n’roll !!!

J’ai hésité avant de me lancer dans un compte-rendu de mon deuxième «20 km de Paris». Je ne suis pas super satisfait de cette course. Ce n’est pas à cause du résultat, il est bon. Il est dans mon objectif qui était d’avoir au moins la même allure qu’au semi-marathon de mars dernier. Il est même meilleur avec une moyenne de 12,4 km/h contre 11,9 en mars. Je progresse encore et je ne me blesse plus. Avec 1h38:16 contre 1:50:17  et un mois et demi d’arrêt pour blessure, sur la version 2012, je mesure ma formidable progression, pour clore cette année de découverte de la course à pied en compétition.

Le «20 km de Paris» était effectivement ma toute première course, mon «Pari débile» de l’année dernière. Celui qui, malgré la blessure aux adducteurs, m’a donné envie de faire d’autres courses. Et entre les semis, les 10K, les 15K, les trails, j’épingle pour cette édition 2013 mon 11ème dossard.

Comme il me fallait un objectif chiffré, j’avais aussi décidé que ce serait mon objectif du trimestre pour qu’Olivier Gaillard cale un plan d’entrainement chez Urban Running. Cette course anniversaire avait donc quand même une importance. Reste qu’entre temps, je suis allé m’amuser dans des trails, courir du dénivelé, dans la gadoue. C’est un pur kiff, une révélation. A côté de ça, courir le pavé parisien ne m’enchante pas plus que ça. A la base, je me suis inscrit pour accompagner Anne-Claire qui fait finalement la course avec une de ses meilleures amies. Au final, je suis assez content de faire ça avec tous les camarades «urban runners» et autres gens sympas que le running m’a fait rencontré. C’est une grande fête.

Quelques finishers d'Urban Running : Richard, Nabila, Casandre et nous deux.

Quelques finishers d’Urban Running : Richard, Nabila, Cassandre et nous deux.

Mon sentiment est plutôt mitigé les jours précédents la course. Mais dés le réveil de 6h45, réveil violent, il ne peut en être autrement un dimanche, le truc revient vite. Ce mélange d’excitation et de tension d’un matin de course. J’adore ça. Je suis à fond. En plus, les grands rendez-vous parisiens ont ceci de formidable que vous rencontrez dans le métro une foule de gens qui partagent votre passion. Vous pouvez discuter avec quiconque porte des godasses un peu fluo.

Nous avons, en plus, la chance d’y retrouver Jean-Pierre de Run Reporter Run. Il nous donne des nouvelles de sa moto volée puis retrouvée en piteux état. Du coup, il prend le métro. Il n’a visiblement pas ou plus l’habitude. Pour la course, il est invité par Tom Tom dont il nous fait une rapide démo de la montre «multisport» qui fait très envie à Anne-Claire. Il va faire la course à une allure en dessous de .. .son allure marathon. Soit 4mn30 au kilomètre. Tranquille quoi. Pour accompagner un ami qui vise 1h30. Avec mon objectif de 1h40, je ne joue bien sur pas du tout dans la même cour. Je remarque juste qu’il n’a, pour une fois, pas sa GoPro. Manquerait plus qu’il fasse ce chrono là tout en prenant le temps de filmer et parler.

Arrivé au village, installé dans le stade Emile Anthoine, je retrouve Richard, mon compagnon d’entrainement chez Urban depuis Janvier dernier. On vise le même objectif. Je me rendrais compte plus tard des progrès qu’il a fait sur route à enchainer les 10K quand j’ai préféré le trail. Anne-Claire est rejointe par Morgane qui n’a jamais couru cette distance de sa vie. Comme moi l’année dernière. Les 20 km c’est aussi ça.

Richard et moi avançons le plus possible dans le sas standard, le parc à bestiaux. On se refroidit vite à cette heure du matin. Le soleil est là mais n’a pas encore fait son office. Les meneurs d’allure ne sont pas là donc les gens se mettent par groupe. Aucune gestion des sas par objectif, comme au Semi ou au Marathon, n’est prévue. Nous avions espéré trouver Marie Prioux, une de nos coachs, meneuse 1h40. Mais les meneurs s’installent tardivement et sont loin derrière nous. Ca donne le ton. Il va être galère de faire un chrono dans ces conditions qui se veulent plus une fête qu’une course.

Heureusement, n’étant pas spécialement amoureux de Paris et de ses paysages éblouissants (et croyez-moi c’est un euphémisme), j’ai prévu de courir dans ma bulle et en musique. J’ai retravaillé ma playlist du Semi.

Le parcours des 20 km de Paris avec le code couleur selon mes allures (Runtastic)

Le parcours des 20 km de Paris avec le code couleur selon mes allures (Runtastic)

10 mn après la première vague, nous sommes prêt à passer la ligne. Au passage devant la tribune officielle, je remarque Michel Cymes, le gars marrant qui présente le Magazine de la Santé. Il est parrain de l’épreuve. Il a l’air moins passionné par les fous en short et pompes fluos, qui défilent devant lui après s’être caillé les meules pendant une heure, que par sa conversation avec Anne Hidalgo.

 «Du Groove dans le coeur»

Black Eyed Peas – Wu-tang-klan – Dee-Lite
 

10h10 j’enclenche mon GPS et Runtastic. Fergie des Black Eyed Peas me susurre des trucs sur ses formes (My Hump). Je me rappelle l’avoir vu de près lors d’un showcase au Jamel Comedy Club. Je commence toujours une course par un groove hip-hop à la fois lent et chaloupé. Ca m’évite de m’emballer.

D’emballement, il ne serait d’ailleurs être question dans cette première montée du Trocadéro. Effectivement, on a tous les niveaux mélangés. Certains sont déjà en train de marcher. Je tente le trottoir mais ce sont les passants qu’ils faut alors éviter. Richard a préféré rester au milieu de la route et je le vois s’éloigner. Je me sens trop froid pour essayer de le reprendre. Dans ces énormes sas où l’on arrive une heure à l’avance, impossible de faire un échauffement digne de ce nom. Ca fait aussi partie du jeu. Même si, dans mes oreilles, les gars du Wu-Tang n’en ont rien à f…

Après le 2ème km, ça s’élargit avant l’entrée dans le bois de Boulogne. Je suis beaucoup moins gêné mais j’ai définitivement perdu Richard. Et comme l’année dernière, quasiment au même endroit, une pause pipi s’impose à moi. Je la chronomètre pour voir. 22 secondes. Je m’étais juré de ne plus faire ça sur un 20/21 km. J’espère juste ne pas finir à 22 Secondes de mon objectif.

 «Le Blues dans la peau»

 Led Zeppelin –  Trust – The Cure …

Entre le 3ème et un peu avant le 6ème km, ça déroule. J’écoute mes morceaux nostalgiques préférés. Blues et cold wave apaisent un peu ma rage du début. C’est une grande descente vers Longchamp. Je prends quelques abricots et un verre d’eau au ravito du 5ème pour constater que je suis dans les 25 minutes. Je n’ai donc pas de marge d’avance sur ce début de parcours. C’était pareil au Semi. En regardant mes stats plus tard, je constaterai que j’étais à moins de 11 km/h sur les 2 premiers kilomètres. Mais là je suis installé entre 12,5 et 12,8 km/h.

Je maintiens cette vitesse, malgré l’encombrement du virage en épingle de l’hippodrome.

 «Le seul moyen de ressentir le bruit c’est quand il est bon et fort» (Motorhead)

Ca remonte sur ce grand faux-plat jusqu’au km 8. Deep Purple, Iron Maiden m’ont assommé  de solos de guitares quand débute mon intro batterie fétiche : «Overkill» de Motorhead, en version live, bien sur. A fond. Quand j’écoute ça, il ne vaut mieux pas se trouver sur ma route. En plus on redescend. On longe encore l’hippodrome avant de retrouver le panneau «Paris». Je cours sur le trottoir. Moyenne à 12,7 km/h d’après la douce voix de Madame Runtastic. Bien. Je retiens mon coeur de se prendre pour la grosse caisse de Phil « Animal » Taylor.

Le profil de dénivelé de la course.

Le profil de dénivelé de la course.

Un coup d’oeil sur mon partenaire virtuel calé sur 5 mn/km (soit 1h40 en tout), je l’ai rattrappé et commence à creuser un peu l’écart.

Petit état des lieux mécanique en mode Body Scanning – merci le Chi-Running. Aucune tension particulière, aucune douleur, rien. Je vais m’installer en mode croisière. Un peu trop d’ailleurs. Mes différents temps de passage officiel montre une régularité exemplaire. Trop belle peut-être. Trop peu passionnée, surement. Je déroule.

 « I Want so Bad, Nirvana visions »

Matador Jackson – Sparks

Avant de courir, j’étais bassiste dans un groupe de rock, Matador Jackson. Avoir notre enregistrement studio dans les oreilles fait plaisir. Je suis à la maison. C’est moins narcissique que ça en a l’air. Ca rappelle juste des souvenirs sympas.

Puis les Sparks me chante que «mon bébé me ramène à la maison». Le groupe préféré d’Anne-Claire depuis qu’on les a vu en concert. Tiens d’ailleurs, je me demande comment se passe sa course. Avec tout ce que je lui ai fait courir ces dernières semaines, je ne m’inquiète pas pour ce 20 km.

« Avec le flot de ma respiration, mon esprit fait sécession » (Pixies)

L’arrivée sur les quais est comme l’année dernière. Aucune surprise. C’est encombré et pas très agréable. Mais ça s’arrange un peu plus bas. Et le public est très nombreux sur tous les les ponts. Ponts qui constituent d’ailleurs un des principales difficultés du parcours  en créant une succession de descente-remontée. Et donc ralentissement de ceux qui subissent les plus de 12 km parcourus, et slalom entre ceux-ci pour les plus rapides. JE déroule toujorus à mon allure de croisière sans même y penser. Et je sais très bien où est mon esprit, même si j’écoute mon groupe préféré, les Pixies. Il n’est pas vraiment à la course. Je suis dans une absence totale de sensation bonne ou mauvaise. Même mes sorties longues à faire le tour du Parc de Sceaux me paraissent plus passionnantes.

«Alors tu veux que le monde s’arrête. Arrête toi et regarde ton corps s’effondrer totalement» (SoaD)

Madness – Django-django – La Femme – System of a down

Heureusement que la musique me tient éveillé. J’ai un doute sur le ska ou l’electro-surf-rockabilly pour courir. Ca donne plus envie de sautiller. La vérité est là, je m’ennuie. Je n’apprécie même pas la majestueuse Tour Eiffel qui nous nargue. Je savais l’impact psychologique provoqué par le fait de «repasser par la case départ» alors qu’il reste encore une boucle de 6 km et que l’on aperçoit sur l’autre rive, les premiers sur la ligne d’arrivée.

Peu après le 14ème kilomètre, j’avale mon gel «Coup de fouet» comme prévu. Arrivé sur les pavé du pont Royal, je tente une dernière fois de doubler un énième groupe qui prend toute la largeur. Ca sera pire que tout sur la rive gauche pour les derniers kilomètres. Entre les barrières de travaux qui limitent la largeur et des groupes hétérogènes, souvent des gens de la même société ou association qui ont du partir dans un sas partenaire, impossible d’accélérer alors je sens que je peux enfin me réveiller.

 Roulant et grattant

Daft Punk – Vitalic

Ca tombe bien, fidèle à ma désormais habitude, j’aborde la partie «dancefloor» de ma playlist pour la fin du parcours. Daft Punk live à Bercy 2007. On y était. Rien de tel pour rappeler au coeur combien il doit marteler.

Au 17ème km, je tente d’avaler un gel «Red Tonic». Ca ne passe pas. Trop épais. J’ai encore l’impression du premier dans la bouche.

Je me cale derrière un gars qui a l’air plus doué que moi pour slalomer. Je crois qu’il sent que quelqu’un le prend comme lièvre. Et il me distance quand la foule se fait plus disparate. Il nous reste un peu plus d’un kilomètre. Je le laisse accélérer. Une rapide coup d’oeil sur ma montre me dit que je suis à plus de 13 km/h. Et je suis bien. J’ai vraiment dormi pendant le reste des quais.

Je ne sprinte pas pour passer la ligne. La passion n’y était vraiment pas. Pas le « prime-time » de ma vie malgré ce que me répètent les robots versaillais.

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Bilan : Ouais bof !!!

Alors ai-je bien géré ma course ? Techniquement, je n’ai pas pu démarrer trop fort donc c’était bon. Puis je me suis calé sur une allure régulière. Et j’ai accéléré sur la fin mais pas assez à mon gout, et pas à cause de ma forme. Je sens très bien que j’aurais pu continuer. Donc oui j’ai géré. Mais je n’ai pas pris de risque et je me suis ennuyé. Ca ne peut pas n’être que la faute du bitume versus le trail. Il faudra que je bosse ça. Déjà, la musique m’a surement endormi. Je me pose plein de question pour mes prochaines échéances sur route, surtout le Marathon de Paris en Avril.Je retrouve Richard au village. II a fait un tout petit peu plus d‘1h35, soit près de 2mn30 de moins que moi. Il est à la porte du sas préférentiel pour l’année prochaine. Je n’ai jamais rattrapé le retard pris au début de la course même s’il pense avoir ralenti sur la fin.

En parlant de sas préférentiel, je lis tellement de compte-rendu d’autres bloggueurs qui ont apprécié cette course. Beaucoup ont eu la chance (ou le niveau) d’être dans des sas moins encombrés de gens plus lents. A-t-on fait la même course ? J’ai un doute.

L’année prochaine, je pense que je préfèrerai retourner dans mon Gers, à Mauvezin, essayer le trail «La Ronde des Foie Gras». Déjà les ravitos seront moins austères.

Mais quand même …

Anne-Claire arrive et me dit que Runtastic a buggué, qu’elle n’a vu que le temps sur le gros chrono de la ligne d’arrivée. 2h et quelques. Je lui rappelle qu’il s’agit du chrono général, qu’elle a fait au moins 10 mn de moins au réel. En fait, elle est à 1h48. Et en pleine forme, malgré sa douleur aux tendons d’Achille depuis quelques temps. Excellent chrono.

Morgane, qui avait peur de ne pas finir, est à 2h06. Beau résultat. Les urban runners que nous retrouvons ont tous battu leur record personnel. Il ne faut pas faire la fine bouche, c’est une excellente journée de course à pied. Et en plus, il fait un soleil splendide. Rien à voir avec le froid et la pluie d’il y a un an.

Lundi 14 octobre – debriefing avec Olivier par mail

Moi : « Content du résultat mais faible progression depuis le Semi de Mars, déjà préparé avec Urban (1h46) »

Réponse du coach : « Allons bon, 2 min gagnées sur un 20km en 6 mois, tu deviens un peu enfant gâté là Jean-Guillaume! 😀  Belle course, beau chrono. Et tu casseras tout en Avril ! »

Bonne régularité sur les temps de passage.

Bonne régularité sur les temps de passage.

Oui !!! Vivement le Marathon de Paris (et même le Semi avant ça). Pour me réconcilier avec le bitume et aborder une aventure nouvelle. J’ai encore du travail pour progresser : gestion de course, alimentation, conservation de l’attention sur la durée …

Et encore Merci pour cette année à mes coachs d’Urban Running :  Marie, Jean-Christophe, Karim et Olivier. Travailler avec de tels pros est une bénédiction.

6 Comments on “20 km de Paris 2013 : un anniversaire en demi-teinte

  1. Peut être que tu manquais un peu de fraîcheur pour être tant en monde monochrome… À réfléchir !

    • Ah oui, tu crois que ça peut venir de là ? Bon ben je n’en manquerai pas pour les prochaines échéances.

  2. Sympa de CR !!! 😉
    En voila un qui change, bravo !

    Vous avez fait une belle course, ne vous démotivez pas pour de si petits pb.
    C’est peut-etre le moment de faire une pause en évitant de se mettre trop la pression pour se remotiver avant le semi et le marathon, non ?
    Allez, ne baissez pas les bras ! Bonne prépa.

    PS perso, je ne mets qu’un écouteur quand je cours pour éviter de m’isoler et de laisser la musique m’endormir ou dicter mon rythme.

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